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Kill or be killed par scénario Ed Brubaker

Publication : Delcourt . 1 vol. 29 x 19 cm

Dylan, 28 ans, est un étudiant dépressif. Un soir, après une dispute avec son colocataire, il se jette du haut de son immeuble; Sa chute est amortie par un gros tas de neige. De retour dans sa chambre, il reçoit la visite d'un démon qui lui annonce qu'il devra tuer une personne tous les mois, sous peine de mourir lui-même ! Le récit de Ed Brubaker est accompagné par le dessin de Philipps qui fait preuve d'une puissance et d'une efficacité imparables. Ajouté 29/09/2018 par Pierre

Fief par David Lopez

Publication : Seuil . 1 vol. (251 p.) 21 x 14 cm

251 pages scandées comme du rap avec la puissance du flow et une dose d'énergie qu'on trouve chez les rappeurs à punchline dans la langue de PNL. Avec Lopez, ça cogne ! '' Boxeur-rappeur-sociologue '' et depuis tout jeune, '' écrivain '', Lopez écrit avec ses tripes et des gants de boxe : sa gauche : un master de sociologie, sa droite : un master de création littéraire, sans chercher à faire dans la joliesse, sans chichi ni manières . '' Tu vois Gros, si tu veux écrire, t'as pas besoin de respecter les codes de l'écriture traditionnelle, tu peux les dépasser pour dépasser tes complexes ...surtout après avoir lu Céline ! ...''

Lopez connait bien ce lieu bâtard où vivent ses personnages pour y avoir vécu, la France suburbaine rarement célébrée, '' classe moyenne moyennement classe où tout le monde cherche sa place '' ( Orelsan ) ''. '' Chez nous, il y a trop de bitume pour qu'on soit de vrais campagnards et trop de verdure pour qu'on soit de vrais cailleras ''. Un entre deux identitaires entre ville et campagne où stagnent ses personnages de chômeurs/ dealers '' petit format '', entre séances de fumettes et interminables parties de cartes, où les rares fois que l'on quitte le terroir pour s'aventurer dans des lieux voisins, c'est le '' choc culturel '', sociologiquement lointains....Où quand on a comme Jonas ( le narrateur ) l'étoffe d'un boxeur professionnel, on s'empêche, rétif à l'injonction sociale puisque '' réussir c'est trahir '', où l'on préfère rester dans un entre soi et se contenter de ce que l'on a ( sur sa terre ) dans une forme de désarroi et de servitude volontaire.

A leurs vies empêchées, Lopez insuffle l'énergie d'une écriture orale- syncopée, la langue ( le fief ) qu'ils portent fièrement, puissante et musicale pour exprimer leur façon d'être au monde : la tchatche de Lahuiss pour séduire les filles, Potto la mitraille, pro du rap et de l'insulte et Jonas qui promène son spleen sans mâcher ses mots...

Dans un flow de 200 pages et plus de punchline ! '' Quand ça marque, c'est ça une punchline, ça te met KO et quand on te met KO tu t'en souviens '' ( Booba ). Il faut reconnaître Gros, une fois la lecture terminée ( qu'on apprécie ou pas le style, qu'on accroche ou pas ), que pour tenir ce rythme, il faut du souffle : l'exercice est brillant ! Céline aurait applaudi ( qui dirait '' ça tue, ça poutre, ça dépote grave mon gaillard ! ) ...On respire, un peu sonné comme un bel uppercut reçu en pleine gueule et '' Messire '' Lopez, de retour sur son fief, à cultiver sa langue, peut se reposer sur sa belle victoire, auréolé d'un prix et d'une gloire toute récente...

