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Les choses par Georges Pérec

Publication : Pocket . 1 vol. (157 p.) 18 x 11 cm

Ouvrage salué à sa parution comme un chef-d'oeuvre et couronné par le prix Renaudot, devenu un habitué des manuels scolaires. Dans les années 60, un couple petits-bourgeois vivant de manière '' précaire '' dans un univers obsédé par le bien-être matériel, désire davantage dans une quête d'élévation sociale, de reconnaissance. Elle, Sylvie, travaillée par l'objet, ne saurait se contenter de ce qu'elle a, obnubilée par la possession, de vouloir plus, bientôt possédée par la possession d'objets d'élégance et de luxe que lui propose le monde, incapable, plus que son homme, de jouir de l'instant présent, pétrifiée dans une illusion d'exister par l'objet...voulant posséder en refusant de se soumettre au long asservissement de l'avancement professionnel...Pour quelle fin ?

Certains ont vu l'ouvrage comme une critique de la société de consommation, au point de valoir à son auteur la réputation de '' peintre de la société actuelle ''. Pas sûr, pas sûr non plus pour l'étude sociologique, mais récit certainement touchant d'un dilemme bien humain : l'histoire d'un couple dans une impasse, dont la société de consommation n'est que le contexte, entre le désir et le refus face à un monde qui leur est imposé.. Ajouté 06/03/2019 par Djamal

Les rêveries du promeneur solitaire par Jean-Jacques Rousseau

Publication : Pocket . 1 vol. (172 p.) 18 x 11 cm

'' Tout est fini pour moi sur la terre, on ne peut m'y faire ni bien, ni mal. Tout ce qui est extérieur m'est étranger désormais. Me voici donc seul, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même ''.

Au soir de sa vie ( 1776 ), un peu avant de mourir, célèbre en Europe mais presque pauvre, Rousseau cherche la paix, la solitude, las des glorioles littéraires. Il veut fuir le torrent du monde, la société des teigneux qui ne se nourrit que de trahisons et de haine, à la recherche d'un autre monde, et trouve son bonheur sur une île ( les rives du lac de Bienne ), au contact d'une nature qui l'inspire : la contemplation sera propice au charme des longues et douces rêveries, heureuses au gré de ses promenades, '' pleines d'images vivifiantes, impressions terrestres et sensuelles. Un bonheur pur.

Voilà un ermite à la rencontre de lui-même, sur une île fertile, dans une maison isolée au penchant d'un vallon, délivré des passions terrestres, mais loin de toute apathie languissante. Sa démarche se veut active, introspective et l'introspection lyrique, puissamment sensible, entre souvenirs et recueillements, dans la pure conscience d'exister.

Le Romantique ne décrit pas la nature pour elle-même ; la nature est belle, confidente de l'homme, les paysages changeants ne reflètent que les variations subtiles de ses états-d'âmes, un refuge pour un esprit inquiet, lieu propice au repos et au recueillement, loin du tumulte, du tracas, des orages et des convulsions du monde.

Si vous avez goût pour la nature et les rêveries, appréciez les longues et douces promenades solitaires, imaginez-vous sur une île, cerné de verdures, de fleurs et d'oiseaux, vos yeux au loin sur de romantiques rivages qui borderaient une vaste étendue d'eau claire et cristalline...avec un exemplaire de ... '' Walden ou la vie dans les bois '' de David Thoreau. Le '' père de la désobéissance civile '', en plein XIXè siècle, dans un pays en passe de devenir le plus industrialisé du monde, tourna le dos, un temps, à la civilisation pour s'installer dans les bois, dans une cabane construite de ses mains, au bord d'un étang. Un autre grand classique de littérature à découvrir ! Bel hymne épicurien à la Nature...Sinon, une échappée chez Victor Hugo, de nombreux poèmes de ses Contemplations ( 1856 ) ont la mer pour décor, thème romantique par excellence, propice aux méditations sur l'infini, l'éternité ou la mort...Bon voyage

Ajouté 06/03/2019 par Djamal

Les amours par Ronsard

Publication : Flammarion . 1 vol. (217 p.-4 pl.) 18 x 13 cm

Un monument littéraire, précurseur de la poésie amoureuse et '' Prince des poètes '', célèbre l'ivresse des mots et de l'amour, femmes aimées ou femmes rêvées, et un imaginaire qui nourrira les siècles à venir, '' la beauté des paysages comme métaphore de la vie intérieure '', ce que feront trois siècles plus tard les Romantiques.

Nous voici en pleine Renaissance où, tandis que l'homme accompli est celui qui porte au plus haut l'étendue de ses capacités, intellectuelles, artistiques, morales et ...amoureuses...qui renoue avec le plaisir de l'esprit, qui redécouvre et se réapproprie les textes de l'Antiquité, Ronsard, nourri de philosophie, de mythologie païenne, d'univers biblique et d'érudition littéraire, célèbre ses bien-aimées, expériences amoureuses unifiées comme moyen d'accéder au monde de l'abstraction au profit d'un concept : l'Amour...

Célébration des Amours terrestres, célestes, profanes ou mythiques, Cassandre, Marie, Hélène et d'autres permettront au poète de jouer au '' principe d'infidélité littéraire '' pour varier toutes les nuances de l' amour.

Ronsard rencontre Cassandre Salviati au bal de Blois, superbe, s'énamoure d'elle '' qui causa et ma guerre et ma paix...pour l'aimer trop également, j'endure or un plaisir, or une peine dure ...'', belle mais froide et cruelle, plonge dans un abîme de douleur...et d'inspiration, tandis qu'il rêve de notoriété dans les cercles littéraires de la Renaissance. Le Chantre de l'amour au raffinement inégalé, à travers ses sonnets, aura ce défi comme l'ambition de dépasser son maître littéraire, Plutarque, et de réinventer la poésie.

Ronsard fut chanté ( '' Ronsard 58 '' de Gainsbourg ( 59 ) ! , '' Quand vous serez bien vieille...'' de Lucienne Boyer (1941)) ..., son influence, des oeuvres classiques à la chanson populaire. Certains poèmes portent le titre de '' chanson '', sa poésie s'y prêtant merveilleusement.

Amis lecteurs, vous voilà devenus spécialistes du poète. Après lecture, écoutez le Canon de Pachelbel ( 17è s ), un peu de Baroque ( juste après la Renaissance ), en imaginant Ronsard au pied de sa belle, Cassandre, Marie ou Hélène, déclamer ou chantonner ses vers...Rursus Caelo !

'' Mignonne, allons voir si la rose qui ce matin avait déclose, sa robe de pourpre au soleil à point perdu cette vêprée, les plis de sa robe pourprée, et son teint au vôtre pareil. Las ! voyez comme en peu d'espace, mignonne, elle a dessus la place. Las, las ! ses beautés laissé choir ! O vraiment marâtre Nature, puis'une telle fleur ne dure que du matin jusques au soir ! Donc, si vous me croyez, mignonne, tandis que votre âge fleuronne en sa plus verte nouveauté, cueillez, cueillez votre jeunesse, comme à cette fleur la vieillesse, fera ternir votre beauté ''. Ode à Cassandre. ( 1524-1585 )

Ajouté 02/03/2019 par Djamal

Premier amour par Tourgueniev

Publication : Flammarion . 1 vol. (115 p.) 18 x 13 cm

'' Quoi que vous fassiez , Zinaïda, et quelles que soient les souffrances qu'il me faille endurer de vous, sachez bien que je vous aimerai et vous adorerai jusqu'à la fin de mes jours ...''. Vladimir Pétrovich, 16 ans, est au pied de Zinaïda Alexandrovna, légèrement plus âgée. Elle lui plait, le voit bien, le sait bien et tous ceux qui l'approchent deviennent fous d'elle. Elle le tient en laisse rapidement, lui, fasciné, ne s'en remet pas et c'est l'entame d'une passion, la naissance d'un amour....D'abord insouciante, la jeune femme devient mystérieusement froide, distante, de quoi contrarier le jeunot, bientôt soupçonneux : songer à un rival aussi passionné ? : le poète Maïdanov ? le comte Malevsky ? le docteur Louchine ? ...Tous tournent autour d'elle ainsi que le père de Vladimir, qui caracole à cheval avec elle...

Premier amour, premiers tourments : peut-on s'arracher à ses filets et en sortir indemnes : '' Méfiez-vous de l'amour d'une femme, de ce bonheur, de ce poison... '' . Vladimir, plus âgé, la quarantaine, se souvient et raconte son histoire ... Par Tourgueniev, le plus francophile des auteurs russes. Pessimisme romantique et amertume autobiographique sur l'amour : heureux celui qui n'a jamais connu les affres de l'amour en grand chagrin... Ajouté 28/02/2019 par Djamal

Un voyage érotique

Publication : Gallimard . 1 vol. (106 p.) 18 x 11 cm

Si vous appréciez les récits érotiques ( ou simplement par curiosité ), n'hésitez pas à rejoindre les plus beaux '' sourires du monde ''. ce voyage érotique vous attend pour vous atteindre et vous toucher, à travers le monde, voyage décliné en invitations à l'amour, seize variations célébrant éros joyeux et solaire, où se dévoilent le désir, la volupté et la sensualité. Bourgeoises, sirènes, marquises, caresses, prairies parfumées où s'ébattent les plaisirs. '' Vivons Lesbie, aimons-nous ! '', dit le poète Catulle...

