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Le chat par Sylvie Baussier

Publication : Delachaux et Niestlé jeunesse . 1 vol. (64 p.) 25 x 18 cm

Savez-vous ( '' propriétaires '' et '' amoureux '' sûrement ) que les chats ont la vie sexuelle la plus bruyante, la plus débridée de tous les animaux ? Deux chats pourraient s'accoupler devant vous, '' sans gène '', vous n'existez pas pour eux ! '' Chats-pervers '' qui feraient marrer le marquis de Sade...

Chats sauvages ou domestiques, chats haret, chats errant, chats dans l'art ou imaginaires, odorat, goût, régime ou périodes des amours, voilà un sympathique petit livre pour amis des chats, le découvrir comme on ne l'a jamais lu !

Si vous souhaitez connaître la différence entre un haret et un domestique, où et quand le chat domestique réussit à émerger de la famille des félidés, pourquoi la bête apprécie l'herbe à chat, à quoi lui servent ses moustaches, à quel moment est né le chat d'appartement, ce qu'est un chat-loutre et s'ils portent malheur, alors soyez les bienvenus...Les petits félins dotés d'un puissant instinct de prédateurs apprécieront.

Pour conclure, quelques unes des plus belles lignes sur les chats par Baudelaire le '' Magicien '' ( qui leur vouait une passion vraie et leur a donné ces vers ), bel hommage, frissons garantis et délicatesse absolue. '' Les amoureux fervents et les savants austères, aiment également dans leur mûr saison, les chats puissants et doux, orgueil de la maison, qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires. Amis de la science et de la volupté, ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres ; l' Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres, s'ils pouvaient au servage incliner leur fierté. Ils prennent en songeant les nobles attitudes des grands sphinx allongés au fond des solitudes, qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin; leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques, et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin, étoilent vaguement leurs prunelles mystiques. ''

Ajouté 19/01/2019 par Djamal

Les prénoms épicènes par Amélie Nothomb

Publication : Albin Michel . 1 vol. (154 p.) 21 x 14 cm

Affaire funeste, plume dépouillée sur une histoire simple, aussi bien fignolée que tordue, d'un inconsolable contristé, fou d'amour pour une femme, abandonné par elle pour une autre et marié depuis ( sans amour ), un enfant '' sur le dos '', qu'il hait parce qu'il lui ressemble trop, d'une femme sans existence pour lui, qui ne sera qu'un pion dans son jeu, '' choisie parce qu'elle était assez belle pour jouer les femmes du monde et assez complexée pour que j'en fasse ce que je voulais ''...Toute la vie de Claude depuis vingt ans ne fut pas la sienne...C'est une histoire de haine trempée dans un bain de cynisme par un personnage sans foi ni loi, le sacrifice d'une vie à une vengeance. Tragédie familiale et drame conjugal, amour toxique et désespéré... '' S'il faut que j'aille tuer ma fille de mes propres mains pour te dire de quoi je suis capable pour toi, je le ferai ''. Par Nothomb '' sulfurique '', esprit foutraque et furieuse imagination... Ajouté 19/01/2019 par Djamal

Les riches au tribunal par scénario Monique et Michel Pinçon-Charlot

Publication : Seuil | Delcourt . 1 vol. (118 p.) 27 x 20 cm

Mr Cahuzac, parfait représentant de la classe dominante, accusé de fraude fiscale, choqué par les soupçons qu'on lui portait, assurait ne poséder aucun compte en Suisse. On connaît la suite. Les Pïnçon-Charlot, fameux '' sociologues des riches '', spécialistes de l'incruste chez les '' hyper-bourgeois '', se sont associés à Etienne Lécroart pour suivre le procès de l'ancien ministre socialiste du Budget, autopsiant les mécanismes de l'évasion fiscale pour montrer comment la gauche et la droite savent se mobiliser pour défendre l'un des leurs, soucieuses de s'affranchir des obligations de solidarité nationale. Enquête édifiante sur le ton de l'humour et appel à la vigilance, l'affaire Cahuzac n'étant que l'arbre qui cache la forêt, témoignage excellent de la violence symbolique des riches, violence de classe, face au sentiment exacerbé d'injustice fiscale et sociale. Ajouté 19/01/2019 par Djamal

Désintégration par Emmanuelle Richard

Publication : Ed. de l'Olivier . 1 vol. (204 p.) 21 x 14 cm

Le personnage, pur produit classe moyenne de banlieue pavillonnaire, écrivaine à succès biberonnée au rap, évoque ses souvenirs de jeunesse à Paris, de précaire contrainte d'enchaîner les petits boulots pour payer ses études, colocataire avec des gosses de riches dont elle subit la violence sociale et l'opulence en plein visage. Confrontation entre l'indécence de classe et la '' précarité '' presque invisible de petits-bourgeois blancs. Progressivement, sans animosité au départ puis la neutralité devenant impossible, elle inversera la courbe, emplie de honte sociale, de haine et de racisme '' anti-bourgeois '', avant de se radicaliser pour '' venger sa race ''. Comment passe-t-on de la honte à la haine ? C'est le sujet de ce roman générationnel qui, faisant l'âpre description des rapports de domination et d'argent, raconte à coup de lyrisme et de punchlines abrasives, l'histoire de l'empuissancement d'un sujet ''. Ajouté 19/01/2019 par Djamal

Wadjda par Haifaa Al-Mansour, réal.

Publication : M6 Vidéo . 1 DVD vidéo, 1h35 min, couleur 24

Wajda, jeune saoudienne, fréquente l'école des filles et rêve du vélo qu'elle a vue en vitrine, de se l'acheter et rouler avec son camarade Abdallah, ce qui est interdit en Arabie Saoudite. La petite rebondit en relevant le défi de participer à un concours de chant coranique ( malin, malin ! ), obtenir l'argent et concrétiser...Joli film doublé d'une histoire touchante qui nous immerge dans la vie quotidienne de la gente féminine, petite '' rockn'roll '' pleine de vie et d'espoir dans un contexte oppressif.

Moment historique ! L'autorisation récente faite aux femmes de conduire ( et au même moment la répression des voix contestataires, l'arrestation de femmes qui osaient prendre la parole pour dénoncer un manque évident de liberté ), quête de liberté dû sûrement aux élans de milliers de petites Wajda... Ajouté 16/01/2019 par Djamal

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Du vrai, du beau, du bien par Jean-Pierre Changeux

Publication : O. Jacob . 544 p. 22 x 15 cm

Un auteur et scientifique français qui mérite d'être lu. Des thèmes novateurs, visionnaires, écrits avec une plume agréable et choisi. Ajouté 11/01/2019 par FRAMERY BENJAMIN

L'initié de Waterloo par scénario Pierre Boisserie, Philippe Guillaume

Publication : Dargaud . 1 vol. (56 p.) 32 x 24 cm

Grande saga financière et familiale, mélangeant fiction et Histoire, à la fois intime et spectaculaire, au coeur de l'univers bancaire, au titre clair et crû, qui installe l'argent et les mécanismes de la banque sous les projecteurs, l'argent-roi menant très vite au cynisme...

La banque raconte le destin flamboyant de Charlotte de St-Hubert, personnage de fiction aristocratique, déchue et réfugiée à Londres après la Révolution Française, qui gravitera dans le cercle des Rothschild... Le tome 1 ( 1815-1848 ),dans un siècle de grande instabilité politique, retrace le fameux '' coup de Bourse '' de Nathan Rothschild, qui, envoyé par son père dès 1798, en Angleterre, donna sa puissance européenne à la famille après avoir brillamment spéculé sur l'issue de la bataille de Waterloo, faisant croire ainsi à la victoire de Napoléon .

Premier délit d'initié de l'histoire financière, le ton est donné...Charlotte et son frère Christian comprendront que l'argent mène le monde et seront les premiers d'une longue dynastie familiale qui, sur deux siècles ( 19 et 20èm ), évolueront pour le meilleur et le pire, dans le monde enchanté de la finance.

Un dossier pédagogique en fin d'épisode éclaire le récit de cet incontournable à lire. Série en 5 tomes. Vous souhaitant une agréable lecture. Ajouté 08/01/2019 par Djamal

Plateforme par scénario Michel Houellebecq

Publication : Les Contrebandiers . 1 vol. 22 x 16 cm

Au moment du grand retour de l'écrivain qui dérange. L' histoire de Plateforme est simple : un homme banal s'offre un voyage en Thaïlande après le décès de son père ( au passage des relations sexuelles tarifées avec de jeunes Thaïlandaises ), rencontre une femme, cadre dans une entreprise métropolitaine et de retour en France, devient son amant. On retrouve le thème récurrent de Houellebecq sur fond de déclinisme : la décadence de l'Occident, sa critique des pouvoirs et des élites, la dépression, la solitude, la puissance de l'argent ( libéralisme et tourisme sexuel ), le thème de l'amour, l'islam.

L'écrivain est peut-être aujourd'hui, avec ce '' don '' de sentir le monde comme personne ( son miroir grossissant de visionnaire, il pourrait même se targuer d'avoir raison avant tout le monde, en posant les bonnes questions ), l'un des meilleurs sociologues du moment. Un rôle inconfortable, celui de porteur de mauvaises nouvelles du temps présent, puisqu'il faut de la constance et du courage pour dire à ses contemporains ce qu'ils ne veulent pas entendre.

Aujourd'hui parait '' Sérotonine '', l'histoire d'un ingénieur agronome ayant raté sa vie professionnelle, mourant de chagrin et ne survivant que grâce à un médicament qui stimule la production de sérotonine ( un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l'humeur ). Le héros installé en Normandie découvre un territoire à l'abandon peuplé d'éleveurs désespérés qui vont prendre les armes et affronter les CRS. Voilà un roman qui fait écho à la France des '' gilets jaunes ''... A suivre. Ajouté 08/01/2019 par Djamal

Ma Loute par Bruno Dumont, réal.

Publication : Memento Films . 1 DVD vidéo (1h 58 min) 24

Eté 1910, Nord de la France. Sur une plage, deux familles aux moeurs extravagantes : l'une, étrange, de pêcheurs amateurs de chair fraîche, l'autre, bourgeoise lilloise, ( les Van Peteghem ), en vacances dans leur âtre, et entre elles, d'étranges disparitions ainsi qu' une histoire d'amour entre Loute, jeune pêcheur cannibale et l'ado aristo Peteghem....Eté 1910, une comédie déjantée en mode satire sociale débile et corrosive, tendance cannibale, qui rappele parfois le cinéma de Jacques Tati . A voir aussi pour le jeu en roue libre de Luchini, en bourgeois punk bossu - décadent. Un ovni, ce film, une bizarrerie ! Par Bruno Dumont, auteur du '' P'tit Quinquin '' et de l'audacieuse fantaisie '' Coin coin et les Z'inhumains '' . Punky-punky ... Ajouté 06/01/2019 par Djamal

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Tu n'as rien à craindre de moi par Joann Sfar

Publication : Rue de Sèvres . 1 vol. (104 p.) 32 x 24 cm

Seabearstein est peintre et ne peut vivre de son art. Il surnomme sa muse du moment Mireille Darc, car la jeune femme l'inspire autant que la célèbre actrice...Le prolifique Joann Sfar retrace les pérégrinations amoureuses d'un couple contemporain original, de dîners entre gens de la haute société à l'intimité de leurs ébats, en passant par des séances de pose durant lesquelles l'artiste a la plus grande peine du monde à se concentrer sur son sujet. Il y a beaucoup de vécu dans cet album au dessin nerveux, caractéristique du travail de Joann Sfar, qui interroge l'éternelle question de l'amour. Amour et création...