'' On sort de la rue piétonne pour déboucher sur une autre, il y a des terrasses de restaurant. A notre passage on nous observe. Faut dire qu'on fait du bruit. Romain est colérique, Poto et Miskine parlent fort quand ils lui disent de fermer sa gueule. Habib rit comme une hyène tandis que Ixe doit hurler pour faire entendre ses blagues toutes flinguées qui nous fait marrer quand même. Je demande à Sucré, Sucré, comment ça se fait que par exemple si je creuse pour aller en Chine ou en Australie ou je sais pas où, bref juste en dessous quoi, il me coupe et dit ouais, ou au Pakistan, et je dis oui bref tu vois ce que je veux dire, et il fait ouais, ou bien aux Philippines, et je dis non on s'en fout en fait admettons que je creuse tout droit tu vois, peu importe où ça mène, et il fait ouais, mais ça s'trouve tu vas arriver en pleine mer, et il rigole, et je dis mais putain t'es relou j'ai une vraie question à poser gros, et je fais semblant de lui envoyer une combinaison gauche droite crochet au corps. Il dit bah vas-y et je dis donc, si je creuse pour aller en Chine, t'es bien d'accord que je vais creuser vers le bas, t'es d'accord, il dit ouais, et je dis alors quand je vais arriver en Chine, je vais sortir de sous terre, donc je vais creuser vers le haut. Il y a un silence. J'ai fait des gestes explicites, genre je tiens une pelle dans les mains et je creuse vers le bas d'abord, vers le haut ensuite. On se regarde, et je demande, à quel moment je me retourne en fait ? Carrément il s'arrête de marcher pour réfléchir et Romain lui rentre dedans, bah alors Sucré qu'est-ce qui te prend de piler comme ça dans la rue quand tu marches, et puis il avance et il passe son bras autour des épaules de Poto, ce soir on va choper des meufs ouais, et Poto lui répond mais vas-y wesh t'es bourré, si y a des meufs viens pas les voir avec tu vas m'afficher ''...

Ajouté 22/09/2018 par Djamal

La rentrée n'aura pas lieu par Stéphane Benhamou

Publication : Don Quichotte éditions . 1 vol. (169 p.) 21 x 14 cm

Alors que Bison Futé prévoyait des journées noires sur les routes, quelque chose s'est déréglée dans la mécanique de rentrée des congés : le dernier week-end d'Août, 11 millions de Français ( et des centaines de milliers de fonctionnaires ) ont décidé avec un certain nonchaloir, sans préavis ni concertation, que pour eux la rentrée n'aurait pas lieu...De quoi titiller les Pouvoirs ! La '' Technostructure '' n'apprécie pas le changement et encore moins la désertion, surtout les adeptes de l'employabilité qui '' après avoir crû forger l'employé modèle, se retrouvent orphelins de ressources enthousiastes, flexibles, adaptables, polyvalentes, évolutives ''...11 Millions de squatteurs, de planqués, de tire-au-flanc, de tire-au-cul évanouis dans la nature ... entassés dans le Sud...

On s'énerve ( actifs et '' Rentrés '' ), l'extrême droite éructe, on convoque fissa fissa une kyrielle d'experts en ressources humaines et psychologie du travail pour comprendre l'étrange phénomène et l'on charge un petit fonctionnaire du Ministère des Transports ( un plumitif s'occupant de l'information sur les autoroutes ), Michel Chabon, loyal et compétent, de parcourir les chemins du Sud pour comprendre de quelle étrange épidémie ce nouveau peuple sécessionniste est frappé pour vouloir qu'on les oublie un peu...apprenant que le village de Moustiers, l'un des hauts lieux de résidence des aoûtiens ( devenue une ZAD ) serait l'épicentre de cette crise à l'allure de '' Révolution silencieuse ''... Avec cette mise en garde de la châtelaine de Moustiers, épouse de ministre, observant plus recluse que jamais depuis sa forteresse, la '' canaille '' et reprenant les sombres paroles de Madame Julien à son fils, prononcées durant La Terreur : '' Mon cher, mon bon ami, les loups ont toujours dévoré les moutons ; les moutons vont-ils cette fois dévorer les loups ? ''...

Histoire anxiogène ? La France en crise a peur en Septembre, comme elle a eu peur en 68, tendue comme une corde de violon... Et si une telle histoire, gentiment subversive se réalisait un jour ? L'auteur s'en amuse et sur un ton léger et une approche originale, quasi documentaire pose quelques questions sur le sujet central du livre : la question du travail ... Ajouté 21/09/2018 par Djamal

Le Sens de la fête par Eric Toledano, Olivier Nakache, réal.

Publication : Gaumont . 1 DVD vidéo (1h 56 min) 24

Un rôle en or pour l'éternel grincheux du cinéma français qui fait bien rire l'assistance en généreux traiteur et organisateur d'un mariage tournant rapidement au désastre dans un château du 17è siècle. Echanges hilarants entre un grognard dépassé, quelques personnages pittoresques et une petite bande de bras cassés aussi attachants. Chanteur ringard, mari tête à claques, photographe lourdingue, beau-frère dépressif...ça déborde, ça frétille, ça fulmine ! Mais c'est aussi une belle histoire de solidarité, pleine de tendresse, d'humanité et la dessus, la trombine de Bacri à faire la fête dans ce mariage d'enfer vaut bien le détour ... Ajouté 15/09/2018 par Djamal