Amours antiques, amours saphiques, d'Ovide à Pétrone célébrant les éphèbes et les femmes, des '' Mignons '' aimant sous la Renaissance aux amours libertins, du tendre Casanova aux amours sulfureuses d'Oscar Wilde, du Kamasutra aux Mille et Une Nuits auprès de Shérazade , jusqu'aux '' prairies parfumées '' de Nefzaoui...des dangers de l'amour aux plaisirs d'aimer, du sexe sacralisé d'Orient ou transgressif d'Occident, installez-vous sur le tapis volant, près au départ pour un voyage mémorable, et séjour agréable '' aux joies de l'oreiller partagé '' jus qu' au '' sommet des fesses ''...

Eros, Eros, louons avec Ovide son '' Art d'aimer '', sous le regard enjoué de la belle Vénus, Aphrodite ou Turan....Amour, séduction et beauté féminine...qui fut la plus désirée, Vénus, de tous les dieux. Ajouté 14/02/2019 par Djamal

Le diable au corps par Raymond Radiguet

Publication : Librio . 95 p. 21 x 13 cm

Un classique de la littérature amoureuse porté à l'écran ( par Claude Autan-Lara, 1947 ), qui, en son temps ( 1923 ), avait choqué par le ton et les thèmes choisis, jugé provocateur pour '' l'ordre moral '', qui fit scandale par l'évocation d'amours adultères. ...Ce qui intéresse surtout l'auteur ( alors âgé de 20 ans ), c'est l'analyse psychologique des sentiments amoureux et leur complexité.

'' Vous savez jeune homme que vous serez calciné et pourtant vous irez avec tout votre être ''... pour vivre intensément la passion, avec son lot de folie, de jalousie et de vertige... En plein conflit mondial, du haut de ses seize ans, gueule d'ange nourri de Rimbaud, le jeune Radiguet crève d'amour pour Marthe, jeune infirmière de dix-neuf ans, fiancée à un soldat expédié sur le front....'' J'aime mieux être malheureux avec toi qu'heureuse avec lui...lui dira-t-elle...Pourrait-elle se compromettre avec un gamin de son âge ? Voici le diable au corps, ou l'histoire d'un premier amour entre deux enfants, intense, de tromperie et de bonheur criminel.... Ajouté 13/02/2019 par Djamal

Un homme aborde une femme par Fabienne Jacob

Publication : Buchet Chastel . 1 vol. (160 p.) 19 x 12 cm

'' Je n'ai plus d'élan pour toi. De toutes les phrases que m'ont dites les hommes, c'est elle qui m'a le plus atteinte...'' Une femme plaquée se retrouve seule, avec cette peur nouvelle, solitude toute fraîche, hésitante et vulnérable, et malgré son âge, on la regarde encore dans le rue, avec pour elle, l'avantage de l'âge, d'en '' avoir fini avec ces conneries de séduction ''. '' Tu peux vivre sans '', lui dit une amie, '' ce truc qui était central dans la vie...''. Elle voudrait faire, à son âge, la paix avec son corps, repense aux regards des hommes dans la rue, et les raconte, sur ce '' terrain du jeu et du hasard ''...

Roman charnel interrogeant le désir , l'histoire d'une femme quittée et qui, face à la douleur, se souvient de ceux qui l'ont abordés , des inconnus que l'on croise, des frôlements et des sifflements...

Roman sur la liberté, le désir et le corps...Voilà un homme abordé une femme et voilà deux mystères sans réponse depuis la nuit des temps...

Mais que regardent-ils ? Une femme ou une focale derrière elle ? Et savent-ils regarder ? '' Ils vous traversent, vous transpercent sans vous regarder '' : '' O siffleurs des rues ! Calmez - vous ! et sachez regarder une femme et non la traverser ! non pas une femme que vous voyez mais une focale derrière vous ...Hélas Ajouté 13/02/2019 par Djamal

Ca raconte Sarah par Pauline Delabroy-Allard

Publication : Minuit . 1 vol. (188 p.) 19 x 14 cm

Amorem Absolutum...'' Je lave son corps comme on lave un objet sacré ''...le corps de Sarah...Elles se rencontrent un soir d'hiver : elle est fantasque et bizarre, elle est le feu, '' le tournoiement de l'âme '', Sarah, avec l'apparence d'un démon, désirable à crever , '' versatile, ondoyante, imprévisible, terrifiante '' et si vivante...et met le feu comme une étincelle à la vie chagrine et sans mystère d'une prof de collège, trentenaire triste et mère d'une petite fille dont le père a disparu ...Elle raconte Sarah, ça, dans un style brûlant pour raconter ce que l'amour peut provoquer en nous...Histoire puissante et poignante plombée par un lourd secret...quand viendra le temps du deuil...Premier roman, terrible, beau, fort et vivant. Un jour, peut-être, Sarah racontera ça...

'' Je me souviens de ça...des nuits d'amour où j'ai l'impression qu'on ne survivra pas, qu'on crèvera là, comme ça, ces nuits d'amour où on se mange le coeur écrasé en petites miettes dans la paume de l'autre, et où je pleure à l'intérieur de moi, tant je voudrais m'incorporer, me fondre, me noyer et disparaître contre son corps... Ajouté 13/02/2019 par Djamal

Manuel de traduction français-arabe, arabe-français par Mathieu Guidère

Publication : Ellipses . 239 p. 24 x 15 cm

Livre très utile pour les personnes qui maîtrisent la langue arabe et qui aimeraient apprendre des méthodes de traduction. Ajouté 12/02/2019 par Linda

Quelles nouvelles, Jeeves ? par P.G. Wodehouse

Publication : Omnibus . 1 vol. (208 p.) 20 x 14 cm

Les (mes)aventures du jeune aristocrate Wooster, qui a le don pour se mettre dans des situations impossibles. Heureusement, il peut compter sur Jeeves, son valet flegmatique et plein de bon sens . Humour British garanti ! Ajouté 11/02/2019 par Pierre

La poésie des romantiques par une anthologie présentée par Bernard Vargaftig

Publication : EJL . 155 p. 21 cm

Si votre état d'esprit, votre manière d'être au monde sont ceux d'un exalté révolté aimant et souffrant dans la solitude pour les causes les plus nobles : l'amour, la liberté, le progrès social, l'émancipation des femmes...qui par goût de la révolte, rêvez de dignité, de justice, d'épanouissement de chacun et de chacune, et qui dans vos rêveries de promeneurs solitaires, amoureux de la Nature, aspirez vers le haut, à toucher l'humanité entière... si votre âme agitée se sent mélancolique, désespérée, voire hantée par la mort, si elle se plaît à surfer sur le '' vague des passions '', à explorer les sentiments, leur complexité, et si vous vous sentez amants du rêve et de l'insaisissable, alors il est bien possible que vous soyez un(e) '' Romantique '', comme le furent en leur temps Hugo, Musset, Nerval, Desbordes-Valmore et bien d'autres...qui dirent, un jour : '' Mon âme a son secret, ma vie a son mystère... '' .

Voici un extrait du Sonnet de Félix Arvers ( 1806-1850 ), '' mes heures perdues '', poète et dramaturge célèbre pour cette oeuvre . Vous vous laisserez ensuite emportés par la Sérénade de Schubert, grand compositeur '' romantique '' ... La belle invitation au rêve...

'' Mon âme a son secret, ma vie a son mystère : un amour éternel en un moment conçu : le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire, et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su. Hélas ! j'aurai passé près d'elle inaperçu, toujours à ses côtés, et pourtant solitaire, et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre, n'osant rien demander et n'ayant rien reçu. Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre, elle ira son chemin, distraite, et sans entendre ce murmure d'amour élevé sur ses pas ; à l'austère devoir pieusement fidèle, elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle : '' Quelle est donc cette femme ? '' et ne comprendra pas. Ajouté 09/02/2019 par Djamal

Noire n'est pas mon métier par Nadège Beausson Diagne, Mata Gabin, Maimouna Gueye et al.

Publication : Seuil . 1 vol. (128 p.) 20 x 14 cm

Ce livre contient les témoignages de 16 femmes, toutes actrices, douées, connues et reconnues, mais qu'on ne voit que trop peu sur nos écrans. La raison? Toutes sont noires ou métisses et depuis leurs débuts, elles en ont vu (et entendu) de toutes les couleurs! confrontées à des producteurs toujours frileux à l'idée d'engager des actrices de couleur, celles-ci ont décidé de se faire entendre et de tendre la main vers le cinéma pour que la société française et son multiculturalisme soient mieux représentés.

Chaque témoignage est l’occasion de mieux connaitre les auteures , que vous aurez surement vues ou aperçues dans les médias, ainsi que leurs différents parcours, qui sont des exemples pour toutes les femmes de 2019 en France.

Ajouté 06/02/2019 par Sacha

L'Île aux chiens par Wes Anderson, réal.