Ajouté 05/01/2019 par Djamal

Toutes les femmes sont fatales par trad. Martine Leconte

Publication : Librio . 93 p. 21 x 13 cm

Métamorfolies, métamorfolies, métamorfolies et d'autres histoires noires, de crime, de sang, de femmes fatales, libres, farouches, puissamment déterminées, qui sauront capturer leur proie et au passage nous faire chavirer . Oh ! L'impact magnifique, apothéotique d'une femme sur un homme, étranges et crépusculaires veuves noires et scorpionnes en puissance aux charmes magnétiques...qui savent séduire sans '' se donner '', létifères et puissamment féminines, qui sauront piéger leur héros malchanceux, emplies de mystères sous leurs atours vénéneux...Ô affligé malencontreux, déveinard infortuné ! Prend garde aux veuves noires et scorpiones : Salomé, Hélène de Troie, Carmen, Marquise de Merteuil, Thérèse ( Raquin ) et Nana ont su imposer leur loi, vicieuse ou frustrée, capricieuse, manipulatrice, machiavélique, dérangée ou désaxée, ou...telle Salambo, amoureuse romantique !

Remercions les maîtres du polar, en ces premiers jours de nouvel an, pour leurs histoires sombres de sang. Claro que si ! Me encantan las mujeres fatales y es la oportunidad para que las descubras ! Elles vous accueillent, passionnées, affables, aimables , avenantes et généreuses. N'hésitez pas et meilleurs voeux aux femmes fatales ....

Moment aussi de récréation poétique : '' O beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu ! Si ton oeil, ton sourire, ton pied, m'ouvrent la porte d'un infini que j'aime et n'ai jamais connu ? De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène, qu'importe si tu rends, fée aux yeux de velours, rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! L'univers moins hideux et les instants moins lourds ? ''... ( Baudelaire, les Fleurs du Mal )

Ajouté 04/01/2019 par Djamal

Tout homme est une nuit par Lydie Salvayre

Publication : Seuil . 1 vol. (246 p.) 21 x 15 cm

C'est l'histoire d'un racisme ordinaire que raconte Lydie Salvaire, de fractures territoriales, de territoires en déclin, d'oubliés de l'Etat et de la mondialisation, de sentiment d'abandon, où face à la rancoeur et la frustration, certains désigneront un ennemi commode et disponible, à portée de main, le coupable, le bouc-émissaire, l' '' Autre '', l'étranger ( c'est-à-dire vous et moi, étrangers possibles, avec cette part d'étranger en chacun ).

Lydie Salvaire raconte à travers ses personnages, dans son roman politique, comment le préjugé, à force de répétition, comme une incantation disqualifiante pour nier l' '' Autre '', à force d'avoir été entendu et rabâché, l'usage fréquent d'un mot, devient insidieusement, lentement, une évidence, une vérité, banalisée, normalisée...

Voici un homme d'une trentaine d'années, au chômage, lettré d'origine espagnole, fraîchement installé dans un village de Provence, venu se réconcilier avec lui même, en retrait de la vie parisienne, de caractère fermé, incurieux des autres, peu avenant et solitaire. Pour les habitués du Café des Sports, sorte de '' communautarisme de bar où la parole, bardée de certitudes, généralise et fulmine '', ce '' pas-tout-à-fait-pareil, pas-tout-à-fait-conforme '', attirera rapidement la suspicion, et sa présence agira comme un révélateur rappelant leurs colères, leurs frustrations et leurs faiblesses.

Le récit alterne deux points de vue, celui du narrateur et celui des villageois, face à face confrontant deux mondes engoncés dans leurs préjugés, réciproquement méfiants, deux langues aussi, en conflit : celle, pauvre, des habitués du bar, dans le '' desert - monde rural '' où les gens seraient plus pensés et parlés qu'ils ne pensent et ne parlent, et celle soutenue du lettré, qui pense et interroge ce monde. Tous reclus dans leur zone de confort, tous dans leurs logiques d'exclusion et d'entre soi.

Description d'une petite société raciste sur fond de '' crise '', d' " étrangers '', où un étranger devenu presque un criminel, un ennemi au regard des villageois, fut impuissant à se faire adopter... Ajouté 31/12/2018 par Djamal

Chez nous par Lucas Belvaux, réal.

Publication : Warner / Le Pacte . 1 DVD vidéo (1h 58 min) 24

'' Chez nous '', c'est en France et dans le Nord, région bouleversée par les révolutions industrielles, qui plonge dans le désarroi une population attachée à sa terre, ses traditions, ses valeurs, désarroi que notre héroïne, Pauline ( Emilie Dequenne ), semble ignorée. Infirmière à domicile, elle éduque seule ses trois enfants, s'occupe de son père, ancien métallurgiste, se dévoue pour les autres, et si populaire dans sa ville qu'elle attirera l'attention d'un parti d'extrême droite.

Comment la fille d'un ancien métallurgiste militant de gauche peut-elle se laisser séduire au point de se proposer candidate d'un parti dont elle sait si peu ? C'est ce que Lucas Belvaux veut montrer. Certes, le film, adapté du roman '' le Bloc '' ( de Jérome Leroy ), est de parti pris mais au nom de quoi pourrait-on lui en faire grief ? Le point de vu tranché puise ses racines dans une terre que le réalisateur et l'écrivain coscénariste ont fouillé, de même qu'ont été étudiés le vocabulaire et les attitudes des dirigeantes blondes ayant servi de modèle au personnage interprété par Catherine Jacob.

Le film ne modifiera pas les opinions mais donnera à réfléchir, ce qui est déjà pas mal pour atteindre ses objectifs. Bref, du bon cinéma social et politique. Ajouté 30/12/2018 par Djamal

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Revanche par Nicolas Pothier

Publication : Treize étrange . 1 vol. (48 p.) 32 x 24 cm

Paroles d'un patron de banque : '' Il faut assouplir la durée des procédures de licenciement. En licenciant plus rapidement, on pourra embaucher plus rapidement. La vie, l'amour, la santé sont précaires, alors pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?

Avec Mr Revanche, la justice sociale a du sens, d'ailleurs il se confond même avec la justice sociale, avec cette particularité d'être à la fois l'assistant de la plus grosse organisation patronale du pays et le reste du temps, le restaurateur de la justice, avec ou sans arme...

Si vous avez été licencié de manière abusive, si vous êtes victimes de harcèlement, au bord de la dépression ou proche d'un suicide, si votre patron a fermé l'entreprise dans laquelle vous travailliez et au passage, fait démonter la chaîne de production pendant le week-end pour s'installer en Chine, sans préavis ni réunion syndicale, si même un '' chacal '' de marchand de sommeil vous pourri la vie dans une chambre louée dont on ose même pas imaginer les conditions d'hygiène, vous savez que vous pouvez attaquer, et le '' chacal '' et les dirigeants d'entreprises afin de toucher des indemnités légales, mais sachez aussi que vous pouvez faire la peau des patrons en contactant Mister Revanche, chez son ami bouquiniste ( Les raisins de la colère, 89 rue Robespierre Paris 18èm ).

Le monde est un hôpital psychiatrique et Mister Revenge, l'ennemi de l'intérieur, l'ange exterminateur du système libéral, est toujours disponible pour vous, pour vous soigner, pour la justice, tant que les excès perdureront dans les entreprises...Voilà de quoi parle la BD, qui vous dit par ses auteurs de ne jamais baisser les bras, ni d'accepter la défaite....'' Le sage ne connait que la justice, l'homme vulgaire ne connait que les richesses '' ( proverbe mandchou ). Ajouté 30/12/2018 par Djamal

Diamants par scénario Fabien Nury

Publication : Dargaud . 1 vol. (73 p.) 31 x 24 cm

BD saisissante et engagée, iconoclaste et féroce, sous forme de récit immersif et sanglant, entre Histoire et fiction, au Congo belge, riche de minerais, sur fond de décolonisation, juste après l'Indépendance. Convoitises, convoitises.... '' Celui qui n'a rien désire peu de chose; celui qui ne commande à personne a peu d'ambition, mais le superflu éveille la convoitise et plus l'on obtient, plus l'on désire ''... Ajouté 29/12/2018 par Djamal

Toute la vérité par Karen Cleveland

Publication : R. Laffont . 1 vol. (367 p.) 23 x 14 cm

Vivian a tout pour être heureuse, un mari parfait, des enfants, un boulot qu'elle adore (elle est analyste pour la Cia). Un jour, elle trouve un dossier où son mari apparaît comme un espion russe. Elle voit toute sa vie s'écrouler ! Doit-elle dénoncer son mari ? Elle décide de se battre pour protéger sa famille .

Un thriller haletant jusqu'à la dernière page ! Ajouté 28/12/2018 par Pierre

Le Père Noël est une ordure par Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier et al.

Publication : Actes Sud | Leméac . 1 vol. (93 p.) 18 x 11 cm

Tandis que le soir de Noël, un couple envisage d'assurer la permanence téléphonique parisienne de '' SOS-détresse-amitié, un trio de zinzins marginaux ( une paumée, son ami et un travesti ) fait irruption avant d'enchaîner les catastrophes ... Comédie à voir au moins dix fois avant de mourir...Qui dit '' Le Père Noël est une ordure '' dit répliques cultes : quand Thérèse offre son cadeau de Noël à Pierre, ce dernier commente : '' Oh Thérèse, une serpillère ! C'est formidable ! Ecoutez : il ne fallait pas ''. '' Mais non Pierre, c'est un gilet. Ah ! Mais oui bien sûr, c'est un gilet. Où avais-je la tête ? Il y a des trous plus grands pour les bras ''...Pierre, à propos de Madame Muskin : '' Je n'aime pas dire du mal des gens, mais effectivement, elle est gentille...'' Et Pierre encore attendant un appel dans le centre SOS- détresse -amitié : '' Le téléphone est raccroché...oui. Non, parce que quelquefois, le téléphone est décroché, alors bien sûr, n'est-ce-pas, ça ne téléphone pas...puisque le téléphone est décroché...'' etc, etc... Potache en diable ! Jouée par la troupe du Splendid, on ne s'en lasse pas. Ajouté 27/12/2018 par Djamal

Dieu vous le rendra par Maëster

Publication : Fluide glacial-Audie . 51 p. 30 x 23 cm

Les aventures très peu spirituelles d'une armoire à glace, brute de décoffrage, bonnarde foutraque sans peur ni reproche, soeur Marie-Thérèse pleine de crasse, sur ses Doc Martin's, pétrie de formules chocs du genre : '' Retourne chez ta mère baigner dans l'huile ! ''...Tremblez ! Tremblez ! '' suppôts de Satan '' devant soeur Marie : repris de justice fraîchement sortis de prison, toxicos cancéreux en fin de vie qui auriez besoin d'être piqué, et vous Mr Tétraplégique, ennemi plégique n° 1, qui adorez tripoter les bonnes soeurs ( à la grande joie de Marie-Thérèse d'ailleurs car '' c'est notre rêve à toutes de nous faire tripoter par un salingue...pas vous ? Tandis qu'un guilleret satyre gambade allègrement sous la lune en tripotant d'anonymes miches...qui me rappellent des souvenirs de jeunesse '' ).

Cerise sur le gâteau, vous aurez droit à la visitation de Sa Sainteté le Polak, El Patron Jean-Paul 2 et une douce chansonnette de la soeurette, moment de grâce, quand la gnôle l'imbibe : '' Les petites soeurs du pardon se diseuh touteuh Viergeuh !...Les petites soeurs du pardon se diseuh touteuh Viergeuh ! ...Mais quand elles sont à confesse, elles ne parlent que de ....'' Sacré Marie-Thérèse !! Telle qu'elle, sans fioritures et bien sauvage ...

Ajouté 26/12/2018 par Djamal

Noël sous la couette par Lori foster, Erin McCarthy, Jill Shalvis et al.

Publication : J'ai lu . 1 vol. (249 p.) 18 x 11 cm

Six nouvelles sentimentales écrites par les maîtresses du genre, légères, drôles, tendres et coquines intensément, pour fans de Barbara Cartland et assoiffées d'aventures, lorsque l'amour vous plonge dans un monde dégoulinant de sensualité. De beaux mâles virils vous attendent, merveilleux de sensibilité et d'abnégation, au sourire ultra bright, dandys - gentlemen qui sauront chavirer autant que satisfaire les coeurs de mesdames, superbes donzelles aux formes indicibles, en mal d'amour et de sexe, sous les sapins de Noël.