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La daronne par Hannelore Cayre

Publication : Points . 1 vol. (176 p.) 18 x 11 cm

Patience Hortefeux, ménagère de 53 ans ( veuve, le sens de la formule et un quintal de shit dans sa cave récupéré d'un Go fast ) est depuis une vingtaine d'années interprète judiciaire pour la brigade des stups. Elle bosse au noir ( ! ) pour la Justice ( ! ), à l'écoute des conversations téléphoniques en arabe entre dealers : le deal et le shit pour elle n'ont plus de secret. Mais les temps sont durs pour Patience qui dans son petit trois pièces de Belleville doit payer l'Ephad de maman après s'être saignée pour ses filles ... Elle voudrait mettre du beurre dans ses épinards. Que croyez-vous qu'elle fit le jour où une cargaison se perdit à la sortie d'une autoroute ? Petite entorse à la morale ? La belle occasion de se faire du '' Gros Argent ''... bientôt affublée d'une tenue de '' blédarde chic '', en respectable femme d'affaires maghrébine ( elle pose sur la couverture ), la voici prête ( entre deux pétards et deux sacs Tati ) à fracasser les murs comme de la très grosse racaille : Patience Hortefeux devient '' La Daronne ''... farouche, poilante, euphorisante et l'ironie féroce. La Daronne se lâche, cash et tranchante : trafiquants, religion et justice en prennent pour leur grade dans cet excellent polar. Grand prix de littérature policière 2017.

'' Quatorze millions d'expérimentateurs de cannabis en France et huit cent mille cultivateurs au Maroc. Les deux pays sont amis et pourtant ces gamins dont j'écoutais à longueur de journées les marchandages purgeaient de lourdes peines de prison pour avoir vendu leur shit aux gosses des flics qui les poursuivent, à ceux des magistrats qui les jugent ainsi qu'à tous les avocats qui les défendent. Du coup ils devenaient amers et haineux. On ne m'enlèvera pas de l'esprit que cette débauche de moyens, cet acharnement à vider à la petite cuillère la mer de shit qui inonde la France, est avant tout un outil de contrôle des populations en ce qu'elle permet de vérifier l'identité des Arabes et des Noirs dix fois par jour. Quoi qu'il en soit le trafic de stups m'a fait vivre pendant 25 ans au même titre que les milliers de fonctionnaires chargés de son éradication ainsi que les nombreuses familles qui sans cet argent n'auraient que les prestations sociales pour se nourrir. Même aux Etats-Unis, en matière de dépénalisation, on était moins con que chez nous, et c'est pour dire. On y vidait les prisons pour laisser de la place aux vrais criminels. Tolérance zéro, réflexion zéro, voilà la politique en matière de stupéfiants pratiquée dans mon pays pourtant dirigé par des premiers de la classe. Mais heureusement, on a le terroir...Etre cuit du matin au soir, ça au moins c'est autorisé. Tant pis pour les musulmans, ils n'ont qu'à picoler comme tout le monde s'ils ont envie de s'embellir de l'intérieur. Et je ressentirais de la culpabilité ? quelle blague ! ''...

Ajouté 11/09/2018 par Djamal

Ces jours qui disparaissent par Timothé Le Boucher

Publication : Glénat . 1 vol. (192 p.) 28 x 21 cm

Le personnage, Lubin Maréchal , jeune acrobate d'une vingtaine d'années, se rend compte chaque matin à son réveil qu'une journée entière s'est écoulée sans en avoir le moindre souvenir comme s'il vivait un jour sur deux et durant cette absence, un double différent, plus pragmatique et ambitieux ( plus chiant aussi ) attiré par le gain et la réussite, voudra dominer la personnalité originelle au risque de la faire disparaître...

Qui de '' l'artiste '' ou de '' l'homme d'affaires '' ( disons la passion ou l'argent ) survivra dans cette histoire de dissociation identitaire ? Deux visions s'affrontent ou comment l'usage de la métaphore par l'auteur est un moyen au-delà du fantastique de parler de la difficulté de vivre du métier de la bande dessinée, une manière de s'interroger sur la rentabilisation de l'art. Que feriez-vous si vous ne pouviez vivre de votre passion ? La BD par exemple, profession ( bien connue ) de créateurs privilégiés ( précarisés ) ? Peut-on vivre de son art ou doit-on exercer en parallèle un autre métier ? L'auteur, Timothé Le Boucher ( deux albums publiés depuis l'Ecole des Beaux-Arts d'Angoulême ) s'était posé la question à l'issue de ses études d'art. Ces deux possibles ( l'idéal et le pragmatique ) lui ont inspiré l'idée du personnage vivant un jour sur deux pour témoigner d' une réalité très éloignée des clichés du bédéaste souvent perçu comme un chanceux passant sa journée à illustrer des histoires. Or, selon les Etats généraux de la BD tenus en 2016, plus de la moitié de la '' confrérie des bédéastes '' toucherait moins du Smic tandis qu'un tiers ramerait sous le seuil de pauvreté... Ajouté 04/09/2018 par Djamal