Publication : 20th Century Fox . 1 DVD vidéo zone 2 (1h37 min) 24

Une épidémie de grippe canine s’abat sur le Japon. Le maire de Mégasaki décide par arrêté de déporter tous les chiens de la ville sur une île voisine qui sert de déchetterie. Un groupe mené par une jeune étudiante américaine organise la rébellion pendant que le jeune orphelin Atari décide de se rendre sur l’île afin de retrouver son chien Spots. Il sera alors aidé par une meute de cinq chiens attachants et intrépides. Il aura fallu confectionner 1000 marionnettes et deux ans de préparation pour animer ce film intégralement réalisé en stop motion (image par image). Wes Anderson signe ici un magnifique film d’aventures mais également une métaphore politique forte sur la montée des leaders populistes, l’exclusion et les crises migratoires. A voir absolument même si vous n’aimez pas les chiens... Ajouté 06/02/2019 par Laura

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La femme à la fenêtre par A. J. Finn

Publication : Presses de la Cité . 1 vol. (520 p.) 23 x 14 cm

Avec ses multiples rebondissements et son héroïne hors-normes, A.J. Finn nous entraine dans un thriller haletant et passionnant. L'idée de ce roman lui est venue lorsque lui-même était cloitré chez lu et qu'il s'est retrouvé devant le film "fenêtres sur cour dans lequel un photographe se met à espionner ses voisins. Ajouté 06/02/2019 par Sacha

The promised neverland par scénario Kaiu Shirai

Publication : Kazé Manga . 1 vol. (183 p.) 18 x 12 cm

On peut dire sans mentir que les enfants de l’orphelinat Grace Field House sont heureux. Jusqu’au jour où ils découvrent que cette réalité idyllique n’est qu’un leurre : leurs cerveaux sont en fait destinés à être mangés par des monstres. Quant à leur maman d’adoption si affectueuse, elle ne les choie que pour les empêcher de s’enfuir. Commence alors entre eux une passionnante partie d’échecs grandeur nature… durant laquelle ces jeunes enfants ne pourront compter que sur eux-mêmes. Dans cet univers aussi fantastique que cruel, où il ne faut surtout pas se fier aux apparences, seule la mise en place de stratégies élaborées pourra peut-être leur permettre de s’en sortir vivants. Car ils n’ont désormais plus qu’une idée en tête : recouvrer leur liberté. Ajouté 06/02/2019 par Lucile

Le sympathisant par Viet Thanh Nguyen

Publication : Belfond . 1 vol. (486 p.) 23 x 14 cm

Le sympathisant/ Viet Thanh Nguyen Belfond 2017

Des les premières lignes de ce roman, le narrateur, nommé Capitaine, nous met dans l'ambiance :

« je suis un espion, une taupe, un agent secret, un homme au visage double ». Double car communiste infiltré dans l'armée sud-vietnamienne, mais double aussi car eurasien. Il nous raconte la chute de Saigon et son départ pour les Etats-unis, afin d'espionner les réfugiés .

Un récit original — puisqu'il raconte la guerre du Vietnam surtout du point vue des réfugiés vietnamiens — qui repose sur des faits historiques. L'histoire est en partie inspirée par celle de l'auteur : américain et vietnamien, immigré aux Etats-Unis avec ses parents .

Un roman dense récompensé par le prestigieux prix Pulitzer Ajouté 06/02/2019 par Pierre

Didier, la 5e roue du tracteur par un récit de Pascal Rabaté

Publication : Futuropolis . 1 vol. (79 p.) 30 x 22 cm

Didier est agriculteur, il a 45 ans, il vit seul avec sa sœur et rêve de connaître le grand Amour. Il décide de s’inscrire à un site de rencontre. Heureusement que sa frangine passe derrière lui pour améliorer son profil car il a été trop honnête !. Pour son copain Régis, la vie va encore plus mal, il a fait faillite et toutes ses possessions ont été vendues aux enchères. Compatissant, il le ramène chez lui, ce qui, au début, ne plait beaucoup à sa soeur.

Le récit, signé Pascal Rabaté, est sympathique comme tout. Sous ses airs bon enfant, et malgré la ressemblance avec une émission télé consacrée à l’amour chez les agriculteurs, il témoigne de la détresse du monde paysan (solitude, difficultés financières, suicide).

Le dessin semi-réaliste de François Ravard colle bien à l’histoire. Les acteurs, malgré leurs drôles de bouilles, sont néanmoins adorables.

Une chronique tendre et mignonne, comme Rabaté sait les faire. Ajouté 24/01/2019 par Pierre

Un bouquet de fleurs rouges par Rumiko Takahashi

Publication : Tonkam . 195 p. 21 x 15 cm

Grand Prix du Festival de la BD d'Angoulême 2019 Ajouté 23/01/2019 par Pierre

Le chat par Sylvie Baussier

Publication : Delachaux et Niestlé jeunesse . 1 vol. (64 p.) 25 x 18 cm

Savez-vous ( '' propriétaires '' et '' amoureux '' sûrement ) que les chats ont la vie sexuelle la plus bruyante, la plus débridée de tous les animaux ? Deux chats pourraient s'accoupler devant vous, '' sans gène '', vous n'existez pas pour eux ! '' Chats-pervers '' qui feraient marrer le marquis de Sade...

Chats sauvages ou domestiques, chats haret, chats errant, chats dans l'art ou imaginaires, odorat, goût, régime ou périodes des amours, voilà un sympathique petit livre pour amis des chats, le découvrir comme on ne l'a jamais lu !

Si vous souhaitez connaître la différence entre un haret et un domestique, où et quand le chat domestique réussit à émerger de la famille des félidés, pourquoi la bête apprécie l'herbe à chat, à quoi lui servent ses moustaches, à quel moment est né le chat d'appartement, ce qu'est un chat-loutre et s'ils portent malheur, alors soyez les bienvenus...Les petits félins dotés d'un puissant instinct de prédateurs apprécieront.

Pour conclure, quelques unes des plus belles lignes sur les chats par Baudelaire le '' Magicien '' ( qui leur vouait une passion vraie et leur a donné ces vers ), bel hommage, frissons garantis et délicatesse absolue. '' Les amoureux fervents et les savants austères, aiment également dans leur mûr saison, les chats puissants et doux, orgueil de la maison, qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires. Amis de la science et de la volupté, ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres ; l' Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres, s'ils pouvaient au servage incliner leur fierté. Ils prennent en songeant les nobles attitudes des grands sphinx allongés au fond des solitudes, qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin; leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques, et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin, étoilent vaguement leurs prunelles mystiques. ''

Ajouté 19/01/2019 par Djamal

Les prénoms épicènes par Amélie Nothomb

Publication : Albin Michel . 1 vol. (154 p.) 21 x 14 cm

Affaire funeste, plume dépouillée sur une histoire simple, aussi bien fignolée que tordue, d'un inconsolable contristé, fou d'amour pour une femme, abandonné par elle pour une autre et marié depuis ( sans amour ), un enfant '' sur le dos '', qu'il hait parce qu'il lui ressemble trop, d'une femme sans existence pour lui, qui ne sera qu'un pion dans son jeu, '' choisie parce qu'elle était assez belle pour jouer les femmes du monde et assez complexée pour que j'en fasse ce que je voulais ''...Toute la vie de Claude depuis vingt ans ne fut pas la sienne...C'est une histoire de haine trempée dans un bain de cynisme par un personnage sans foi ni loi, le sacrifice d'une vie à une vengeance. Tragédie familiale et drame conjugal, amour toxique et désespéré... '' S'il faut que j'aille tuer ma fille de mes propres mains pour te dire de quoi je suis capable pour toi, je le ferai ''. Par Nothomb '' sulfurique '', esprit foutraque et furieuse imagination... Ajouté 19/01/2019 par Djamal

Les riches au tribunal par scénario Monique et Michel Pinçon-Charlot

Publication : Seuil | Delcourt . 1 vol. (118 p.) 27 x 20 cm

Mr Cahuzac, parfait représentant de la classe dominante, accusé de fraude fiscale, choqué par les soupçons qu'on lui portait, assurait ne poséder aucun compte en Suisse. On connaît la suite. Les Pïnçon-Charlot, fameux '' sociologues des riches '', spécialistes de l'incruste chez les '' hyper-bourgeois '', se sont associés à Etienne Lécroart pour suivre le procès de l'ancien ministre socialiste du Budget, autopsiant les mécanismes de l'évasion fiscale pour montrer comment la gauche et la droite savent se mobiliser pour défendre l'un des leurs, soucieuses de s'affranchir des obligations de solidarité nationale. Enquête édifiante sur le ton de l'humour et appel à la vigilance, l'affaire Cahuzac n'étant que l'arbre qui cache la forêt, témoignage excellent de la violence symbolique des riches, violence de classe, face au sentiment exacerbé d'injustice fiscale et sociale. Ajouté 19/01/2019 par Djamal

Désintégration par Emmanuelle Richard

Publication : Ed. de l'Olivier . 1 vol. (204 p.) 21 x 14 cm

Le personnage, pur produit classe moyenne de banlieue pavillonnaire, écrivaine à succès biberonnée au rap, évoque ses souvenirs de jeunesse à Paris, de précaire contrainte d'enchaîner les petits boulots pour payer ses études, colocataire avec des gosses de riches dont elle subit la violence sociale et l'opulence en plein visage. Confrontation entre l'indécence de classe et la '' précarité '' presque invisible de petits-bourgeois blancs. Progressivement, sans animosité au départ puis la neutralité devenant impossible, elle inversera la courbe, emplie de honte sociale, de haine et de racisme '' anti-bourgeois '', avant de se radicaliser pour '' venger sa race ''. Comment passe-t-on de la honte à la haine ? C'est le sujet de ce roman générationnel qui, faisant l'âpre description des rapports de domination et d'argent, raconte à coup de lyrisme et de punchlines abrasives, l'histoire de l'empuissancement d'un sujet ''. Ajouté 19/01/2019 par Djamal

Wadjda par Haifaa Al-Mansour, réal.