La collection précise '' J'ai lu, pour elle ''. Venez donc, gente dames et demoiselles, ne soyez pas pudibondes, faites relâche sous les couettes de noël et laissez-vous tenter par ces légèretés mielleuses. Si vous cherchiez un homme, un vrai, vous le trouveriez dans '' Noël sous la couette ''. Douceurs Cartlandiennes et frissons garantis...Quand la passion a ses raisons que la raison ignore...Oh l'amour ! chuchote une voix profonde et ensorcelante.... Ajouté 25/12/2018 par Djamal

Encaisser ! par Marlène Benquet

Publication : La Découverte . 1 vol. (333 p.) 24 x 16 cm

Version documentaire et passionnante de l'enquête menée entre 2008 et 2010, 333 pages légères...n'ayez pas peur... informations intéressantes ( quoique rien de nouveau ), sur l'attitude des syndicats disons '' complaisants '' face à la grève. Quand un patron de grande distribution et le directeur d'un syndicat déjeûnent ensemble dans des hôtels chics, se connaissent bien, copains comme cochons...Lorsque les représentants sont choisis par l'entreprise...Quand on se méfie d'une déléguée syndicale disposant de bonnes relations avec la direction, parce qu'elle peut tout répéter... Beaucoup de '' méfiance '' dans le milieu et entre syndicats. Ainsi d'un tel syndiqué d'un tel syndicat qui ne posera jamais de problème puisqu'il sera pour la hausse des salaires tout en refusant de faire grève pour l'exiger... intéressant. Ajouté 21/12/2018 par Djamal

Encaisser ! par Anne Simon

Publication : Casterman . 1 vol. (164 p.) 20 x 16 cm

Il est bien connu que si le capitalisme mondialisé préfère ses intérêts à ceux de la nation, il préfère aussi ses actionnaires à ses employés. Hommage aux caissières rétribuées au lance-pierre ( ou au lance-flamme ! ), qui, par leur '' abnégation '' et sous pression, engraissent les pompes à fric que sont les grandes surfaces.

Encaisser est la restitution, sur le ton de l'humour, d'une enquête sociologique sur le monde enchanté de la grande distribution, que notre héroïne Marlène ( licence de philo, séparée, un enfant ), caissière chez Batax, nous fait découvrir sur plusieurs niveaux : la caisse, le siège de l'entreprise puis le syndicat, manière de montrer le fonctionnement du capitalisme à l'ère de la finance. Chez Batax, l'entreprise familiale qui a réussie, ( N° 2 mondial ), les caissières encaissent, les affaires prospèrent...

Lorsque les auteurs Anne Simon et la sociologue Marlène Benquet, nous emmènent en voyage, en Pologne, pour assister à la réunion annuelle du comité du groupe Batax, où membres de la direction et représentants syndicaux échangent sur la stratégie de l'entreprise en matière économique et sociale, c'est l'occasion d'écouter les nouveaux objectifs du PDG pour comprendre '' le business '' : '' les résultats étant insatisfaisants, il nous faut nous transformer et dans ce système capitaliste, séduire l'actionnaire en étant plus performant....Je résume les objectifs : faire du commerce, réduire les coûts et générer du cash, dégager des dividendes....''

Alors on réduit les coûts à coup de licenciements et départs volontaires, et voilà comment la course au profit dicte sa loi sur la grande distribution, et comment avec l'actionnaire, une gestion autoritaire impacte au niveau le plus bas, sur les conditions de travail plus laborieux des caissières, polyvalentes '' sacrifiées '' à la '' liturgie '' du Capital : obligation de résultat et fort retour sur investissement .'' Soyez heureuses, chères caissières d'avoir un emploi et un salaire ! Ne vous plaignez pas ! ''.

Mais face aux pressions, il vous reste encore l'appui du syndicat, faire grève pour exiger une petite redistribution ...et la dignité. A une époque où la course au profit et le prix le plus bas permet de couvrir une dérégulation mondiale et accélérée de tout le système de la grande distribution... Un bel hommage vibrant aux '' prolétaires - caissières '' de Bretagne, de Navarre, de France et de tous les pays.

Ajouté 21/12/2018 par Djamal

Le petit soldat par scénario Corbeyran

Publication : Delcourt . 1 vol. (55 p.) 32 x 24 cm

Huit gars attachés par une solide affection, amis d'enfance d'un petit bourg, partent, sans le savoir, au casse-pipe, après l'annonce de la mobilisation pour le front, vivre une invraisemblable folie. 1er Août 14, on sonne le tocsin à la kermesse du village; déclaration de guerre : la fête est finie...Destin tragique de '' petits soldats '' face à l'horreur, la mort et l'aveuglement de leur hierarchie, qui ont crû que le temps d'y aller, ils seraient déjà revenus avec un souvenir... la moustache du Kaiser... Ajouté 21/12/2018 par Djamal

Le bataillon créole par Raphaël Confiant

Publication : Mercure de France . 1 vol. (299 p.) 21 x 14 cm

Hommage aux soldats français des Antilles, créoles oubliés de l'Histoire ( on se souvient mieux des tirailleurs sénégalais, marocains, algériens...) ; Raphael Confiant remet en mémoire sur la scène de l'Histoire, dans un bourg de Martinique, entre l'horreur des Dardanelles et les tranchées de Verdun, des visages d'hommes et de femmes brisés autant qu'ils furent attachés à la mère patrie.

Des '' Blancs-France '' en uniforme rutilant, galonnés de partout, débarquent à Grand-Anse. On fait battre le tambour dans les quartiers du bourg : la France a besoin de '' chair noire '', de vaillants Nègres frétillant d'aise à l'idée d'aller défendre la '' Mère - Patrie '', là- bas, chez les jeunes blancs...

On imagine la tronche des Patrons désapprouvant le départ pour les champs de bataille, d'hommes jeunes et robustes, main d'oeuvre bon marché, sachant dans leur souci des plantations qu'aucune récolte ne peut se faire avec les seuls travailleurs indiens, trop peu nombreux et souvent malades pour beaucoup...Manière aussi pour ces '' chiens couchants '' de Martiniquais de se révolter contre leur servitude par la conscription, d'échapper à leur condition de misère des plantations.

On envoie aussi à une mort certaine les '' nègres '' pour protéger les autres, les '' Békés '' ( possédants, bourgeois, propriétaires ...) '' Pourquoi le fils de madame Jean-Préval et de madame Sanier n'ont-ils pas été mobilisés ? Ni ceux du quincailler de la Rue-Devant, pense Man Hortense qui a sacrifié un fils sur l'autel de la Patrie, ou du propriétaire du magasin des toileries '' Au Printemps de Paris '', où une robe coûte l'équivalent de dix jours de travail dans les champs, pour une amarreuse telle que moi . Oui pourquoi ? Parce que leurs rejetons sont fils de maire, d'instits et de commerçants aisés ? Dans l'enthousiasme de la conscription, personne, à commencer par moi, Man Hortense, n'avait fait attention à la chose... Les petits jeunes du bourg aux mains de fillettes disent aimer la France mais pas au point de recevoir un coup de baïonnette au mitan du ventre ou d'être enseveli dans les tranchées..le fils du maire parti étudier comme son père, la médecine à Bordeaux...''

Raphael Confiant fait revivre une mémoire brisée, la guerre racontée depuis un bourg, à travers ses personnages : Man Hortense, mère éplorée faisant l'apprentissage de la douleur la plus extrême, la perte de son fils Théodore. Lucianise qui tente d'imaginer son frère jumeau Lucien, parti à Verdun, Euphrasie la couturière en attente des lettres de son mari, Rémilien et celui-ci, instit brillant, prisonnier d'un camp allemand. Ferjule le disloqué, rescapé de la boucherie des Dardanelles...

Certains sont revenus du Front d'Orient, gueules cassées, mutilés qui, de retour, n'intéressent plus grand monde...pour eux une pension d'Etat...Et il y a cette compagnie créole faite du courage d'hommes charroyés en catastrophe dans le Sud de la France, en vue de leur transbordement sous les cieux d'Afrique du Nord, certains destinés à Verdun, d'autres pour le Bosphore . On y tombe comme des mouches dans l'étroit détroit des Dardanelles, sur la presqu'île grecque de Gallipoli, sous le feu des Ottomans alliés des Allemands...

Cette guerre immobile, sans mouvements de troupes ni intervention de l'aviation, cette guerre faite de canonnades sans fin et de loin en loin, de tentatives presque toujours ratées de gagner quelques mètres sur l'ennemi...

Enfin, le soldat créole tue avec ce '' plaisir intense que l'on ressent en enfonçant sa baïonnette dans les génitoires de l'ennemi, car il a aussi des siècles de vengeance à assouvir. Alors, ce dernier laisse tout son corps agir, pas seulement ses bras, emporté par une rage sourde, immémoriale, incontrôlable de toute façon, qui le pousse à s'acharner sur ce corps blanc déjà sans vie...( Ainsi ) la baïonnette qui s'enfonce dans le corps blanc efface d'un seul trait des siècles d'agenouillements, d'humiliation... ''. C'est l' histoire aussi d'une revanche sur l'histoire...

Requiem . '' Le sang créole a abreuvé les sillons de la vieille Europe et les monts écrasés par un soleil scélérat d'Orient. L'impôt du sang a été payé ! Chèrement payé si l'on en croit les litanies de ceux que le destin a épargnés et qui, bardés de médailles, mais le corps souvent esquinté, ont enjambé l'Atlantique en sens inverse. Désormais, dans les chanters rauques du bel-air, dans la doucine des biguines mélancoliques, au déroulé des contes qui surgissent au beau mitan des veillées et, plus discrètement, au creux de vieilles douces mains, comme dit le Poète, des noms tantôt sombres - Marne, Somme, Verdun - tantôt chargés de lumière - Salonique, Marmara, Dardanelles, Bosphore - se sont incrustés. Ainsi d'oubli, il ne sera jamais plus question...''

Hommage aux soldats des Antilles par l'Hymne créole : '' Camarades, le clairon sonne, il faut qu'il ne manque personne. Voici ton heure, Impôt du sang. En avant pour le régiment. De Saint-Martin jusqu'en Guyane, du Morne- Vert à la Savane, France, tous tes enfants sont là. Chantons en choeur l'hymne créole, les Guyanais, les Antillais sont fiers d'être soldats français... Adieu maman, maman chérie, on s'en va servir la Patrie. Presse-moi bien fort dans tes bras, en priant Dieu pour p'tit gars. Et toi, ma brune aux yeux noirs, mon idole, garde en ton coeur nos doux espoirs pendant qu'on fera son devoir ! ''...

Ajouté 19/12/2018 par Djamal

Bonjour tristesse par Frédéric Rébéna

Publication : Rue de Sèvres . 1 vol. (104 p.) 28 x 21 cm

A l'aube des années 60, des '' riches '' s'envoient en l'air sous les pinèdes de Côte d'azur. Cécile et son papa volage passent l'été ensemble, dans une villa isolée, coeurs insouciants et légers, entre plages et mondanités, dans un genre de relation fusionnelle, ce qui convient parfaitement à l'immature mignonnette de 17 ans, qui entend profiter à plein temps de son daron, n'imaginant pour lui aucune autre forme de relation. ( '' Nous n'avons besoin de personne '' ) .

La mécanique bien huilée se dérègle lorsqu'une vieille connaissance du père ( la sévère Anne ) débarque sous les pinèdes faire causette et plus si affinités . Alors '' papa '', que choisit-tu ? Le plaisir ou le bonheur ? Mumuse ou mariage ? Le petit monstre Cécile ( titillée par l'insupportable intrusion et certains propos du géniteur indolent , '' Je ferai en sorte qu'elle se plaise ici.. '' ), envisage alors de gommer sa '' rivale '' ...et retrouver les beaux jours d'avant...Une bombe à retardement, Cécile, prête à faire exploser la baraque....

