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Putain de guerre !, 2, 1917-1918-1919 / Tardi, Verney

Titre de la série: Putain de guerre !, 2Auteur principal: Tardi, Jacques, 1946-...., AuteurCo-auteur: Verney, Jean-Pierre, IllustrateurLangue : françaisPublication : Bruxelles : Casterman, 2009Description : 66 p. : illustrations en noir et en couleur ; 32 x 25 cmISBN : 9782203020405.Collection: Univers d'auteursRésumé: Une évocation en bandes dessinées de la Première Guerre mondiale, et de la place occupée, au quotidien, par les hommes qui s'y sont entretués..Code OPAC: LivreSignalement: Ressources en ligne :Accès en ligne Ce document apparaît dans la/les liste(s) : La Grande Guerre
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Glossaire

Une évocation en bandes dessinées de la Première Guerre mondiale, et de la place occupée, au quotidien, par les hommes qui s'y sont entretués.

Commentaire de Djamal
03/12/2018

Suite aussi grandiose . Pourquoi ces poilus nous touchent-ils tant ? alors que pour beaucoup, pendant longtemps, cette guerre est restée un truc de '' vieux cons '' et d'anciens combattants reclus dans leur tranchée. Ces jeunes, ne l'oublions pas, avaient entre 18 et 25 ans environ; aucun survivant aujourd'hui. Ces soldats, travaillés, conditionnés par les autorités du village ( maire, prêtre, instit ), partent la fleur au fusil dans une vision romantique de la guerre ( '' on va les avoir, ce sera bref, on part au mois d'août, on boira une bierre à Berlin, on sera de retour pour Noel ...'' ). On connait la suite...

Très rapidement, après la Bataille de la Marne, s'installe une guerre dite de position, avec des forces égales a peu près, de part et d'autre. On ne pourra plus progresser, on s'enterrera dans les tranchées...A ce moment, une occasion intéressante est offerte aux soldats lorsque le front devient silencieux face au manque de munitions ( puisqu'on avait pensé le conflit de courte durée ), une chance alors de tout stopper ( '' on arrête devant l'absurde '' ). L' occasion ratée...Mais alors pourquoi la guerre s'est poursuivie ? Pardi, le capitalisme ( de guerre ) et le business de l'industriel...

Dans cette guerre de position, les états-majors ( qui, sans avoir pris leur disposition, promettaient une victoire éclatante et rapide ), ont envoyé au massacre des jeunes sous-équipés, au mois d'août 14, en pantalon rouge ( très voyant ), dans les champs de blé, déguisés en cible. Bientôt, l'idée d'aller boire une bière à Berlin sera abandonnée... dans la merde des tranchées, dans cette guerre de position. On se sentira seul, avec l'esprit de mutinerie ( et des tentatives de fraternisation avec l'ennemi ( Noel 14 ), sans nouvelles de l'arrière.

On sait que l'on ne reverra pas sa femme, on pleurera sa mère, les jeunes comprenant rapidement que tout cela est absurde, que cela ne fonctionne pas, que l'ennemi leur ressemble ( paysans, employés, instits, ouvriers...éclopés et petites gens, aventuriers voulant échapper à leur condition misérable au village ), on sait que le commandement est entre les mains d'incompétents. On refusera de retourner à la boucherie. '' On fera la grève '', comme ils diront...Et bientôt les premières mutineries.

Pourquoi parler des poilus, pourquoi cet attachement ? C'est la résonance avec notre ( triste ) monde d'aujourd'hui. Comme l'affirme Tardi, nous vivons toujours sur les bases de cette guerre. On peut relever deux événements majeurs en plein conflit, en 1917 : la Révolution Russe d'Octobre et l'arrivée du corps expéditionnaire américain ( ou comment le monde s'est partagé ). On ajoute au Moyen-Orient, après le démembrement de l'Empire Ottoman, le tracé des frontières ( Irak, Syrie, Liban, Palestine ), sur des cartes d'états-majors, avec au milieu... du pétrole... et depuis, c'est un siècle de conflits, de convulsions, de désastres, et l'on vit aujourd'hui sur ses acquis et ses désastres...Et comme l'affirme Tardi, on y est toujours. C'est que la Première Guerre Mondiale est aussi une histoire du capitalisme...

Entraînés dans leur logique d'accumulation et de production, les capitalismes nationaux ( les puissances coloniales ), ont cherché dans le monde l'espace de leur expansion, s'y concurrençant et s'y confrontant de plus en plus rudement tandis que les principales puissances industrielles voulaient élargir leur zone de domination, ce qui ( nationalisme, racisme, xénophobie, chauvinisme et prosélytisme aidant ), contribua à exacerber les antagonismes économiques en opposition nationales et forcément politiques et militaires; '' oppositions qui se sont nourries des haines et des rancoeurs historiques, des certitudes de supériorité ( britannique, française ou allemande ), des mythes de la grandeur ou de de la mission civilisatrice, ce qui fut largement suffisant pour déclencher la guerre mondiale, la plus sanglante, la plus meurtrière, la plus barbare...Or cette guerre n'a rien résolue, bien au contraire.'' ( Michel Béaud : Histoire du capitalisme (1500-2010 ))

Le besoin d'expansion économique à l'échelle mondiale reste vivace et ce monde éclaté connaîtra dans les années 20 la coexistence de la prospérité avant d'être entraîné dès 1929 dans une nouvelle grande crise puis vers un nouveau conflit mondial.

Et voilà, de la crise à la guerre, de la guerre à la crise... '' Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée l'orage '', avait dit Jaurès. Le capitalisme porte avant tout en lui la crise et l'impérieuse nécessité de conquête de nouveaux espaces. Et c'est son développement concret à travers des formations sociales nationales comme l'affrontement des capitalismes nationaux qui rend le capitalisme porteur de guerre...

Un siècle plus tard sur une Terre déjà surexploitée, dans notre '' civilisation du tube digestif '', dans la volonté de croissance et de puissance, dans la rupture écologique, dans les polarisations de richesse ( ou re-féodalisation du système économique ), sur fond de montée des extrêmes, la logique productiviste et consumériste du capitalisme est de moins en moins soutenable...Situation donc explosive et piégée.

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