Publication : M6 Vidéo . 1 DVD vidéo, 1h35 min, couleur 24

Wajda, jeune saoudienne, fréquente l'école des filles et rêve du vélo qu'elle a vue en vitrine, de se l'acheter et rouler avec son camarade Abdallah, ce qui est interdit en Arabie Saoudite. La petite rebondit en relevant le défi de participer à un concours de chant coranique ( malin, malin ! ), obtenir l'argent et concrétiser...Joli film doublé d'une histoire touchante qui nous immerge dans la vie quotidienne de la gente féminine, petite '' rockn'roll '' pleine de vie et d'espoir dans un contexte oppressif.

Moment historique ! L'autorisation récente faite aux femmes de conduire ( et au même moment la répression des voix contestataires, l'arrestation de femmes qui osaient prendre la parole pour dénoncer un manque évident de liberté ), quête de liberté dû sûrement aux élans de milliers de petites Wajda... Ajouté 16/01/2019 par Djamal

Pas d'image disponible

Du vrai, du beau, du bien par Jean-Pierre Changeux

Publication : O. Jacob . 544 p. 22 x 15 cm

Un auteur et scientifique français qui mérite d'être lu. Des thèmes novateurs, visionnaires, écrits avec une plume agréable et choisi. Ajouté 11/01/2019 par FRAMERY BENJAMIN

L'initié de Waterloo par scénario Pierre Boisserie, Philippe Guillaume

Publication : Dargaud . 1 vol. (56 p.) 32 x 24 cm

Grande saga financière et familiale, mélangeant fiction et Histoire, à la fois intime et spectaculaire, au coeur de l'univers bancaire, au titre clair et crû, qui installe l'argent et les mécanismes de la banque sous les projecteurs, l'argent-roi menant très vite au cynisme...

La banque raconte le destin flamboyant de Charlotte de St-Hubert, personnage de fiction aristocratique, déchue et réfugiée à Londres après la Révolution Française, qui gravitera dans le cercle des Rothschild... Le tome 1 ( 1815-1848 ),dans un siècle de grande instabilité politique, retrace le fameux '' coup de Bourse '' de Nathan Rothschild, qui, envoyé par son père dès 1798, en Angleterre, donna sa puissance européenne à la famille après avoir brillamment spéculé sur l'issue de la bataille de Waterloo, faisant croire ainsi à la victoire de Napoléon .

Premier délit d'initié de l'histoire financière, le ton est donné...Charlotte et son frère Christian comprendront que l'argent mène le monde et seront les premiers d'une longue dynastie familiale qui, sur deux siècles ( 19 et 20èm ), évolueront pour le meilleur et le pire, dans le monde enchanté de la finance.

Un dossier pédagogique en fin d'épisode éclaire le récit de cet incontournable à lire. Série en 5 tomes. Vous souhaitant une agréable lecture. Ajouté 08/01/2019 par Djamal

Plateforme par scénario Michel Houellebecq

Publication : Les Contrebandiers . 1 vol. 22 x 16 cm

Au moment du grand retour de l'écrivain qui dérange. L' histoire de Plateforme est simple : un homme banal s'offre un voyage en Thaïlande après le décès de son père ( au passage des relations sexuelles tarifées avec de jeunes Thaïlandaises ), rencontre une femme, cadre dans une entreprise métropolitaine et de retour en France, devient son amant. On retrouve le thème récurrent de Houellebecq sur fond de déclinisme : la décadence de l'Occident, sa critique des pouvoirs et des élites, la dépression, la solitude, la puissance de l'argent ( libéralisme et tourisme sexuel ), le thème de l'amour, l'islam.

L'écrivain est peut-être aujourd'hui, avec ce '' don '' de sentir le monde comme personne ( son miroir grossissant de visionnaire, il pourrait même se targuer d'avoir raison avant tout le monde, en posant les bonnes questions ), l'un des meilleurs sociologues du moment. Un rôle inconfortable, celui de porteur de mauvaises nouvelles du temps présent, puisqu'il faut de la constance et du courage pour dire à ses contemporains ce qu'ils ne veulent pas entendre.

Aujourd'hui parait '' Sérotonine '', l'histoire d'un ingénieur agronome ayant raté sa vie professionnelle, mourant de chagrin et ne survivant que grâce à un médicament qui stimule la production de sérotonine ( un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l'humeur ). Le héros installé en Normandie découvre un territoire à l'abandon peuplé d'éleveurs désespérés qui vont prendre les armes et affronter les CRS. Voilà un roman qui fait écho à la France des '' gilets jaunes ''... A suivre. Ajouté 08/01/2019 par Djamal

Ma Loute par Bruno Dumont, réal.

Publication : Memento Films . 1 DVD vidéo (1h 58 min) 24

Eté 1910, Nord de la France. Sur une plage, deux familles aux moeurs extravagantes : l'une, étrange, de pêcheurs amateurs de chair fraîche, l'autre, bourgeoise lilloise, ( les Van Peteghem ), en vacances dans leur âtre, et entre elles, d'étranges disparitions ainsi qu' une histoire d'amour entre Loute, jeune pêcheur cannibale et l'ado aristo Peteghem....Eté 1910, une comédie déjantée en mode satire sociale débile et corrosive, tendance cannibale, qui rappele parfois le cinéma de Jacques Tati . A voir aussi pour le jeu en roue libre de Luchini, en bourgeois punk bossu - décadent. Un ovni, ce film, une bizarrerie ! Par Bruno Dumont, auteur du '' P'tit Quinquin '' et de l'audacieuse fantaisie '' Coin coin et les Z'inhumains '' . Punky-punky ... Ajouté 06/01/2019 par Djamal

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Tu n'as rien à craindre de moi par Joann Sfar

Publication : Rue de Sèvres . 1 vol. (104 p.) 32 x 24 cm

Seabearstein est peintre et ne peut vivre de son art. Il surnomme sa muse du moment Mireille Darc, car la jeune femme l'inspire autant que la célèbre actrice...Le prolifique Joann Sfar retrace les pérégrinations amoureuses d'un couple contemporain original, de dîners entre gens de la haute société à l'intimité de leurs ébats, en passant par des séances de pose durant lesquelles l'artiste a la plus grande peine du monde à se concentrer sur son sujet. Il y a beaucoup de vécu dans cet album au dessin nerveux, caractéristique du travail de Joann Sfar, qui interroge l'éternelle question de l'amour. Amour et création...

Ajouté 05/01/2019 par Djamal

Toutes les femmes sont fatales par trad. Martine Leconte

Publication : Librio . 93 p. 21 x 13 cm

Métamorfolies, métamorfolies, métamorfolies et d'autres histoires noires, de crime, de sang, de femmes fatales, libres, farouches, puissamment déterminées, qui sauront capturer leur proie et au passage nous faire chavirer . Oh ! L'impact magnifique, apothéotique d'une femme sur un homme, étranges et crépusculaires veuves noires et scorpionnes en puissance aux charmes magnétiques...qui savent séduire sans '' se donner '', létifères et puissamment féminines, qui sauront piéger leur héros malchanceux, emplies de mystères sous leurs atours vénéneux...Ô affligé malencontreux, déveinard infortuné ! Prend garde aux veuves noires et scorpiones : Salomé, Hélène de Troie, Carmen, Marquise de Merteuil, Thérèse ( Raquin ) et Nana ont su imposer leur loi, vicieuse ou frustrée, capricieuse, manipulatrice, machiavélique, dérangée ou désaxée, ou...telle Salambo, amoureuse romantique !

Remercions les maîtres du polar, en ces premiers jours de nouvel an, pour leurs histoires sombres de sang. Claro que si ! Me encantan las mujeres fatales y es la oportunidad para que las descubras ! Elles vous accueillent, passionnées, affables, aimables , avenantes et généreuses. N'hésitez pas et meilleurs voeux aux femmes fatales ....

Moment aussi de récréation poétique : '' O beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu ! Si ton oeil, ton sourire, ton pied, m'ouvrent la porte d'un infini que j'aime et n'ai jamais connu ? De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène, qu'importe si tu rends, fée aux yeux de velours, rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! L'univers moins hideux et les instants moins lourds ? ''... ( Baudelaire, les Fleurs du Mal )

Ajouté 04/01/2019 par Djamal

Tout homme est une nuit par Lydie Salvayre

Publication : Seuil . 1 vol. (246 p.) 21 x 15 cm

C'est l'histoire d'un racisme ordinaire que raconte Lydie Salvaire, de fractures territoriales, de territoires en déclin, d'oubliés de l'Etat et de la mondialisation, de sentiment d'abandon, où face à la rancoeur et la frustration, certains désigneront un ennemi commode et disponible, à portée de main, le coupable, le bouc-émissaire, l' '' Autre '', l'étranger ( c'est-à-dire vous et moi, étrangers possibles, avec cette part d'étranger en chacun ).

Lydie Salvaire raconte à travers ses personnages, dans son roman politique, comment le préjugé, à force de répétition, comme une incantation disqualifiante pour nier l' '' Autre '', à force d'avoir été entendu et rabâché, l'usage fréquent d'un mot, devient insidieusement, lentement, une évidence, une vérité, banalisée, normalisée...