Adaptation BD du grand classique de Françoise Sagan ( 18 ans à l'époque, en 54), pour celles et ceux qui n'auraient pas le courage ou l'envi de lire le roman ( 153 pages ! c'est pas Dostoievski ), et suivre les orages intérieurs de l'habile comploteuse, Cécile, qui semble ne pas envisager devenir adulte un jour ( '' Mon papa rien que pour moi ! dit-elle, nous étions trop tranquilles, trop heureux pour faire objection à quoi que ce soit.... Je voudrais que ça ne finisse jamais ...'' ). Pas vraiment un roman d'apprentissage .

Trait de crayon original et frais, BD plus érotique que l'original, avec une préface de Beigbeder, très enthousiaste : '' L'exercice ici est très réussie, parce que l'auteur a su s'émanciper du livre comme Cécile se libère de sa future belle-mère. Version sexy, frivole, cynique, balnéaire et fruitée ''...disons plus moderne, qui résonne avec l'époque actuelle. Ajouté 18/12/2018 par Djamal

Il faut flinguer Ramirez par Nicolas Petrimaux

Publication : Glénat . 1 vol. (144 p.) 29 x 19 cm

'' Chasse à l'homme explosive et riche en moustaches. Et si derrière la légende du pire assassin mexicain se cachait le meilleur expert en aspirateurs que le monde ait jamais connu ! ''. Thriller déjanté qui rend hommage aux films d'action des années 80, croisement parfait entre un bon Tarantino et un épisode de Breaking Bad...A découvrir ! Ajouté 18/12/2018 par Djamal

Lune de miel à l'âge du bronze par scénario Giorgio Albertini

Publication : Delcourt . 1 vol. (237 p.) 27 x 21 cm

Un voyage à travers le temps complètement loufoque ! Thriller franco-belge hilarant et malin... Ajouté 18/12/2018 par Djamal

Mettez des mots sur votre colère par Marc Malès

Publication : Glénat . 1 vol. (144 p.) 32 x 24 cm

Mr Brady est un jeune photographe luttant auprès d'une association pour la défense et la protection de l'enfance contre le travail forcé, dans l'Amérique industrielle du début du XXè siècle. Petites mains ( certains n'ont pas 6 ans ) et main d'oeuvre gratuite ou bon marché dans tous les secteurs industriels ( fabrique de verre, vêtements, meubles, cigares, textile...certaines mains broyées dans les rouages du métier à tisser...), exploités avec la complicité des parents ( à leur décharge ), comme revenu d'appoint . Destinée prévisible d'enfants livrés à eux-mêmes, dans la rue ( ou les usines ).

Mr Brady recueille et compile les témoignages d'enfants, avant de les photographier, quand certaines photos célèbrent la réussite industrielle du pays, à quel prix ?

Comment sensibiliser l'opinion publique et faire réagir la classe politique ? Comment rappeler la réglementation à un directeur d'usine par ailleurs fils du gouverneur de l'Etat ? Comment réformer le travail des enfants lorsque les législateurs ont en face d'eux le tout puissant lobby des patrons ? Lorsque les rapports des experts restent sans effet ? Par l'image, la force de l'image, la suprématie de l'image restant le seul moyen de mettre en contact les gens avec cette réalité.

Ce combat de Mr Brady contre l'exploitation, sa dénonciation des règles du jeu imposés par les patrons, trouve une résonance personnelle dans son enfance...Voilà pourquoi Il ne parle pas du sort des enfants avec distance, au contraire, avec un don certain pour l'empathie. Personnage de fiction inspiré du photographe Lewis Hines; dessins soignés, traits impeccables, images chocs, dans cette histoire d'inégalités sociales nourrie d'éléments documentaires réels. Ajouté 18/12/2018 par Djamal

101 poèmes sur l'amour des troubadours au XXe siècle par choisis et présentés par Francis Combes

Publication : Temps des cerises . 159 p. 17 x 12 cm

Moment de détente. Amour courtois, amour passion, amour tendresse ou romantique, amours libertins, amours torturés...Religion de l'amour et culte de l'amour, amours qui bousculent les conventions et les conformismes, les douces peines de l'âme humaine...Des croisades aux surréalistes, 101 poèmes, ici, exaltent le sentiment amoureux, le malheur d'aimer, tristesse d'aimer et joie d'aimer, '' qui fait les amants se consumer... Au bout du compte, on se rend compte que l'on est toujours seul au monde...''. Et l'abandon chez les poétesses, sensibilité et singularité du sentiment amoureux, franchise du désir et justesse du ton...

Un poème d'amour est peut-être la plus belle chose qui soit, comme peut l'être un corps de femme né sous le ciseau du sculpteur....Malamente, Muertalamente y Doloralamente...amour lointain ou courtois, amour en rêve ou en folie....plus fort que le temps et la mort...Orphée et Eurydice, Dante et Béatrice, Tristan et Iseut, Roméo et Juliette, pour nous rappeler....

Voici deux poèmes de Marceline Desbordes-Valmore ( 1786-1859 ), surnommée '' Notre Dame des pleurs '' en raison des drames nombreux qui jalonnèrent sa vie : '' Qu'en avez-vous fait ? '' et '' Les séparés '' ....Ecoutez...avant de vous '' perdre '' chez Debussy, dans son Clair de Lune ''....

'' Vous aviez mon coeur, moi j'avais le vôtre : un coeur pour un coeur; bonheur pour bonheur ! Le vôtre est rendu : je n'en ai plus d'autre, le vôtre est rendu, le mien est perdu. La feuille et la fleur,et le fruit lui-même, la feuille et la fleur, l'encens, la couleur : Qu'en avez-vous fait, mon maître suprême ? Qu'en avez-vous fait de ce doux bienfait ? Comme un pauvre enfant quitté par sa mère, comme un pauvre enfant que rien ne défend, vous me laissez là, dans ma vie amère ; vous me laissez là et Dieu voit cela ! Savez-vous qu'un jour l'homme est seul au monde ? Savez-vous qu'un jour, il revoit l'amour ? Vous appellerez sans qu'on vous réponde, vous appellerez et vous songerez ! Vous viendrez rêvant sonner à ma porte; ami comme avant, vous viendrez rêvant. Et l'on vous dira, '' Personne - elle est morte. '', on vous le dira : mais qui vous plaindra ? ''...

" N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre. Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau. J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre, et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau. N'écris pas ! N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes, ne demande qu'à Dieu...qu'à toi, si je t'aimais ! Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes, c'est entendre le ciel sans y monter jamais. N'écris pas ! N'écris pas ! Je te crains; j'ai peur de ma mémoire ; elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent. Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire. Une chère écriture est un portrait vivant. N'écris pas ! N'écris pas ces deux mots que je n'ose plus lire : il semble que ta voix les répand sur mon coeur ; que je les vois brûler à travers ton sourire ; il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur. N'écris pas ! ''...

Ajouté 17/12/2018 par Djamal

Le lambeau par Philippe Lançon

Publication : Gallimard . 1 vol. (509 p.) 21 x 14 cm

Philippe Lançon est journaliste à libération, Charlie Hebdo et écrivain. Il nous livre le récit de sa vie avant, pendant et surtout après le massacre à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. De manière intime, juste et précise, Philippe Lançon raconte son histoire, celle d’un homme, victime d’un attentat, revenu d’entre les morts, qui reste 9 mois à l’hôpital. Le ton n’est ni haineux, ni larmoyant, ni plaintif. C’est avec une grande humanité que l’auteur explique comment cet événement et son séjour à l’hôpital a bouleversé à jamais sa vie et celle de son entourage, son être tout entier, tant physiquement que psychologiquement. L’auteur raconte sa lente reconstruction, sa douleur et sa métamorphose. Un récit poignant que je vous invite à découvrir ! Ce livre autobiographique a obtenu le Prix Femina et le Prix « spécial » du Jury Renaudot 2018 Sarah Ajouté 15/12/2018 par Sarah

Servir le peuple par dessin Alex W. Inker

Publication : Ed. Sarbacane . 1 vol. (216 p.) 26 x 19 cm

Récit contre-révolutionnaire, pour le peuple, adapté du roman éponyme de Yan Lianke...Ici, la Révolution culturelle en prend pour son grade. Trois raisons au moins d'apprécier l'ouvrage: une histoire riche de scènes d'amour dans un style graphique à l'ancienne, une satire sensuelle, sensible, '' punk '' et subversive de la Révolution chinoise, une magnifique ( et démoniaque ) histoire d'amour ( ou peut-être un simple jeu ? ) entre un jeune soldat dévoué au régime ( Petit Wu ) et l'épouse d'un officier parti à Pékin dans le but d'améliorer l'efficacité de l'armée en simplifiant l'administration.

Avant son départ, l'époux recommanda à l'ordonnance ( le jeune Wu ) de prendre soin de Madame, serviable en puissance,ainsi que l'exige le slogan de la Révolution : '' Servir le peuple '' ! '' Tu dois servir , petit Wu ! '' , et répondre à l'injonction, lui rappellera Madame...

Alors, chers camarades, allez-vous imaginer vous retrouver dans une chambre en compagnie d'une belle et jeune épouse ? Oh l'amour et les AFFRES de la passion...tristesse d'aimer et mélancolie.

'' Il est souvent inutile de se poser des questions : certaines choses arrivent, un point c'est tout. Elles ne viennent de nulle part et ne vont nulle part. L'histoire d'amour de petit Wu et de la femme du colonel corroborait la plupart du temps cette affirmation. La vie est-elle un jeu ou le jeu prend-il la place de la vie ? On peut dire que le jeu fait partie de la vie comme la vie fait partie du jeu. En réalité, les deux ne font qu'un...Il en va de même en amour. Même si l'amour n'est pas un jeu, ll faut qu'il en soit un, car comment l'amour pourrait -il exister sans le jeu '' ...

Amours jubilatoires, brumeuses et follement libres sous les portraits de Mao, en variante insolente du récit d'origine. Magnifique... Ajouté 15/12/2018 par Djamal

Mystic River par Dennis Lehane

Publication : Rivages . 405 p. 24 x 16 cm

Superbe adaptation du roman de Dennis Lehane, désespérément noir, offrant au premier rôle, Sean Penn, peut-être son meilleur, visage meurtri par le chagrin et la rage après le meurtre de sa fille , découverte morte dans un fossé . Le film met en scène trois amis d'enfance d'un quartier ouvrier de Boston, une tragédie, lorsque Jimmy ( Sean Penn) sera enlevé sous les yeux de ses copains, Dave ( Tim Robbins ) et Sean ( Kevin Bacon ), puis séquestré ( et sexuellement abusé ) plusieurs jours par des inconnus, et le massacre de la fille.

Eastwood, grand parmi les grands ( réalisateurs ), vingt cinq ans après le meurtre, braque sa caméra sur le flic Sean, chargé de l'enquête, et plein de soupçons à l'égard de Dave...Après le drame, ce visage pétrifié de douleur, celui du père qu'on oubliera pas, longtemps après le film....Dark Ominous Brooding.

Ajouté 14/12/2018 par Djamal

Noire n'est pas mon métier par Nadège Beausson Diagne, Mata Gabin, Maimouna Gueye et al.

Publication : Seuil . 1 vol. (128 p.) 20 x 14 cm

Connaissez-vous le groupe '' The Last Poets '', fondé en Mai 68, proche du mouvement des Blacks Panthers, considéré comme les pionniers de la culture urbaine, précurseur du rap et du hip hop ? Il sort en 1970 un disque ( The Last Poet ) puis un film intitulé '' Right On '', sorte de montage live, de '' spoken word '' et d'images d'archives. Au bas du disque, il est mentionné '' sélectionné au Festival de Cannes '' dans la catégorie des courts-métrages.

En 1971 on projette des films de militants, d'activistes noirs américains au Festival de Cannes. Aujourd'hui, le festival ( ou toute autre institution culturelle ) serait-il à même de proposer le même type de démarche, cette radicalité politique qui pouvait s'exprimer dans ce film ?