Ceux qui restent par Lupano

Publication : Dargaud . 1 vol. (56 p.) 30 x 23 cm

Un road-movie, des secrets de famille et le rêve de toujours vouloir changer le monde...Trois vieillards amis d'enfance ( deux siècles à eux trois ! ), unis par un secret bien gardé, se retrouvent à l'occasion d'un enterrement : un anar explosif ( Pierrot ), un gros nounours tatoué ( Mimile ) et un jaloux incandescent, ex-délégué syndicaliste ( Antoine )... En guest star, une jeune mignonette bouillonnante ( Sophie, enceinte, la plus raisonnable de la bande), s'ajoutera au trio, bientôt embarqués dans une folle équipée lors qu' Antoine entreprendra sur un coup de sang d'exécuter son ancien patron après avoir découvert quelques gambades et batifolages entre celui-ci et sa défunte épouse... 25 ans plus tôt...Dans un genre de délire '' rétro-jaloux '' ! Après tout il n'y a pas d'âge pour commettre un crime passionnel...Sera-t-il forcé l'Ancêtre par sa '' gracieuse '' fille de renoncer à son mortel projet ? Plus qu'une simple comédie en mode '' road-movie '' vers la Toscane à la poursuite d'Antoine, une piquante comédie sociale racontant, en creux, sur un mode tragi-comique ( enjolivé de dialogues poivrés à la Audiard ) l'écroulement de nôtre société et ses bouleversements depuis 50 ans. Nos lascars ( un pied dans le passé, l'autre vers un avenir inquiétant ) voudraient '' redresser la barre '' et puisque '' vieillir est le seul moyen de ne pas mourir '', il leur reste encore du temps pour emmerder le système le plus longtemps possible...Papys anars '' vénères '' en mode '' lutte des classes '', libidos portés sur la subversion ! Volume 5 bientôt disponible chez vos libraires ; actuellement projetés en salle ( avec Pierre Richard, Eddy Mitchell, Roland Giraud et la donzelle Alice Pol ), en comédie de fin d'été... Ajouté 01/09/2018 par Djamal

Les deux vies de Baudouin par scénario & dessin Fabien Toulmé

Publication : Delcourt . 1 vol. (268 p.) 27 x 20 cm

Mr Baudouin passerait-il à côté de sa vie ?...D'une Platitude !...Ce trentenaire à la gueule d'intello, pas très sexy, juriste dans une grande entreprise pourrait être heureux, censé avoir tout pour lui, comme son frère, épicurien, séducteur, voyageur...( ce qu'il n'est pas ). Hélas ! l'homme est bouffé par l'ennui, sa vie sentimentale frôle le zéro tandis qu'il a ce rêve depuis longtemps d'être musicien...Comment faire ? A quel moment sauter le pas ? Si l'on ajoute que Mr Baudouin est atteint d'une tumeur qui lui laisse quelques mois à vivre, voilà peut-être une occasion de rattraper le temps perdu ! ...Tout plaquer par exemple et partir en Afrique avec le frère.....Belle histoire d'amour fraternel avant tout et réflexion sur le sens de la vie, '' Les deux vies de Bédouin '' ( une leçon de vie ) séduit par son humour et la justesse de ses dialogues : '' On a deux vies et la deuxième commence quand on se rend compte que l'on en a qu'une ''. Alors Mr Baudouin...Carpe Diem ! Ajouté 31/08/2018 par Djamal