Voici un homme d'une trentaine d'années, au chômage, lettré d'origine espagnole, fraîchement installé dans un village de Provence, venu se réconcilier avec lui même, en retrait de la vie parisienne, de caractère fermé, incurieux des autres, peu avenant et solitaire. Pour les habitués du Café des Sports, sorte de '' communautarisme de bar où la parole, bardée de certitudes, généralise et fulmine '', ce '' pas-tout-à-fait-pareil, pas-tout-à-fait-conforme '', attirera rapidement la suspicion, et sa présence agira comme un révélateur rappelant leurs colères, leurs frustrations et leurs faiblesses.

Le récit alterne deux points de vue, celui du narrateur et celui des villageois, face à face confrontant deux mondes engoncés dans leurs préjugés, réciproquement méfiants, deux langues aussi, en conflit : celle, pauvre, des habitués du bar, dans le '' desert - monde rural '' où les gens seraient plus pensés et parlés qu'ils ne pensent et ne parlent, et celle soutenue du lettré, qui pense et interroge ce monde. Tous reclus dans leur zone de confort, tous dans leurs logiques d'exclusion et d'entre soi.

Description d'une petite société raciste sur fond de '' crise '', d' " étrangers '', où un étranger devenu presque un criminel, un ennemi au regard des villageois, fut impuissant à se faire adopter... Ajouté 31/12/2018 par Djamal

Chez nous par Lucas Belvaux, réal.

Publication : Warner / Le Pacte . 1 DVD vidéo (1h 58 min) 24

'' Chez nous '', c'est en France et dans le Nord, région bouleversée par les révolutions industrielles, qui plonge dans le désarroi une population attachée à sa terre, ses traditions, ses valeurs, désarroi que notre héroïne, Pauline ( Emilie Dequenne ), semble ignorée. Infirmière à domicile, elle éduque seule ses trois enfants, s'occupe de son père, ancien métallurgiste, se dévoue pour les autres, et si populaire dans sa ville qu'elle attirera l'attention d'un parti d'extrême droite.

Comment la fille d'un ancien métallurgiste militant de gauche peut-elle se laisser séduire au point de se proposer candidate d'un parti dont elle sait si peu ? C'est ce que Lucas Belvaux veut montrer. Certes, le film, adapté du roman '' le Bloc '' ( de Jérome Leroy ), est de parti pris mais au nom de quoi pourrait-on lui en faire grief ? Le point de vu tranché puise ses racines dans une terre que le réalisateur et l'écrivain coscénariste ont fouillé, de même qu'ont été étudiés le vocabulaire et les attitudes des dirigeantes blondes ayant servi de modèle au personnage interprété par Catherine Jacob.

Le film ne modifiera pas les opinions mais donnera à réfléchir, ce qui est déjà pas mal pour atteindre ses objectifs. Bref, du bon cinéma social et politique. Ajouté 30/12/2018 par Djamal

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Revanche par Nicolas Pothier

Publication : Treize étrange . 1 vol. (48 p.) 32 x 24 cm

Paroles d'un patron de banque : '' Il faut assouplir la durée des procédures de licenciement. En licenciant plus rapidement, on pourra embaucher plus rapidement. La vie, l'amour, la santé sont précaires, alors pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?

Avec Mr Revanche, la justice sociale a du sens, d'ailleurs il se confond même avec la justice sociale, avec cette particularité d'être à la fois l'assistant de la plus grosse organisation patronale du pays et le reste du temps, le restaurateur de la justice, avec ou sans arme...

Si vous avez été licencié de manière abusive, si vous êtes victimes de harcèlement, au bord de la dépression ou proche d'un suicide, si votre patron a fermé l'entreprise dans laquelle vous travailliez et au passage, fait démonter la chaîne de production pendant le week-end pour s'installer en Chine, sans préavis ni réunion syndicale, si même un '' chacal '' de marchand de sommeil vous pourri la vie dans une chambre louée dont on ose même pas imaginer les conditions d'hygiène, vous savez que vous pouvez attaquer, et le '' chacal '' et les dirigeants d'entreprises afin de toucher des indemnités légales, mais sachez aussi que vous pouvez faire la peau des patrons en contactant Mister Revanche, chez son ami bouquiniste ( Les raisins de la colère, 89 rue Robespierre Paris 18èm ).

Le monde est un hôpital psychiatrique et Mister Revenge, l'ennemi de l'intérieur, l'ange exterminateur du système libéral, est toujours disponible pour vous, pour vous soigner, pour la justice, tant que les excès perdureront dans les entreprises...Voilà de quoi parle la BD, qui vous dit par ses auteurs de ne jamais baisser les bras, ni d'accepter la défaite....'' Le sage ne connait que la justice, l'homme vulgaire ne connait que les richesses '' ( proverbe mandchou ). Ajouté 30/12/2018 par Djamal

Diamants par scénario Fabien Nury

Publication : Dargaud . 1 vol. (73 p.) 31 x 24 cm

BD saisissante et engagée, iconoclaste et féroce, sous forme de récit immersif et sanglant, entre Histoire et fiction, au Congo belge, riche de minerais, sur fond de décolonisation, juste après l'Indépendance. Convoitises, convoitises.... '' Celui qui n'a rien désire peu de chose; celui qui ne commande à personne a peu d'ambition, mais le superflu éveille la convoitise et plus l'on obtient, plus l'on désire ''... Ajouté 29/12/2018 par Djamal

Toute la vérité par Karen Cleveland

Publication : R. Laffont . 1 vol. (367 p.) 23 x 14 cm

Vivian a tout pour être heureuse, un mari parfait, des enfants, un boulot qu'elle adore (elle est analyste pour la Cia). Un jour, elle trouve un dossier où son mari apparaît comme un espion russe. Elle voit toute sa vie s'écrouler ! Doit-elle dénoncer son mari ? Elle décide de se battre pour protéger sa famille .

Un thriller haletant jusqu'à la dernière page ! Ajouté 28/12/2018 par Pierre

Le Père Noël est une ordure par Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier et al.

Publication : Actes Sud | Leméac . 1 vol. (93 p.) 18 x 11 cm

Tandis que le soir de Noël, un couple envisage d'assurer la permanence téléphonique parisienne de '' SOS-détresse-amitié, un trio de zinzins marginaux ( une paumée, son ami et un travesti ) fait irruption avant d'enchaîner les catastrophes ... Comédie à voir au moins dix fois avant de mourir...Qui dit '' Le Père Noël est une ordure '' dit répliques cultes : quand Thérèse offre son cadeau de Noël à Pierre, ce dernier commente : '' Oh Thérèse, une serpillère ! C'est formidable ! Ecoutez : il ne fallait pas ''. '' Mais non Pierre, c'est un gilet. Ah ! Mais oui bien sûr, c'est un gilet. Où avais-je la tête ? Il y a des trous plus grands pour les bras ''...Pierre, à propos de Madame Muskin : '' Je n'aime pas dire du mal des gens, mais effectivement, elle est gentille...'' Et Pierre encore attendant un appel dans le centre SOS- détresse -amitié : '' Le téléphone est raccroché...oui. Non, parce que quelquefois, le téléphone est décroché, alors bien sûr, n'est-ce-pas, ça ne téléphone pas...puisque le téléphone est décroché...'' etc, etc... Potache en diable ! Jouée par la troupe du Splendid, on ne s'en lasse pas. Ajouté 27/12/2018 par Djamal

Dieu vous le rendra par Maëster

Publication : Fluide glacial-Audie . 51 p. 30 x 23 cm

Les aventures très peu spirituelles d'une armoire à glace, brute de décoffrage, bonnarde foutraque sans peur ni reproche, soeur Marie-Thérèse pleine de crasse, sur ses Doc Martin's, pétrie de formules chocs du genre : '' Retourne chez ta mère baigner dans l'huile ! ''...Tremblez ! Tremblez ! '' suppôts de Satan '' devant soeur Marie : repris de justice fraîchement sortis de prison, toxicos cancéreux en fin de vie qui auriez besoin d'être piqué, et vous Mr Tétraplégique, ennemi plégique n° 1, qui adorez tripoter les bonnes soeurs ( à la grande joie de Marie-Thérèse d'ailleurs car '' c'est notre rêve à toutes de nous faire tripoter par un salingue...pas vous ? Tandis qu'un guilleret satyre gambade allègrement sous la lune en tripotant d'anonymes miches...qui me rappellent des souvenirs de jeunesse '' ).

Cerise sur le gâteau, vous aurez droit à la visitation de Sa Sainteté le Polak, El Patron Jean-Paul 2 et une douce chansonnette de la soeurette, moment de grâce, quand la gnôle l'imbibe : '' Les petites soeurs du pardon se diseuh touteuh Viergeuh !...Les petites soeurs du pardon se diseuh touteuh Viergeuh ! ...Mais quand elles sont à confesse, elles ne parlent que de ....'' Sacré Marie-Thérèse !! Telle qu'elle, sans fioritures et bien sauvage ...

Ajouté 26/12/2018 par Djamal

Noël sous la couette par Lori foster, Erin McCarthy, Jill Shalvis et al.