2018 a été marqué par la montée des marches de 82 femmes dénonçant l'absence de femmes dans l'industrie cinématographique et 16 actrices noires ( poings levées ), menées par la comédienne Aïssa Maïga, co-auteure du livre '' Noire n'est pas mon métier '', sur les marches du Festival, afin d'exhiber la pluralité dans la '' communauté noire '', pousser ces invisibles vers un élan plus fort et faire en sorte que ce genre de manifestation d'un groupe de femmes n'ait plus lieu d'être, pour dire que '' noire '', effectivement, n'est pas un métier...

On se souvient de l'écrivaine Calixte Béyala et du chanteur guadeloupéen Patrick-St Eloi interrompant il y a 18 ans la cérémonie des césars...constat analogue.

16 actrices noires se sont mobilisées pour dénoncer, à travers leur vécu, leur expérience, le racisme ordinaire du milieu, fait de clichés, de plaisanteries douteuses, de sexisme ordinaire. '' Dès qu'une actrice noire arrive, elle est considérée comme '' anormale ''. Notre présence dans les films est encore trop souvent dû à la nécessité incontournable ou anecdotique d'avoir un personnage noir ''. Paroles de Rachel Khan.

Rôles secondaires, personnages stéréotypés ( ménagères, caissières, prostituées, bref , le sous-prolétariat ...), ancrés dans '' l'inconscient collectif '' de tous d'ailleurs, blancs et noirs confondus. Elles racontent leur chemin de croix pour rompre avec la tradition de victimisation, contre l'absence de représentation, pour une plus grande visibilité, soucieuses de mobiliser le cinéma national afin de mettre en pratique les principes de la République autant que la reconnaissance de leur travail. Ouverture à la création sur les rôles, pour dire simplement que la '' femme noire '' n'existe pas...Femme tout court...Une route encore longue, le combat de la reconnaissance...

'' Je fais attention à choisir mes rôles, je ne veux pas me retrouver enfermée dans les mêmes personnages caricaturaux...Je fais appel aux réalisateurs, aux agents: souvent, ils restent timides ou peu ambitieux. A eux de penser hors des cases, comme celle que l'on m'a mise au lycée quand on m'a orientée, ou plus tard lors des castings. Aux Etats-Unis, dans une série comme Scandal, l'héroïne est une avocate, une femme surpuissante. Elle est noire. Ici, ce n'est pas possible, ou pas tout de suite. J'ai 24 ans. Combien de temps faudra-t-il attendre ? Dans le film de Cédric Klapisch, '' Ce qui nous lie '', je suis bretonne, je viens du Finistère, et je vis en Bourgogne. Le casting était pour une Blanche ou une Noire, c'est très rare. Dans '' La Colle '', une comédie populaire d'Alexandre Castagnetti, c'était pareil. Le rôle était celui de la bombe du lycée, la plus jolie fille. Normalement ( mais qu'est-ce que la '' normalité ? '' ), il s'agit d'une blonde aux cheveux raides et aux yeux bleus. Cette fois c'est moi. Je ne suis pas blonde, je n'ai pas les yeux bleus, mes cheveux ne sont pas raides. Dans le film, j'ai les cheveux crépus, au naturel. Le réalisateur était content que des petites filles qui ont les mêmes cheveux puissent s'identifier à moi. Dans '' Au bout des doigts '' de Ludovic Bernard, je joue Anna, je suis violoncelliste, une fille intello. Il faut que le public nous voie dans des rôles divers et je me bats pour ça. On étouffe sinon... '' ( Kardja Touré, héroïne de '' Bande de filles '' - 2014 ).

Ajouté 14/12/2018 par Djamal

Le dernier assaut par scénario et dessin Jacques Tardi

Publication : Casterman . 1 vol. (92 p.) 32 x 24 cm

Lorsque chaque homme fut convaincu, dans les tranchées, que le moment était de livrer son dernier assaut, avec, pour les chefs, la conviction de faire reculer l'adversaire jusqu'à Berlin...

Bd documentée ( la dernière de Tardi ) qui nous emmène dans un voyage au bout de la nuit en compagnie du brancardier Mathurin ( surnommé '' Branco Broutille '' qui, au passage, s'est échappé de l'album pour se glisser parmi les chansons du CD qui l'accompagne ), qui dans les tranchées risque sa vie pour les autres, prétexte aussi aux états d'âmes et souci de conscience pour raconter l'indicible.

Tardi depuis 30 ans dans sa tranchée témoigne de l'horreur du grand abattoir, commémorée un siècle plus tard par les successeurs des bouchers ( les politiques ! ), évoque par le biais de son très lucide et placide ! personnage, la saignée opérée dans la chair d'un peuple, d'une jeunesse ( on pourrait ajouter la '' classe ouvrière ( franco-allemande ) '' et ses envies de révolte ... ), saignée opérée pour les seuls intérêts '' du vampire industriel '' qui s'est engrossé des profits de l'effort de guerre en se gavant des retombées générés pour les grands groupes capitalistes côtés en Bourse. Soit le triomphe de l'industrie de guerre au service de la destruction massive, du crime de masse et du meurtre légalisé, '' dont l'avenir s'annonçait radieux, prometteur et encore plus brillant ...''

Dans l'immense décharge de la connerie humaine, combien pouvait coûter un gros géant mortier de 42 tonnes d'acier fondu de chez Krupp ( la Grosse Bertha, du prénom de sa fille ) ? Bientôt, avec la Seconde Guerre Mondiale, le gotha industriel allié au nazisme s'en mettra plein les fouilles....BusIness is business.

'' La patrie a besoin de vous, de votre âme, de votre chair, de votre chair à canon...'', mais quelle fut la cause du '' magnifique '' élan patriotique ? Sûrement la faim, la misère ( des villes et des campagnes, des petites gens ) et le chômage ...

Ce livre n'existerait pas sans le disque qui l'accompagne ( Dominique Grange et l'ensemble Accordzéâm ), Grange et Tardi formant, à la ville comme à la scène, '' un tandem artistique, REBELLE et amoureux, partageant depuis plusieurs décennies '' une même ferveur à exprimer par les mots, la musique et le dessin, leur révolte ( et l'urgence de se soulever ) contre les injustices et l'exploitation de l'homme par l'homme ''.

Enfin, si vous voulez savoir comment se termine l'aventure du brancardier Mathurin, n'hésitez pas à vous aventurer ! Plongez dans ce voyage au bout de la nuit...'' Adieu, mon p'tit pote ! Est-ce que ta mère te reverra un jour ? Ta femme ? Tes gosses ?....

A l'hôpital militaire : '' Des experts en mutilations '' machinées '' recherchaient frénétiquement les types suspects de s'être tiré à '' bout portant '' une balle à travers le bras gauche. On aurait dit que ces médecins militaires patriotes en diable avaient fait le voeu d'expédier ces hommes au poteau ! Il y avait les petites mains qui s'envoyaient une balle dans le pied en tirant à travers une miche de pain pour retenir la poudre dont les brûlures les auraient trahis...Il y avait ceux qui buvaient l'acide picrique des obus pour se coller une jaunisse carabinée. Il y avait ceux qui s'injectaient un crachat purulant bien gras dans les fesses, histoire de provoquer un magnifique abcès. Il y avait ceux qui s'introduisaient sous la peau à l'aide d'une aiguille à coudre, un fil préalablement passé entre leurs dents, en espérant que les bactéries alimentaires ainsi récupérées les infecteraient...En attendant, ils priaient Sainte Gangrène, quitte à perdre un membre...Le major tournait alors autour des pauvres types indemnes mais hagards, les nerfs à vifs, incohérents, incapables de garder leur équilibre ou de répondre à la moindre question. Ces hommes, choqués par '' le vent du boulet '', le souffle de l'explosion, étaient victimes de '' l'obusité ''... C'est le nom qu'on avait trouvé. Pour le major, ils n'étaient que des simulateurs, des '' embusqués du cerveau ''. On les traitait à l'électricité. C'était de mauvais sujets. Le Major croyait en l'électrothérapie et son rêve était de les renvoyer en première en première ligne, sitôt leur fibre patriotique regénérée....'' Augustin, lui, au moins, n'était pas dans le coup...'' Ajouté 13/12/2018 par Djamal

Putain de guerre ! par Tardi, Verney

Publication : Casterman . 66 p. 32 x 25 cm

Suite aussi grandiose . Pourquoi ces poilus nous touchent-ils tant ? alors que pour beaucoup, pendant longtemps, cette guerre est restée un truc de '' vieux cons '' et d'anciens combattants reclus dans leur tranchée. Ces jeunes, ne l'oublions pas, avaient entre 18 et 25 ans environ; aucun survivant aujourd'hui. Ces soldats, travaillés, conditionnés par les autorités du village ( maire, prêtre, instit ), partent la fleur au fusil dans une vision romantique de la guerre ( '' on va les avoir, ce sera bref, on part au mois d'août, on boira une bierre à Berlin, on sera de retour pour Noel ...'' ). On connait la suite...

Très rapidement, après la Bataille de la Marne, s'installe une guerre dite de position, avec des forces égales a peu près, de part et d'autre. On ne pourra plus progresser, on s'enterrera dans les tranchées...A ce moment, une occasion intéressante est offerte aux soldats lorsque le front devient silencieux face au manque de munitions ( puisqu'on avait pensé le conflit de courte durée ), une chance alors de tout stopper ( '' on arrête devant l'absurde '' ). L' occasion ratée...Mais alors pourquoi la guerre s'est poursuivie ? Pardi, le capitalisme ( de guerre ) et le business de l'industriel...

Dans cette guerre de position, les états-majors ( qui, sans avoir pris leur disposition, promettaient une victoire éclatante et rapide ), ont envoyé au massacre des jeunes sous-équipés, au mois d'août 14, en pantalon rouge ( très voyant ), dans les champs de blé, déguisés en cible. Bientôt, l'idée d'aller boire une bière à Berlin sera abandonnée... dans la merde des tranchées, dans cette guerre de position. On se sentira seul, avec l'esprit de mutinerie ( et des tentatives de fraternisation avec l'ennemi ( Noel 14 ), sans nouvelles de l'arrière.

On sait que l'on ne reverra pas sa femme, on pleurera sa mère, les jeunes comprenant rapidement que tout cela est absurde, que cela ne fonctionne pas, que l'ennemi leur ressemble ( paysans, employés, instits, ouvriers...éclopés et petites gens, aventuriers voulant échapper à leur condition misérable au village ), on sait que le commandement est entre les mains d'incompétents. On refusera de retourner à la boucherie. '' On fera la grève '', comme ils diront...Et bientôt les premières mutineries.

Pourquoi parler des poilus, pourquoi cet attachement ? C'est la résonance avec notre ( triste ) monde d'aujourd'hui. Comme l'affirme Tardi, nous vivons toujours sur les bases de cette guerre. On peut relever deux événements majeurs en plein conflit, en 1917 : la Révolution Russe d'Octobre et l'arrivée du corps expéditionnaire américain ( ou comment le monde s'est partagé ). On ajoute au Moyen-Orient, après le démembrement de l'Empire Ottoman, le tracé des frontières ( Irak, Syrie, Liban, Palestine ), sur des cartes d'états-majors, avec au milieu... du pétrole... et depuis, c'est un siècle de conflits, de convulsions, de désastres, et l'on vit aujourd'hui sur ses acquis et ses désastres...Et comme l'affirme Tardi, on y est toujours. C'est que la Première Guerre Mondiale est aussi une histoire du capitalisme...

Entraînés dans leur logique d'accumulation et de production, les capitalismes nationaux ( les puissances coloniales ), ont cherché dans le monde l'espace de leur expansion, s'y concurrençant et s'y confrontant de plus en plus rudement tandis que les principales puissances industrielles voulaient élargir leur zone de domination, ce qui ( nationalisme, racisme, xénophobie, chauvinisme et prosélytisme aidant ), contribua à exacerber les antagonismes économiques en opposition nationales et forcément politiques et militaires; '' oppositions qui se sont nourries des haines et des rancoeurs historiques, des certitudes de supériorité ( britannique, française ou allemande ), des mythes de la grandeur ou de de la mission civilisatrice, ce qui fut largement suffisant pour déclencher la guerre mondiale, la plus sanglante, la plus meurtrière, la plus barbare...Or cette guerre n'a rien résolue, bien au contraire.'' ( Michel Béaud : Histoire du capitalisme (1500-2010 ))

Le besoin d'expansion économique à l'échelle mondiale reste vivace et ce monde éclaté connaîtra dans les années 20 la coexistence de la prospérité avant d'être entraîné dès 1929 dans une nouvelle grande crise puis vers un nouveau conflit mondial.

Et voilà, de la crise à la guerre, de la guerre à la crise... '' Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée l'orage '', avait dit Jaurès. Le capitalisme porte avant tout en lui la crise et l'impérieuse nécessité de conquête de nouveaux espaces. Et c'est son développement concret à travers des formations sociales nationales comme l'affrontement des capitalismes nationaux qui rend le capitalisme porteur de guerre...

Un siècle plus tard sur une Terre déjà surexploitée, dans notre '' civilisation du tube digestif '', dans la volonté de croissance et de puissance, dans la rupture écologique, dans les polarisations de richesse ( ou re-féodalisation du système économique ), sur fond de montée des extrêmes, la logique productiviste et consumériste du capitalisme est de moins en moins soutenable...Situation donc explosive et piégée. Ajouté 03/12/2018 par Djamal

Putain de guerre ! par Tardi, Verney

Publication : Casterman . 66 p. 33 x 25 cm

Du 9èm art, du beau, du grand par Tardi le Grand, récemment auteur d'un troisième volume de '' Moi Tardi ( le père ), prisonnier de guerre au Stalag II B '' ( Seconde Guerre Mondiale ), où l'auteur raconte, après la captivité, le retour dans son village natal...'' Putain de guerre '' est ( pour amateurs de Tardi, pour les autres à découvrir ), passionnant, essentiel et indispensable, très développé avec un dossier bien fourni sur le sujet, mais digeste et accessible aux jeunes, aux collégiens ( 4è, 3è ), avec un niveau littéraire ( voir cinématographique ). Chef-d'oeuvre et si hommage aux Poilus, alors superbe témoignage... Ajouté 03/12/2018 par Djamal

Dark Shadows par Tim Burton, réal.

Publication : Warner Home Video . 1 DVD vidéo (1h 52 mn) DVD vidéo

Vu et revu en famille...Vampire, vous avez dit vampire ? Après avoir fondé une bourgade dans le Maine, une famille riche du XVIIIè siècle subit la malédiction d'Angélique, sorcière ultra-teigneuse et furax de n'avoir pas été désignée comme épouse par Barnabas, le jeune maître du clan, transformé en vampire avant d'être enfermé dans un cercueil puis enterré dans les bois... Un peu plus tard, en 1972, le tombeau de Barnabas est déterré puis, tandis que le mort-vivant cherche à s'intégrer dans la famille de ses héritiers, la belle Angélique réapparaît. Alors leur pugilat reprend...

Et monseigneur Burton réalise avec brio une comédie de vampire plantée dans les seventies en jouant sur l'anachronisme entre deux époques, en partie grâce à une galerie de personnages déjantés, bien soutenus par deux stars : Johnny Depp et la crépusculaire Eva Green, superbement sidérante en sorcière déchaînée..Du beau fantastique gothique. Ajouté 01/12/2018 par Djamal

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ˆDes ‰femmes rebelles par Michelle Perrot

Publication : Ed. Elyzad . 1 vol. (219 p.) 17 x 11 cm

Olympes, Flora, Georges ...Louise, et tant d'autres combattantes ! Figures de prou du féminisme que l'on nomme pas encore en ces temps. En ces temps de questionnement féministe, rien de tel que de se plonger dans l'histoire afin de comprendre le chemin parcouru pour obtenir à peu près les mêmes libertés que les hommes car il faut bien rappeler que rien n'est jamais acquis en matière de droits des femmes. Ni l'avortement, encore interdit aujourd'hui en Irlande, remis en cause en Pologne, ni le droit à disposer de son corps ailleurs dans le monde.

L'historienne Michelle Perrot ( co-auteure avec Georges Duby d'une histoire des femmes en Occident, de l'Antiquité à nos jours (1991-92), rappelle à la mémoire et rend hommage à trois pionnières, visionnaires, audacieuses, engagées qui comme une course de relais, se sont passées le témoin du combat pour légalité.

La citoyenne Olympes de Gouges (1748-1793), croyant aux promesses de la Révolution, subvertit la Déclaration des droits de l'homme en déclinant chacun de ses articles au féminin. '' La femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir celui de monter à la tribune '', proclame celle qui sera guillotinée pour avoir dénoncer la Terreur de Robespierre. Flora Tristan (1803-1844), figure de lutte pour la condition féminine, victime d'un mari violent, se battra toute sa vie pour le droit au divorce tandis que Georges Sand (1804-1876), sûrement la plus moderne des trois pour vouloir absolument refuser la dépendance d'un homme en insistant sur l'importance du travail comme condition essentielle de la liberté, aura vécu toutes les révolutions du siècle, la seule à avoir connu l'aboutissement politique par la proclamation de la République en 1870.

Portrait de rebelles en puissance ayant en commun la naissance, '' bâtardes '' fracturées aux marges de la société ( Olympe et Flora, filles du peuple non légitimées par des pères aristocrates peu soucieux de les reconnaître, d'où le fort sentiment d'injustice faite aux femmes '' séduites et abandonnées surtout quand elles sont pauvres ''. Georges Sand puisant dans sa bâtardise sociale ( fille d'officier et de cantinière ), le goût de la culture populaire et la passion future de l'égalité. Toutes trois mariées très jeune ( respectivement 16, 18, 20 ans ), contre leur gré, sous la férule de maris violents, buveurs-coucheurs et toutes soucieuses de chercher à réaliser une vie amoureuse libre et plurielle...Trois beautés brunes, méridionales et romantiques.

On pourrait ajouter ( jusqu'à la Première Guerre Mondiale ! ) Louise Michel, l'institutrice anarchiste, militante pour une société égalitaire pour toutes et tous, déportée au bagne avec 16 000 communards, la journaliste Hubert Auclert, première à revendiquer le terme de '' féminisme '' inventé par Alexandre Dumas fils, qui refusera de payer l'impôt tant que les femmes n'auront pas obtenu le droit de vote. Marguerite Durand, patronne de '' la Fronde '' ( premier journal féministe ), défendra inlassablement le droit des femmes à l'instruction et leur accès à toutes les professions. Ajoutons encore Madeleine Pelletier, première à poser la question du genre, ou Hélène Brion, auteure d'une encyclopédie féministe...

Michelle Perrot raconte trois d'entre elles, trois magnifiques, engagées dans les luttes de leur temps, pour la justice sociale et l'égalité, pour celles et ceux qui se battent dans le monde aujourd'hui.

Ajouté 28/11/2018 par Djamal

Désintégration par Emmanuelle Richard

Publication : Ed. de l'Olivier . 1 vol. (204 p.) 21 x 14 cm

Le personnage, pur produit classe moyenne de banlieues pavillonnaires, enseignante biberonnée au rap, qui a ( enfin ) rencontré le succès littéraire, évoque ses souvenirs de jeunesse à Paris ( dans le XVIIèm chic ), de précaire '' à la précarité presque invisible '', contrainte d'enchaîner les petits boulots ( et quelques vols au supermarché ), pour payer ses études ( caissière, vendeuse...et chômage aussi ), entre galères professionnelles et soucis d'argent, colocataire aussi avec des '' héritiers '', gosses de riches dont elle subit la violence sociale ( mépris sur les manières, son langage et points de vue ), et l'opulence en pleine gueule. Confrontation entre l'insupportable exubérance / indécence de classe ( '' ces bons à rien d'hyper-bourgeois qui ont le temps et l'argent, auréolés de cette insouciance et de cette assurance de propriétaire '' ), et la précarité pleine de colère blanche des '' sangs-mêlés '', '' hybrides indéfinissables, pas encore pauvres, de petits-bourgeois blancs ''.

Progressivement, la jeune étudiante cherchant sa place, pleine de honte sociale, sans animosité particulière au départ puis la neutralité devenant impossible, inversera la courbe pour transformer sa haine et son racisme anti-bourgeois, parlant de '' venger sa race en cognant la putain de culture hégémonique jusqu'à s'identifier elle même, en voie de radicalisation, au personnage de jeune '' beur '' du film de Philippe Faucon '' la Désintégration ''...

Comment passe-t-on de la honte à la haine ? C'est tout le sujet de ce roman générationnel qui, tout en faisant l'âpre description des rapports de domination et d'argent, raconte aussi par son trentenaire d'auteure biberonnée au rap, à coup de lyrisme et de punchlines abrasifs, l'histoire de '' l'empuissancement '' d'un sujet. Désintégration ou la chronique de la haine ordinaire.

( Ce mépris des riches qu'elle observe et côtoie, c'est aussi le mépris à tous les niveaux, '' de ceux qui ont plus, parce qu'on est toujours le bourgeois et le pauvre d'un autre..'', le mépris permanent via le verdict économique...).

'' Qu'est-ce que je peux faire, j'sais pas quoi faire, ( bons à rien d'hyper-bourgeois ), ritournelle en scie qui vrille mes tympans, implante une graine de haine qui vient se loger très profond dans mon crâne, loin après le cortex...''.

Ajouté 27/11/2018 par Djamal

Les prénoms épicènes par Amélie Nothomb

Publication : Albin Michel . 1 vol. (154 p.) 21 x 14 cm

Que dire d'Amélie Nothomb ? 26 romans publiés depuis 25 ans, près de cent rédigés, des millions de fans sur terre, une agrégation de lettres ( s'il vous plaît ), une écriture classique plus proche de Yourcenar que du premier faiseur de best seller, l'esprit un brin foutraque et l'imagination furieuse sous une dégaine d'excentrique, disons une beauté particulière, bref, un monstre de phénomène littéraire qui depuis ses premières productions, tisse des relations uniques avec ses lecteurs.

Les prénoms épicènes, affaire funeste sous le signe du cinglant, la plume dépouillée au service d'une histoire simple et immersive, aussi bien fignolée que tordue, d'un inconsolable contristé, homme empli de superbe et d'arrogance, aimant en puissance et fou d'amour, d'amour de braise touchant le ciel, quitté par son amour ( qui l'aimait ), pour un autre à Paris, mener la grande vie, et qui depuis s'est marié ( sans amour ), inconsolable contristé, un enfant ( brillant ) sur le dos, au prénom épicène ( qui n'oublie pas... ), qu'il hait parce qu'il lui ressemble trop, enfant d'une femme sans existence pour lui, qui n'est qu'un pion dans son jeu, '' choisie parce qu'elle était assez belle pour jouer les femmes du monde et assez complexée pour que j'en fasse ce que je voulais ''...

Toute la vie de Claude ( '' Délaissé '' ), '' Claude Gueux '' , depuis 20 ans ne fut pas la sienne...C'est une histoire de vengeance trempée dans un bain de cynisme par des personnages sans foi ni loi. '' S'il faut que j'aille tuer ma fille de mes propres mains pour te dire de quoi je suis capable pour toi ( pour te retrouver ), je le ferai...'', pour te dire, l'eau de mon âme ( mes larmes pour toi ) et la braise dans les yeux, de quoi pour toi je suis capable ... je le ferai.

Tragédie familiale, drame conjugal, amours toxiques, désespérés...Le sacrifice d'une vie à une vengeance. O Nothomb ! Vaporeuse enténébrée, tu as trempé ta plume bans un bain d'acide sulfurique pour écrire ton horreur crépusculaire, saignante et bien noire. Coup de pique plutôt que coeur, le coeur ouvert et quatre trous noirs plutôt qu'étoiles ( noires )...Elégiaque, brumeux, sépulcral, funèbre, sinistre mélancolie des prénoms épicènes...