Publication : J'ai lu . 1 vol. (249 p.) 18 x 11 cm

Six nouvelles sentimentales écrites par les maîtresses du genre, légères, drôles, tendres et coquines intensément, pour fans de Barbara Cartland et assoiffées d'aventures, lorsque l'amour vous plonge dans un monde dégoulinant de sensualité. De beaux mâles virils vous attendent, merveilleux de sensibilité et d'abnégation, au sourire ultra bright, dandys - gentlemen qui sauront chavirer autant que satisfaire les coeurs de mesdames, superbes donzelles aux formes indicibles, en mal d'amour et de sexe, sous les sapins de Noël.

La collection précise '' J'ai lu, pour elle ''. Venez donc, gente dames et demoiselles, ne soyez pas pudibondes, faites relâche sous les couettes de noël et laissez-vous tenter par ces légèretés mielleuses. Si vous cherchiez un homme, un vrai, vous le trouveriez dans '' Noël sous la couette ''. Douceurs Cartlandiennes et frissons garantis...Quand la passion a ses raisons que la raison ignore...Oh l'amour ! chuchote une voix profonde et ensorcelante.... Ajouté 25/12/2018 par Djamal

Encaisser ! par Marlène Benquet

Publication : La Découverte . 1 vol. (333 p.) 24 x 16 cm

Version documentaire et passionnante de l'enquête menée entre 2008 et 2010, 333 pages légères...n'ayez pas peur... informations intéressantes ( quoique rien de nouveau ), sur l'attitude des syndicats disons '' complaisants '' face à la grève. Quand un patron de grande distribution et le directeur d'un syndicat déjeûnent ensemble dans des hôtels chics, se connaissent bien, copains comme cochons...Lorsque les représentants sont choisis par l'entreprise...Quand on se méfie d'une déléguée syndicale disposant de bonnes relations avec la direction, parce qu'elle peut tout répéter... Beaucoup de '' méfiance '' dans le milieu et entre syndicats. Ainsi d'un tel syndiqué d'un tel syndicat qui ne posera jamais de problème puisqu'il sera pour la hausse des salaires tout en refusant de faire grève pour l'exiger... intéressant. Ajouté 21/12/2018 par Djamal

Encaisser ! par Anne Simon

Publication : Casterman . 1 vol. (164 p.) 20 x 16 cm

Il est bien connu que si le capitalisme mondialisé préfère ses intérêts à ceux de la nation, il préfère aussi ses actionnaires à ses employés. Hommage aux caissières rétribuées au lance-pierre ( ou au lance-flamme ! ), qui, par leur '' abnégation '' et sous pression, engraissent les pompes à fric que sont les grandes surfaces.

Encaisser est la restitution, sur le ton de l'humour, d'une enquête sociologique sur le monde enchanté de la grande distribution, que notre héroïne Marlène ( licence de philo, séparée, un enfant ), caissière chez Batax, nous fait découvrir sur plusieurs niveaux : la caisse, le siège de l'entreprise puis le syndicat, manière de montrer le fonctionnement du capitalisme à l'ère de la finance. Chez Batax, l'entreprise familiale qui a réussie, ( N° 2 mondial ), les caissières encaissent, les affaires prospèrent...

Lorsque les auteurs Anne Simon et la sociologue Marlène Benquet, nous emmènent en voyage, en Pologne, pour assister à la réunion annuelle du comité du groupe Batax, où membres de la direction et représentants syndicaux échangent sur la stratégie de l'entreprise en matière économique et sociale, c'est l'occasion d'écouter les nouveaux objectifs du PDG pour comprendre '' le business '' : '' les résultats étant insatisfaisants, il nous faut nous transformer et dans ce système capitaliste, séduire l'actionnaire en étant plus performant....Je résume les objectifs : faire du commerce, réduire les coûts et générer du cash, dégager des dividendes....''

Alors on réduit les coûts à coup de licenciements et départs volontaires, et voilà comment la course au profit dicte sa loi sur la grande distribution, et comment avec l'actionnaire, une gestion autoritaire impacte au niveau le plus bas, sur les conditions de travail plus laborieux des caissières, polyvalentes '' sacrifiées '' à la '' liturgie '' du Capital : obligation de résultat et fort retour sur investissement .'' Soyez heureuses, chères caissières d'avoir un emploi et un salaire ! Ne vous plaignez pas ! ''.

Mais face aux pressions, il vous reste encore l'appui du syndicat, faire grève pour exiger une petite redistribution ...et la dignité. A une époque où la course au profit et le prix le plus bas permet de couvrir une dérégulation mondiale et accélérée de tout le système de la grande distribution... Un bel hommage vibrant aux '' prolétaires - caissières '' de Bretagne, de Navarre, de France et de tous les pays.

Ajouté 21/12/2018 par Djamal

Le petit soldat par scénario Corbeyran

Publication : Delcourt . 1 vol. (55 p.) 32 x 24 cm

Huit gars attachés par une solide affection, amis d'enfance d'un petit bourg, partent, sans le savoir, au casse-pipe, après l'annonce de la mobilisation pour le front, vivre une invraisemblable folie. 1er Août 14, on sonne le tocsin à la kermesse du village; déclaration de guerre : la fête est finie...Destin tragique de '' petits soldats '' face à l'horreur, la mort et l'aveuglement de leur hierarchie, qui ont crû que le temps d'y aller, ils seraient déjà revenus avec un souvenir... la moustache du Kaiser... Ajouté 21/12/2018 par Djamal

Le bataillon créole par Raphaël Confiant

Publication : Mercure de France . 1 vol. (299 p.) 21 x 14 cm

Hommage aux soldats français des Antilles, créoles oubliés de l'Histoire ( on se souvient mieux des tirailleurs sénégalais, marocains, algériens...) ; Raphael Confiant remet en mémoire sur la scène de l'Histoire, dans un bourg de Martinique, entre l'horreur des Dardanelles et les tranchées de Verdun, des visages d'hommes et de femmes brisés autant qu'ils furent attachés à la mère patrie.

Des '' Blancs-France '' en uniforme rutilant, galonnés de partout, débarquent à Grand-Anse. On fait battre le tambour dans les quartiers du bourg : la France a besoin de '' chair noire '', de vaillants Nègres frétillant d'aise à l'idée d'aller défendre la '' Mère - Patrie '', là- bas, chez les jeunes blancs...

On imagine la tronche des Patrons désapprouvant le départ pour les champs de bataille, d'hommes jeunes et robustes, main d'oeuvre bon marché, sachant dans leur souci des plantations qu'aucune récolte ne peut se faire avec les seuls travailleurs indiens, trop peu nombreux et souvent malades pour beaucoup...Manière aussi pour ces '' chiens couchants '' de Martiniquais de se révolter contre leur servitude par la conscription, d'échapper à leur condition de misère des plantations.

On envoie aussi à une mort certaine les '' nègres '' pour protéger les autres, les '' Békés '' ( possédants, bourgeois, propriétaires ...) '' Pourquoi le fils de madame Jean-Préval et de madame Sanier n'ont-ils pas été mobilisés ? Ni ceux du quincailler de la Rue-Devant, pense Man Hortense qui a sacrifié un fils sur l'autel de la Patrie, ou du propriétaire du magasin des toileries '' Au Printemps de Paris '', où une robe coûte l'équivalent de dix jours de travail dans les champs, pour une amarreuse telle que moi . Oui pourquoi ? Parce que leurs rejetons sont fils de maire, d'instits et de commerçants aisés ? Dans l'enthousiasme de la conscription, personne, à commencer par moi, Man Hortense, n'avait fait attention à la chose... Les petits jeunes du bourg aux mains de fillettes disent aimer la France mais pas au point de recevoir un coup de baïonnette au mitan du ventre ou d'être enseveli dans les tranchées..le fils du maire parti étudier comme son père, la médecine à Bordeaux...''

Raphael Confiant fait revivre une mémoire brisée, la guerre racontée depuis un bourg, à travers ses personnages : Man Hortense, mère éplorée faisant l'apprentissage de la douleur la plus extrême, la perte de son fils Théodore. Lucianise qui tente d'imaginer son frère jumeau Lucien, parti à Verdun, Euphrasie la couturière en attente des lettres de son mari, Rémilien et celui-ci, instit brillant, prisonnier d'un camp allemand. Ferjule le disloqué, rescapé de la boucherie des Dardanelles...

Certains sont revenus du Front d'Orient, gueules cassées, mutilés qui, de retour, n'intéressent plus grand monde...pour eux une pension d'Etat...Et il y a cette compagnie créole faite du courage d'hommes charroyés en catastrophe dans le Sud de la France, en vue de leur transbordement sous les cieux d'Afrique du Nord, certains destinés à Verdun, d'autres pour le Bosphore . On y tombe comme des mouches dans l'étroit détroit des Dardanelles, sur la presqu'île grecque de Gallipoli, sous le feu des Ottomans alliés des Allemands...

Cette guerre immobile, sans mouvements de troupes ni intervention de l'aviation, cette guerre faite de canonnades sans fin et de loin en loin, de tentatives presque toujours ratées de gagner quelques mètres sur l'ennemi...

Enfin, le soldat créole tue avec ce '' plaisir intense que l'on ressent en enfonçant sa baïonnette dans les génitoires de l'ennemi, car il a aussi des siècles de vengeance à assouvir. Alors, ce dernier laisse tout son corps agir, pas seulement ses bras, emporté par une rage sourde, immémoriale, incontrôlable de toute façon, qui le pousse à s'acharner sur ce corps blanc déjà sans vie...( Ainsi ) la baïonnette qui s'enfonce dans le corps blanc efface d'un seul trait des siècles d'agenouillements, d'humiliation... ''. C'est l' histoire aussi d'une revanche sur l'histoire...