Quemquam diligere idem est ac eius bonum velle atque efficaciter eius causa agere...Nothomb ! '' Mes larmes pour toi ...'' Ajouté 27/11/2018

Carnets de Verdun par présentés par Laurent Loiseau et Géraud Bénech

Publication : Librio . 1 vol. (108 p.) 21 x 13 cm

La mère de toutes les batailles ( qui ne fut pas la plus meurtrière ), déclenchée le 21 février 1916 au matin par les artilleurs du Kronprinz sur des troupes françaises mal préparées à recevoir ce '' Trommelfeuer '' . Ce qui est frappant ( d'après les travaux de ceux qui ont travaillé sur le sujet ), c'est que très rapidement, Verdun va prendre une dimension de légende, une dimension mythique.

Verdun est la porte de la France que les poilus vont défendre ( et souvent de manière héroïque ), dans des conditions épouvantables, écrasés, isolés, désorganisés par un déluge d'obus ( de gros calibre, surnommées '' les marmites '' ), et dans cet immense chaos, des soldats résisteront, et là-dessus, la figure d'un certain Pétain envoyé sur le front pour le stabiliser ( '' Ils ne passeront pas '' ! dit-il ), ce qu'il fera, avant d'être remplacé par Nivelle parce que jugé insuffisamment offensif, puis, ce dernier s'étant décrédibilisé sur les offensives du chemin des dames l'année suivante, le Maréchal reviendra à cet instant, bientôt triomphant de Verdun, symbole de sursaut de toute une nation...

C'est donc une bataille dont, en Europe et au-delà, la presse nationaliste ( les Barrès, Drumont jusqu'aux poèmes d'Annunzio ), s'empare pour devenir rapidement un énorme événement médiatique.

L'ouvrage concentre une sélection de carnets de guerre souvent rédigés sur le vif ( et parfois remaniés après les combats ), témoignages de soldats à leurs proches, combattants de Verdun, forêt-sépulture où reposent 90 000 âmes sous les cicatrices de 26 millions d'obus qui laminèrent le paysage, collines et roches et villages rayés, sols défoncés par d'immenses entonnoirs, témoignages de poilus revivant l'expérience traumatisante, racontant leurs conditions extrêmes de survie et préparant le lecteur, invité à découvrir sur place le théâtre des combats, les lieux même de la bataille de Verdun.

La confusion, l'effroi, la peur, les cris, balles sifflantes et obus lacrymogènes, obus fusant / percutant, gaz et feu d'enfer sous les batteries et schrapnels mutilant les corps et bombardements au phosgène, l'atmosphère saturée de poudre et de fumée et l'odeur d'incendie emplissant la vallée et de pourriture empestant l'air...Ambulances de campagne, en arrière du front, systématiquement bombardées, et la '' ballade des arbres '', '' chose effrayante qui ne peut s'effacer de la mémoire... ces gros arbres de forêts, déracinés par la chute à leur pied des gros obus, montant doucement, avec branches et racines ( imaginez ), comme un départ de ballon, pour se promener lentement en l'air, comme en suspension, puis subitement s'abattant comme la foudre, de tout leur poids, écrasant ainsi tout ce qu'ils rencontrent ''...( Paul Perrin, 165 èm Régiment d'Infanterie, envoyé à la fournaise, au bois des Caures, tenter de contenir à un contre dix, la progression des divisions allemandes ).

Bilan de 10 mois de combats : destruction totale du paysage et des villages dans un périmètre de 100 km autour de Verdun et des soldats qui parviendront à faire échec à l'offensive ennemie. On imagine les pertes, côté français et allemand, respectivement 379 000 morts, blesses ou disparus, 335 000, en face...'' l'armée française devra attendre le 20 août 1917 pour retrouver ses positions abandonnées au début de l'attaque allemande !! ( Tout ça pour ça...), et les Allemands ne quitteront le secteur de Verdun qu'après l'offensive américaine d'Octobre 1918, conduite par le général Pershing ''.

Plus qu'un hommage aux poilus de Verdun, ces Carnets racontent à hauteur d'hommes, l'un des épisodes les plus tragiques et marquants de notre histoire et nous invitent à tirer les enseignements qui sauront consolider l'esprit de paix dans une Europe et un monde en devenir...mais déjà explosif et '' piégé ''.... Ajouté 24/11/2018 par Djamal

Le maître a de plus en plus d'humour par Mo Yan

Publication : Points . 107 p. 18 x 11 cm

Dans une entreprise en faillite, l'usine Etoile Rouge de fabrication de machines agricoles, un prolo de 60 ans ( maître Ding ), est licencié...à un mois de sa retraite, après avoir trimer pendant 40 ans.Le bonhomme s'interroge : comment rebondir ? Mais pardieu ! avec le concours de son fidèle et malin apprenti ! Ding va se trouver un job très particulier qui lui permettra de remplir ses poches de milliers de yuan...

Maître Yan perché sur son roman, bref mais plein d'humour et de tendresse, pose à travers les aventures du '' très honorable travailleur Ding '', un regard caustique et politique sur la société chinoise contemporaine, pointant la corruption et les abus des officiels dans la Chine communiste d'aujourd'hui, où l'important n'est pas la politique mais l'argent, et penché sur les travers du mâle chinois, nous rappelle le côté '' sombre '' de chacun d'entre nous...Un excellent moment de lecture ( politiquement incorrect ) d'un petit livre rouge empli de maximes chinoises. Ganxié nin de yuedu ! Mo Yan !

Extraits : '' Si l'usine en est là, qu'elle aille se faire foutre, si les vers ne meurent pas de faim sous terre, jamais nous autres de la classe ouvrière ne mourrons de faim...'' '' Les ouvriers flottants ( mingong ) sont des paysans qui se déplacent de ville en ville à la recherche d'un travail '' '' Elle avait le visage tout rouge et ses yeux brillaient de mille éclats, tels ceux d'une parole qui vient de pondre un oeuf ''.

Ayant perdu confiance dans le communisme depuis 1989 ( et la répression de Tian anmen), Mo Yan ( prix nobel de littérature 2012 ), rappelle dans ses oeuvres que toute la paysannerie ( thème central ) fut maltraitée par les communistes. Sous Mao, ce sont les campagnes qui ont payé la première industrialisation du pays tandis que de nos jours, ce sont les enfants de paysans ( les '' mingongs '' ) qui ont de fait financé et bâti le boom économique.

'' En Chine, un bon écrivain n'entre pas en conflit direct avec le gouvernement. La critique de la société doit se cacher derrière l'Histoire, derrière la langue. Bien sûr, les écrivains peuvent aussi écrire '' J'accuse '' comme Zola, mais ce n'est pas de la littérature, c'est une attitude politique d'un écrivain...''

Ajouté 20/11/2018 par Djamal

La cote 512 par Thierry Bourcy

Publication : Gallimard . 1 vol. (253 p.) 18 x 11 cm

Le jeune Celestin Louise, enquêteur à la Brigade criminelle de Paris, très apprécié de ses supérieurs, engagé à Verdun, en première ligne sous la férule du jeune lieutenant Paul de Mérange, assiste au cours d'un assaut à une scène étrange : la mort de l'officier tué d'une balle dans le dos venant de son propre camp, tandis que sur le front, on tente, entre deux assauts, de stabiliser les positions, l'état-major semblant satisfait d'avoir gagné 200 mètres ( un grand maréchal parlerait de '' tactique de grignotage '' ). Les soldats s'interrogent auprès de Louise : certes, un mort de plus, mais à quoi bon chercher un coupable dans les tranchés ?

Le policier reprend le dessus, Louise obtenant une permission l'autorisant à se rendre auprès de la veuve pour en savoir davantage, sachant ( comme elle ) que de Mérage fut homme à femmes...Pourrait-on alors imaginer dans l'enfer des tranchées ( mais la jalousie comme les sentiments ont-ils à faire là-bas, sur le front de l'armée ? ) un crime passionnel ? Polar, polar ! après Tranchecaille, l'enquête passionnante avec le verbe et le style ! Mais oui mais non, pas vraiment…

Car '' côte 512 '' est d'abord un roman de guerre, trop bref pour apprécier les personnages , sur une intrigue simpliste ( Sur 12 chapitres , les premiers donnent à l'ouvrage un aspect documentaire : la guerre, exercices et manœuvres, au front, l'assaut, avant l'enquête ). Mais s'agissant du premier volume d'une série, on peut comprendre et supposer que les personnages s'étofferont par la suite. Une façon de traiter du Conflit par le polar, avec du style…

Au pays des mille fromages et des prix littéraires ( près de deux mille en France ! champion du monde devant le Japon ), '' Côte 512 '' ( vol 1 ), a obtenu le Prix Grand Témoin de la France Mutualiste ! ( 2005 ). Par Thierry Bourcy, scénariste pour la télévision et le cinéma, créateur de Célestin Louise largué dans des aventures-prétextes de faire revivre une période tragique de l'Histoire. Bon voyage sous les obus, dans les tranchées de Verdun….

Ajouté 20/11/2018 par Djamal

Capitaine Conan par Bertrand Tavernier, réal., scénario

Publication : Canal + vidéo [éd.] | Universal pictures video France SA [distrib.] . 2 DVD vidéo monofaces double couche zone 2 (2 h 07 min) 24

Après la guerre, on espère '' la der des der '', après l'armistice du 11 novembre et pourtant après la guerre, malgré l'Armistice, c'est toujours et encore la guerre pour certains, pour le capitaine Conan ( un césar pour Philippe Torreton ), et ses soldats qui, jusqu'en 19, abandonneront l'armée d'Orient sur le front des Dardanelles, sur le terrain accidenté des Balkans.

Bertrand Tavernier ( pour qui le passé doit toujours éclairer le présent ), s'est inspiré des guerres du Vietnam et de Bosnie, filmant avec rage ( et il nous plonge dans la mêlée ), les combats au corps à corps innommables, les assauts où les soldats se retrouvent pétrifiés debout après une pluie d'obus, en même temps qu'il montre les lubies d'un état-major soucieux d'abord de l'horaire des repas, et l'absurdité d'une justice militaire qui condamne les braqueurs ... de couverture, et ne marque jamais le pas.

Adaptation du roman de Roger Vercel, scène touchante d'une mère cherchant son déserteur de fils jeté trop jeune dans ce merdier. Film dédiés aux oubliés de l'Histoire...si vous les aimez....



Ajouté 17/11/2018 par Djamal

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Didier, la 5e roue du tracteur par un récit de Pascal Rabaté

Publication : Futuropolis . 1 vol. (79 p.) 30 x 22 cm

Une BD super drôle à lire pour passer un bon moment Ajouté 17/11/2018 par Nathalie

Tranchecaille par Patrick Pécherot

Publication : Gallimard . 294 p. 23 x 16 cm

Bienvenu chez Tranchecaille et installez-vous entre les interrogatoires d'un soldat, la guerre en première ligne, les mutineries à l'arrière et les permissions de Jonas à Paris auprès de sa '' marraine '' ( pour le réconfort ). Alors que la guerre fait rage, ce deuxième classe ( 334èm régiment d'infanterie ) va passer au tourniquet, accusé d'un double meurtre ( son lieutenant et sa '' marraine '' septuagénaire ), et tandis que l'inspecteur Bohman disposera de 48 heures pour percer le mystère, le capitaine Duparc souhaitera un procès équitable : ni cour expéditive, martiale et sommaire. '' A-t-on songé à l'effet que produira sur l'Arrière le récit lamentable d'un déséquilibré ? Priorité à la cohésion des troupes et la discipline. Brisez les mutineries. Il faut casser net toute tentative de fraternisation avec l'ennemi...On commence par s'échanger du chocolat, on finit par zigouiller ses supérieurs .Le linge sale se lave en famille et celui-là aura sa lessive...'' Parole d'un officier supérieur...

L'accusation est fragile en l'absence de témoignage sérieux. Les interrogatoires débutent : accusés, officiers puis soldats fraternels...Jonas ? Un simulateur ? Un réfractaire ? Un sournois ? Tire-au-flanc ou '' pauvre type '' dont l'avenir tient sur un poteau d'exécution ?

'' S'ils s'obstinent, ces cannibales, à faire de nous des héros, ils sauront bientôt que mes balles seront pour nos propres généraux ...''

Pendant ce temps, le conflit s'éternise, en première ligne, l'offensive du général Nivelle ( avril 17 ) tourne à l'hécatombe : 40 000 morts le premier jour, sur le Chemin des Dames. Offensives / contre offensives... Les généraux jubilent à l'arrière, planqués derrière leur bureau : les vagues d'assaut auront gagné 100 mètres ! Alors un communiqué annoncera une percée foudroyante...

Pour une histoire de pantalon ( un peu trop large pour lui, trop compliqué pour le combat ), une altercation a opposé Jonas à son lieutenant et sa situation s'est aggravée lors qu'il fut accusé ( en plus des meurtres ), d'avoir trempé dans une mutinerie...

'' Que Jonas soit innocent, ils s'en moquent. Ils l'ont déjà condamné. Mais si Jonas est coupable, croyez-vous que le major ne l'est pas, lui aussi pour l'avoir renvoyé en ligne dans son état ? Et au-dessus du major, ceux qui font qu'un homme est capable de ça ? Et cette saloperie où l'on nous a jetée, mon capitaine, qui la jugera ? ''.

L'armée abrite suffisamment de mauvais esprits pour s'en débarrasser et juguler le désordre. Le conseil de Guerre pour l'exemple : la sinistre farce...Marne septembre 14, Verdun 1916, Nivelle 17, la guerre et le sentiment d'être pris pour de la chair à canon...

Ajouté 14/11/2018 par Djamal

Le livre que je ne voulais pas écrire par Erwan Larher

Publication : Quidam éditeur . 1 vol. (259 p.) 21 x 14 cm

S'il fut au départ réticent à écrire un livre pour raconter le drame du Bataclan le 13 novembre 2015, Erwan Larher ( l' un des survivants ), préféra convoquer son statut de romancier pour faire, bien plus qu'un simple témoignage ( avec chronologie des faits ), un objet littéraire singulier doublé d'une réflexion autour du Bataclan.

Intégrant le style, l'alternance des points de vue, il passe du '' je '' au '' nous '' ( pour dire que l'Histoire est une affaire de '' nous '', '' de combinaisons de ressentis en direct '' ), et ajoute des textes ( avec intitulés '' Vu du dehors '', écrits par des proches et des amis ) ce qui lui permettra de '' s'extraire '' du drame pour être cet autre se regardant du dehors. Alors avec beaucoup de distance, sans pathos ni voyeurisme, Erwan Larcher se met à nu, étalant ses souffrances, les suites opératoires, les craintes pour son intégrité physique...

Mais que dire quand son sort est si enviable, comparé à ceux qui ont laissé la vie, perdu un proche, ou une partie d'eux-mêmes ? Puis vient la réflexion : pourquoi et comment le geste des '' terroristes ''? L'auteur prend de la distance pour interroger les auteurs de l'attentat afin d' essayer de les comprendre en redessinant leur portrait, imaginant l'histoire et le parcours de chacun.

S'il est bien conscient que '' la littérature n'arrête pas les balles, par contre elle peut empêcher un doigt de se poser sur la gâchette. Alors '' peut-être faut-il tenter la paix ''. Et l'écrivain de conclure en donnant sa réponse à la barbarie : l'amour des proches, l'amour humain et l'amour universel....Hommage aux victimes.

'' Je suis un romancier. J'invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, j'espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l'humain. Il m'est arrivé une mésaventure, devenue une tuile pour le romancier qui partage ma vie : je me suis trouvé un soir parisien de novembre au mauvais endroit au mauvais moment; donc lui aussi...''

Ajouté 13/11/2018 par Djamal

Paroles de poilus

Publication : France-Inter | Soleil . 117 p. 30 x 23 cm

Très bel album compilant vingt lettres de poilus, adaptées par des auteurs de BD et regroupées de manière thématique, selon le cycle '' poilu '' des saisons, '' les poilus vivant au rythme de la chaleur et du froid, du soleil et de la pluie, de la brume et du vent, du jour et de la nuit. Première été : saison du baptême et du feu. Automnes : saisons ensanglantées, de la mort et du pourrissement. Hivers, saisons de misère, de la froidure et des pieds gelés, saison de l'attente. Printemps, saison à contre-pied, saison du cafard et de la nostalgie. Etés, saison des amours à distance, saison des aveux que l'on n'avait jamais osé exprimer ''.

Une anthologie sur le thème des soldats de la Première guerre mondiale, 15 dessinateurs proposant chacun sa version iconographique des témoignages de Poilus.

Extrait : '' La foi me manque; j'ai une foi stérile et creuse. Elle ne sert pas de moule à ma vie. Elle n'entretient pas une mystique à mes actions. Elle n'éveille qu'occasionnellement ma soumission. Mes nerfs crient et se froissent à certaines imaginations et dans mon chaos, je ne trouve de causes et de raison à mes souffrances que le besoin de jouir et de paraître chez mille qui ne sont point à la peine...Je suis trop sale et j'ai trop de poux. Je ne peux croire que c'est le fumier qui fait la rose et que notre pourriture acceptée par le camp et la tranchée, que notre révolte, que notre douleur feront de la justice ou du bonheur. Et quel égoïsme de dire à son frère : tu mourras pour que je sois heureux ! N'est-ce pas là toute la guerre et ce calcul n'est-il pas le squelette effarant qu'on cache sous les oripeaux d'honneur, de devoir militaire, de sacrifice ? Chaque putain de guerre représente les mille douleurs de celui qui la porte, mille morts de ceux que le combat a fauchés, et les mille jouissances des ventres et des bas-ventres de l'arrière. Voilà ce qu'elle crie cette putain de guerre : Celui qui me porte est un naïf qui croit que les mots cachent des idées, que les idées feront du bonheur, et qui n'a pas vu quelles bacchanales son dévouement derrière le mur formidable des discours, des proclamations, des compliments et de la censure... ( Henri Aimé Gauthé, soldat de 2nd classe, fils de limonadier ). Ajouté 12/11/2018 par Djamal

Paroles de poilus par sous la dir. de Jean-Pierre Guéno et d'Yves Laplume

Publication : EJL . 187 p. 21 cm

Hommage aux véritables acteurs de l'Histoire, tous ces p'tits gars ( et tristes figurants ), victimes d'une hiérarchie militaire incompétente '' qui brillait encore par le culte du sabre et de la baïonnette et par le mépris de l'artillerie lourde ''.

La parole individuelle de ces poilus a le mérite de faire mentir l'histoire officielle véhiculée par les Etats et par la presse qu'ils ont asservis. Le contenu des lettres ( et journaux intimes ) a eu raison des communiqués officiels rédigés pour emballer l'opinion publique, et forger l'âme guerrière des futurs conscrits, et rassurer les mères et les veuves.

Avec cette version librio, '' Paroles de poilus '' a été vendu à plus de 1,5 millions d'exemplaires et fait parti aujourd'hui des programmes scolaires.

Ces lettres fortes et touchantes qui dormaient au sein de leurs archives familiales, racontent une autre guerre parfois très différente des clichés lénifiants de nos manuels d'histoire, et nous font entendre la vérité des mots écrits et prononcés par les parents de nos parents, nous font entendre '' les vibrations de l'âme de chacun en même temps qu'elles nous décrivent les scènes de son martyr '', chacun immortalisant par l'écriture, sensations, émotions, états-d'âmes et cris de détresse. Souffrance et sentiment de révolte devant l'incompétence et le manque d'humanité des états-majors...Poilus sans illusion sur le fondement réel du conflit, comprenant très vite que cette guerre n'avait pas de sens, mais accomplissant leur '' devoir '' avec un courage surhumain.

Aout 1914: la propagande battait déjà son plein et beaucoup d'hommes ordinaires ne s'y laissaient pas prendre et ne comprenaient pas très bien ce qui leur arrivait lorsqu'ils quittèrent soudainement dans l'angoisse leur famille et leur emploi . 8 millions de Français mobilisés dont 2 millions ne revirent jamais le clocher de leur village natal.

Ils avaient 17, 25, 30 ou 40 ans, étaient palefreniers, arpenteurs, boulangers, employés, instits, vachers, chaudronniers, cheminots, facteurs, intellectuels, ouvriers, bourgeois, aristocrates, bourreliers... Cris de l'âme confiés à la plume et au crayon : ils s'appelaient Gaston, Jean, Auguste, Marcel, Louis, Alexandre, Edmond, Martin, Albert, Henri, Roger, René. Témoignages écrits à la hâte, dans le feu de l'action,Paroles de Poilus. Ajouté 12/11/2018 par Djamal

Otto Dix par Eva Karcher

Publication : Flammarion . 96 p. 28 x 22 cm

il a peint les mendiants, les prostituées, les paysages torturés, le sexe et le corps, mais profondément bouleversé par les horreurs de la guerre et sa participation au Conflit ( engagé dans l'artillerie, dans les campagnes, sur le front ouest et en Russie en 17-18 ), le peintre allemand Otto Dix ( 1890-1969 ) utilisera son art expressif / expressionniste ( gravures, eau-fortes, dessins et peintures ) comme moyen de dénonciation de la guerre. Parmi ses oeuvres connues, le joueur de skat, le cul-de-jatte de la rue de Prague, le célèbre tryptique '' la guerre '' .

Otto Dix dessine pendant les combats des croquis, s'installe à Dresde après la Guerre, devient enseignant aux Beaux-Arts, chassé de son poste en 33 par les Nazis, ses oeuvres considérées comme '' dégénérées '', retirées des musées et parfois détruites. Il sera reconnu au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale comme l'un des plus grands artistes de son temps.

En peignant de manière féroce ( et parfois avec humour et grotesque ) la souffrance et le mal de vivre, en étudiant les pulsions de l'âme humaine, l'expressionniste revit ses souvenirs de guerre dans tous leur détails. Ces oeuvres sont ainsi l'expression de vérités éternelles sur l'anéantissement, les souffrances et les tourments de la mort, le traumatisme hantant ses toiles. Peintre aussi '' des plaies sociales et politiques '' que l'histoire laissa à l'Allemagne après l'Armistice.

Ajouté 11/11/2018 par Djamal

Mauvais genre par Chloé Cruchaudet

Publication : Delcourt . 1 vol. (159 p.) 27 x 20 cm

Destin tragique de Paul Grappe devenu Suzanne Landgard, soldat exemplaire puis déserteur. A peine marié, Paul expédié au Front, traumatisé par les horreurs, déserte puis se planque à Paris dans une chambrette avec sa moitié et ne supportant plus l'enfermement, sort en travesti un soir, robe sur talons aiguilles, et pendant 10 ans, dans l'attente d'une amnistie, mènera la vie d'une femme troublante / séduisante ( bien consciente de l'absurdité de la situation ), au risque de se perdre dans l'ambiguité et la confusion des genres...

Paul Grappe entame alors une vie d'excès et d'expérimentations pour oublier, oublier cette putain de guerre, bien conscient de la folie qui rôde.

Voilà l'un des épisodes les plus subversifs jamais entendu sur la Grande Guerre, brassant les questions des traumatismes vécus au front, de l'homosexualité, du genre et de la difficulté des sentiments amoureux. Un événement à dimension politique, social et '' people '' avant l'heure, très bel album aussi, couronné de nombreux prix ( son ambiance, le graphisme et les couleurs...), immersion garantie si vous souhaitez découvrir cette '' drôle '' d'histoire, tragique et bouleversante, adaptée au cinéma sous le titre de '' Nos années folles '' ( André Téchiné ).

Ajouté 10/11/2018 par Djamal