Requiem . '' Le sang créole a abreuvé les sillons de la vieille Europe et les monts écrasés par un soleil scélérat d'Orient. L'impôt du sang a été payé ! Chèrement payé si l'on en croit les litanies de ceux que le destin a épargnés et qui, bardés de médailles, mais le corps souvent esquinté, ont enjambé l'Atlantique en sens inverse. Désormais, dans les chanters rauques du bel-air, dans la doucine des biguines mélancoliques, au déroulé des contes qui surgissent au beau mitan des veillées et, plus discrètement, au creux de vieilles douces mains, comme dit le Poète, des noms tantôt sombres - Marne, Somme, Verdun - tantôt chargés de lumière - Salonique, Marmara, Dardanelles, Bosphore - se sont incrustés. Ainsi d'oubli, il ne sera jamais plus question...''

Hommage aux soldats des Antilles par l'Hymne créole : '' Camarades, le clairon sonne, il faut qu'il ne manque personne. Voici ton heure, Impôt du sang. En avant pour le régiment. De Saint-Martin jusqu'en Guyane, du Morne- Vert à la Savane, France, tous tes enfants sont là. Chantons en choeur l'hymne créole, les Guyanais, les Antillais sont fiers d'être soldats français... Adieu maman, maman chérie, on s'en va servir la Patrie. Presse-moi bien fort dans tes bras, en priant Dieu pour p'tit gars. Et toi, ma brune aux yeux noirs, mon idole, garde en ton coeur nos doux espoirs pendant qu'on fera son devoir ! ''...

Ajouté 19/12/2018 par Djamal

Bonjour tristesse par Frédéric Rébéna

Publication : Rue de Sèvres . 1 vol. (104 p.) 28 x 21 cm

A l'aube des années 60, des '' riches '' s'envoient en l'air sous les pinèdes de Côte d'azur. Cécile et son papa volage passent l'été ensemble, dans une villa isolée, coeurs insouciants et légers, entre plages et mondanités, dans un genre de relation fusionnelle, ce qui convient parfaitement à l'immature mignonnette de 17 ans, qui entend profiter à plein temps de son daron, n'imaginant pour lui aucune autre forme de relation. ( '' Nous n'avons besoin de personne '' ) .

La mécanique bien huilée se dérègle lorsqu'une vieille connaissance du père ( la sévère Anne ) débarque sous les pinèdes faire causette et plus si affinités . Alors '' papa '', que choisit-tu ? Le plaisir ou le bonheur ? Mumuse ou mariage ? Le petit monstre Cécile ( titillée par l'insupportable intrusion et certains propos du géniteur indolent , '' Je ferai en sorte qu'elle se plaise ici.. '' ), envisage alors de gommer sa '' rivale '' ...et retrouver les beaux jours d'avant...Une bombe à retardement, Cécile, prête à faire exploser la baraque....

Adaptation BD du grand classique de Françoise Sagan ( 18 ans à l'époque, en 54), pour celles et ceux qui n'auraient pas le courage ou l'envi de lire le roman ( 153 pages ! c'est pas Dostoievski ), et suivre les orages intérieurs de l'habile comploteuse, Cécile, qui semble ne pas envisager devenir adulte un jour ( '' Mon papa rien que pour moi ! dit-elle, nous étions trop tranquilles, trop heureux pour faire objection à quoi que ce soit.... Je voudrais que ça ne finisse jamais ...'' ). Pas vraiment un roman d'apprentissage .

Trait de crayon original et frais, BD plus érotique que l'original, avec une préface de Beigbeder, très enthousiaste : '' L'exercice ici est très réussie, parce que l'auteur a su s'émanciper du livre comme Cécile se libère de sa future belle-mère. Version sexy, frivole, cynique, balnéaire et fruitée ''...disons plus moderne, qui résonne avec l'époque actuelle. Ajouté 18/12/2018 par Djamal

Il faut flinguer Ramirez par Nicolas Petrimaux

Publication : Glénat . 1 vol. (144 p.) 29 x 19 cm

'' Chasse à l'homme explosive et riche en moustaches. Et si derrière la légende du pire assassin mexicain se cachait le meilleur expert en aspirateurs que le monde ait jamais connu ! ''. Thriller déjanté qui rend hommage aux films d'action des années 80, croisement parfait entre un bon Tarantino et un épisode de Breaking Bad...A découvrir ! Ajouté 18/12/2018 par Djamal

Lune de miel à l'âge du bronze par scénario Giorgio Albertini

Publication : Delcourt . 1 vol. (237 p.) 27 x 21 cm

Un voyage à travers le temps complètement loufoque ! Thriller franco-belge hilarant et malin... Ajouté 18/12/2018 par Djamal

Mettez des mots sur votre colère par Marc Malès

Publication : Glénat . 1 vol. (144 p.) 32 x 24 cm

Mr Brady est un jeune photographe luttant auprès d'une association pour la défense et la protection de l'enfance contre le travail forcé, dans l'Amérique industrielle du début du XXè siècle. Petites mains ( certains n'ont pas 6 ans ) et main d'oeuvre gratuite ou bon marché dans tous les secteurs industriels ( fabrique de verre, vêtements, meubles, cigares, textile...certaines mains broyées dans les rouages du métier à tisser...), exploités avec la complicité des parents ( à leur décharge ), comme revenu d'appoint . Destinée prévisible d'enfants livrés à eux-mêmes, dans la rue ( ou les usines ).

Mr Brady recueille et compile les témoignages d'enfants, avant de les photographier, quand certaines photos célèbrent la réussite industrielle du pays, à quel prix ?

Comment sensibiliser l'opinion publique et faire réagir la classe politique ? Comment rappeler la réglementation à un directeur d'usine par ailleurs fils du gouverneur de l'Etat ? Comment réformer le travail des enfants lorsque les législateurs ont en face d'eux le tout puissant lobby des patrons ? Lorsque les rapports des experts restent sans effet ? Par l'image, la force de l'image, la suprématie de l'image restant le seul moyen de mettre en contact les gens avec cette réalité.

Ce combat de Mr Brady contre l'exploitation, sa dénonciation des règles du jeu imposés par les patrons, trouve une résonance personnelle dans son enfance...Voilà pourquoi Il ne parle pas du sort des enfants avec distance, au contraire, avec un don certain pour l'empathie. Personnage de fiction inspiré du photographe Lewis Hines; dessins soignés, traits impeccables, images chocs, dans cette histoire d'inégalités sociales nourrie d'éléments documentaires réels. Ajouté 18/12/2018 par Djamal

101 poèmes sur l'amour des troubadours au XXe siècle par choisis et présentés par Francis Combes

Publication : Temps des cerises . 159 p. 17 x 12 cm

Moment de détente. Amour courtois, amour passion, amour tendresse ou romantique, amours libertins, amours torturés...Religion de l'amour et culte de l'amour, amours qui bousculent les conventions et les conformismes, les douces peines de l'âme humaine...Des croisades aux surréalistes, 101 poèmes, ici, exaltent le sentiment amoureux, le malheur d'aimer, tristesse d'aimer et joie d'aimer, '' qui fait les amants se consumer... Au bout du compte, on se rend compte que l'on est toujours seul au monde...''. Et l'abandon chez les poétesses, sensibilité et singularité du sentiment amoureux, franchise du désir et justesse du ton...

Un poème d'amour est peut-être la plus belle chose qui soit, comme peut l'être un corps de femme né sous le ciseau du sculpteur....Malamente, Muertalamente y Doloralamente...amour lointain ou courtois, amour en rêve ou en folie....plus fort que le temps et la mort...Orphée et Eurydice, Dante et Béatrice, Tristan et Iseut, Roméo et Juliette, pour nous rappeler....

Voici deux poèmes de Marceline Desbordes-Valmore ( 1786-1859 ), surnommée '' Notre Dame des pleurs '' en raison des drames nombreux qui jalonnèrent sa vie : '' Qu'en avez-vous fait ? '' et '' Les séparés '' ....Ecoutez...avant de vous '' perdre '' chez Debussy, dans son Clair de Lune ''....

'' Vous aviez mon coeur, moi j'avais le vôtre : un coeur pour un coeur; bonheur pour bonheur ! Le vôtre est rendu : je n'en ai plus d'autre, le vôtre est rendu, le mien est perdu. La feuille et la fleur,et le fruit lui-même, la feuille et la fleur, l'encens, la couleur : Qu'en avez-vous fait, mon maître suprême ? Qu'en avez-vous fait de ce doux bienfait ? Comme un pauvre enfant quitté par sa mère, comme un pauvre enfant que rien ne défend, vous me laissez là, dans ma vie amère ; vous me laissez là et Dieu voit cela ! Savez-vous qu'un jour l'homme est seul au monde ? Savez-vous qu'un jour, il revoit l'amour ? Vous appellerez sans qu'on vous réponde, vous appellerez et vous songerez ! Vous viendrez rêvant sonner à ma porte; ami comme avant, vous viendrez rêvant. Et l'on vous dira, '' Personne - elle est morte. '', on vous le dira : mais qui vous plaindra ? ''...

" N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre. Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau. J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre, et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau. N'écris pas ! N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes, ne demande qu'à Dieu...qu'à toi, si je t'aimais ! Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes, c'est entendre le ciel sans y monter jamais. N'écris pas ! N'écris pas ! Je te crains; j'ai peur de ma mémoire ; elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent. Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire. Une chère écriture est un portrait vivant. N'écris pas ! N'écris pas ces deux mots que je n'ose plus lire : il semble que ta voix les répand sur mon coeur ; que je les vois brûler à travers ton sourire ; il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur. N'écris pas ! ''...

Ajouté 17/12/2018 par Djamal

Le lambeau par Philippe Lançon

Publication : Gallimard . 1 vol. (509 p.) 21 x 14 cm

Philippe Lançon est journaliste à libération, Charlie Hebdo et écrivain. Il nous livre le récit de sa vie avant, pendant et surtout après le massacre à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. De manière intime, juste et précise, Philippe Lançon raconte son histoire, celle d’un homme, victime d’un attentat, revenu d’entre les morts, qui reste 9 mois à l’hôpital. Le ton n’est ni haineux, ni larmoyant, ni plaintif. C’est avec une grande humanité que l’auteur explique comment cet événement et son séjour à l’hôpital a bouleversé à jamais sa vie et celle de son entourage, son être tout entier, tant physiquement que psychologiquement. L’auteur raconte sa lente reconstruction, sa douleur et sa métamorphose. Un récit poignant que je vous invite à découvrir ! Ce livre autobiographique a obtenu le Prix Femina et le Prix « spécial » du Jury Renaudot 2018 Sarah Ajouté 15/12/2018 par Sarah

Servir le peuple par dessin Alex W. Inker

Publication : Ed. Sarbacane . 1 vol. (216 p.) 26 x 19 cm

Récit contre-révolutionnaire, pour le peuple, adapté du roman éponyme de Yan Lianke...Ici, la Révolution culturelle en prend pour son grade. Trois raisons au moins d'apprécier l'ouvrage: une histoire riche de scènes d'amour dans un style graphique à l'ancienne, une satire sensuelle, sensible, '' punk '' et subversive de la Révolution chinoise, une magnifique ( et démoniaque ) histoire d'amour ( ou peut-être un simple jeu ? ) entre un jeune soldat dévoué au régime ( Petit Wu ) et l'épouse d'un officier parti à Pékin dans le but d'améliorer l'efficacité de l'armée en simplifiant l'administration.

Avant son départ, l'époux recommanda à l'ordonnance ( le jeune Wu ) de prendre soin de Madame, serviable en puissance,ainsi que l'exige le slogan de la Révolution : '' Servir le peuple '' ! '' Tu dois servir , petit Wu ! '' , et répondre à l'injonction, lui rappellera Madame...

Alors, chers camarades, allez-vous imaginer vous retrouver dans une chambre en compagnie d'une belle et jeune épouse ? Oh l'amour et les AFFRES de la passion...tristesse d'aimer et mélancolie.

'' Il est souvent inutile de se poser des questions : certaines choses arrivent, un point c'est tout. Elles ne viennent de nulle part et ne vont nulle part. L'histoire d'amour de petit Wu et de la femme du colonel corroborait la plupart du temps cette affirmation. La vie est-elle un jeu ou le jeu prend-il la place de la vie ? On peut dire que le jeu fait partie de la vie comme la vie fait partie du jeu. En réalité, les deux ne font qu'un...Il en va de même en amour. Même si l'amour n'est pas un jeu, ll faut qu'il en soit un, car comment l'amour pourrait -il exister sans le jeu '' ...

Amours jubilatoires, brumeuses et follement libres sous les portraits de Mao, en variante insolente du récit d'origine. Magnifique... Ajouté 15/12/2018 par Djamal

Mystic River par Dennis Lehane

Publication : Rivages . 405 p. 24 x 16 cm

Superbe adaptation du roman de Dennis Lehane, désespérément noir, offrant au premier rôle, Sean Penn, peut-être son meilleur, visage meurtri par le chagrin et la rage après le meurtre de sa fille , découverte morte dans un fossé . Le film met en scène trois amis d'enfance d'un quartier ouvrier de Boston, une tragédie, lorsque Jimmy ( Sean Penn) sera enlevé sous les yeux de ses copains, Dave ( Tim Robbins ) et Sean ( Kevin Bacon ), puis séquestré ( et sexuellement abusé ) plusieurs jours par des inconnus, et le massacre de la fille.

Eastwood, grand parmi les grands ( réalisateurs ), vingt cinq ans après le meurtre, braque sa caméra sur le flic Sean, chargé de l'enquête, et plein de soupçons à l'égard de Dave...Après le drame, ce visage pétrifié de douleur, celui du père qu'on oubliera pas, longtemps après le film....Dark Ominous Brooding.

Ajouté 14/12/2018 par Djamal

Noire n'est pas mon métier par Nadège Beausson Diagne, Mata Gabin, Maimouna Gueye et al.

Publication : Seuil . 1 vol. (128 p.) 20 x 14 cm

Connaissez-vous le groupe '' The Last Poets '', fondé en Mai 68, proche du mouvement des Blacks Panthers, considéré comme les pionniers de la culture urbaine, précurseur du rap et du hip hop ? Il sort en 1970 un disque ( The Last Poet ) puis un film intitulé '' Right On '', sorte de montage live, de '' spoken word '' et d'images d'archives. Au bas du disque, il est mentionné '' sélectionné au Festival de Cannes '' dans la catégorie des courts-métrages.

En 1971 on projette des films de militants, d'activistes noirs américains au Festival de Cannes. Aujourd'hui, le festival ( ou toute autre institution culturelle ) serait-il à même de proposer le même type de démarche, cette radicalité politique qui pouvait s'exprimer dans ce film ?

2018 a été marqué par la montée des marches de 82 femmes dénonçant l'absence de femmes dans l'industrie cinématographique et 16 actrices noires ( poings levées ), menées par la comédienne Aïssa Maïga, co-auteure du livre '' Noire n'est pas mon métier '', sur les marches du Festival, afin d'exhiber la pluralité dans la '' communauté noire '', pousser ces invisibles vers un élan plus fort et faire en sorte que ce genre de manifestation d'un groupe de femmes n'ait plus lieu d'être, pour dire que '' noire '', effectivement, n'est pas un métier...

On se souvient de l'écrivaine Calixte Béyala et du chanteur guadeloupéen Patrick-St Eloi interrompant il y a 18 ans la cérémonie des césars...constat analogue.

16 actrices noires se sont mobilisées pour dénoncer, à travers leur vécu, leur expérience, le racisme ordinaire du milieu, fait de clichés, de plaisanteries douteuses, de sexisme ordinaire. '' Dès qu'une actrice noire arrive, elle est considérée comme '' anormale ''. Notre présence dans les films est encore trop souvent dû à la nécessité incontournable ou anecdotique d'avoir un personnage noir ''. Paroles de Rachel Khan.

Rôles secondaires, personnages stéréotypés ( ménagères, caissières, prostituées, bref , le sous-prolétariat ...), ancrés dans '' l'inconscient collectif '' de tous d'ailleurs, blancs et noirs confondus. Elles racontent leur chemin de croix pour rompre avec la tradition de victimisation, contre l'absence de représentation, pour une plus grande visibilité, soucieuses de mobiliser le cinéma national afin de mettre en pratique les principes de la République autant que la reconnaissance de leur travail. Ouverture à la création sur les rôles, pour dire simplement que la '' femme noire '' n'existe pas...Femme tout court...Une route encore longue, le combat de la reconnaissance...

'' Je fais attention à choisir mes rôles, je ne veux pas me retrouver enfermée dans les mêmes personnages caricaturaux...Je fais appel aux réalisateurs, aux agents: souvent, ils restent timides ou peu ambitieux. A eux de penser hors des cases, comme celle que l'on m'a mise au lycée quand on m'a orientée, ou plus tard lors des castings. Aux Etats-Unis, dans une série comme Scandal, l'héroïne est une avocate, une femme surpuissante. Elle est noire. Ici, ce n'est pas possible, ou pas tout de suite. J'ai 24 ans. Combien de temps faudra-t-il attendre ? Dans le film de Cédric Klapisch, '' Ce qui nous lie '', je suis bretonne, je viens du Finistère, et je vis en Bourgogne. Le casting était pour une Blanche ou une Noire, c'est très rare. Dans '' La Colle '', une comédie populaire d'Alexandre Castagnetti, c'était pareil. Le rôle était celui de la bombe du lycée, la plus jolie fille. Normalement ( mais qu'est-ce que la '' normalité ? '' ), il s'agit d'une blonde aux cheveux raides et aux yeux bleus. Cette fois c'est moi. Je ne suis pas blonde, je n'ai pas les yeux bleus, mes cheveux ne sont pas raides. Dans le film, j'ai les cheveux crépus, au naturel. Le réalisateur était content que des petites filles qui ont les mêmes cheveux puissent s'identifier à moi. Dans '' Au bout des doigts '' de Ludovic Bernard, je joue Anna, je suis violoncelliste, une fille intello. Il faut que le public nous voie dans des rôles divers et je me bats pour ça. On étouffe sinon... '' ( Kardja Touré, héroïne de '' Bande de filles '' - 2014 ).

Ajouté 14/12/2018 par Djamal