Entrez dans la danse par Jean Teulé

Publication : Julliard . 1 vol. (158 p.) 21 x 14 cm

Strasbourg 1518. Une épidémie de danse s'empare de la population, entraînant avec elle les misérables strasbourgeois ( et strasbourgeoises ) dans une démence sans précédent. Cet été, des affamés, des épuisés, des rongés par les remords ( on mange ce qui reste : nourrissons, nouveau-nés et petite enfance ), n'ont plus d'espoir. Les autorités sont vite dépassés et rien ni personne ne semble pouvoir arrêter ce fléau. Qu'adviendra-t-il de la plèbe strasbourgeoise qui déjà angoisse à l'annonce d'une envisageable invasion turque ? Style '' surprenant '', je découvre l'auteur et son écriture, farcie d'expression populaires ( comme on dit '' fleuri '' ) et d'humour contemporain : techno-parade ou rave party ( au 16èm siècle ) pour dire farandole ! Un lecteur de Teulé m'a conseillée parmi ses '' merveilles '' ( à dévorer me dit-il ! ): Charly 9 ( la Saint-Barthélémy ), Mangez-le si vous voulez ( le lynchage d'un homme par la foule en 1870 pendant la guerre franco-prussienne ), Fleur de Tonnerre ( une sérial-killer bretonne sous le Second-Empire ) et d'autres joyeusetés ! Quelques joliesses à l'occasion. Ajouté 31/08/2018 par Tamara

L'amour après par Marceline Loridan-Ivens

Publication : Grasset . 1 vol. (156 p.) 21 x 13 cm

Beau récit avec des anecdotes qui font passer du rire aux larmes. Ajouté 29/08/2018 par Sacha

Le Sens de la fête par Eric Toledano, Olivier Nakache, réal.

Publication : Gaumont . 1 DVD vidéo (1h 56 min) 24

Max est traiteur depuis 30 ans. Il a organisé des centaines de fêtes. Aujourd’hui il organise le mariage de Pierre et Héléna dans un château du 17ème siècle. Comme d'habitude, il a tout coordonné, a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l'orchestre, arrangé la décoration florale. Tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie... Mais la loi des séries va venir bouleverser la fête. Jusqu’à l'aube, nous allons vivre les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et qui devront compter sur leur unique qualité commune : Le sens de la fête. Un film choral drôle et rythmé. Les acteurs jouent leur partition à merveille. Une comédie à ne pas rater ! Ajouté 24/08/2018 par Sarah

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Les Ducon & Ducon par Tronchet

Publication : Fluide glacial . 1 vol. (48 p.) 30 x 23 cm

Qu'est-ce-que la connerie ? La décontraction de l'intelligence et que peuvent bien raconter ces deux cons magnifiques que sont les Ducon et Ducon ? Deux cons sublimes, amis explorateurs et professionnels de la bêtise humaine qui ne s'épuisent jamais...'' Hé ! c'est peut-être pas si con d'être con...quand t'y réfléchis ! ''....Sympathique voyage au centre de la connerie pure.... Ajouté 23/08/2018 par Djamal

La saga de Grimr par Jérémie Moreau

Publication : Delcourt . 1 vol. (231 p.) 27 x 21 cm

Comment dans l'Islande du XVIIIèm siècle crevant de faim, enfoncée dans la misère après catastrophes naturelles, sous domination danoise et saignée par celle-ci, comment dans cette île aussi indomptable et sauvage que son personnage, qui ne croit qu'en la force de la tradition et de la famille, l'orphelin Grimr Enginsson ( '' fils de personne '' ), confronté à l'ignorance et la superstition crasse de ses compatriotes, aux épreuves qui le conduiront à une condamnation à mort, construira sa légende avec la force quasi-surhumaine d'un Troll...Quête initiatique et cruelle... Dans les paysages silencieux des hauts-plateaux, secs et uniques d'Islande, au pays des volcans, sublimé par les aquarelles de Moreau, pour qui ne craint d'avoir les pieds trempés et les mains glacées, errez avec Grimr parmi les lacs et les rochers noyers dans les brouillards, sous les regards bienveillants ( ou indifférents ) des Elfes... Prix Fauve d'Or au Festival d'Avignon... Ajouté 21/08/2018 par Djamal

L'été en pente douce par scénario Pierre Pelot

Publication : Fluide glacial . 1 vol. (110 p.) 32 x 25 cm

Le jour de l'enterrement de sa mère, Fane débarque dans son village natal avec la belle Lilas, une jeune ingénue au charme irrésistible. L'arrivée de ce duo trouble Mo, le frère de Fane, simple d'esprit, et attise surtout la jalousie, la convoitise et la haine de certains habitants, en particulier le couple de garagistes Voke qui voudraient racheter la maison .... Jean-Christophe Chauzy revisite le roman d'origine publié par Pierre Pelot en 1980, adapté au cinéma en 87 ( avec Jean-Pierre Bacri, Pauline Lafont et Jacques Villeret ). Une histoire dérangeante servie par un dessin à l'aquarelle qui en intensifie la charge érotique. L'été en pente douce : canicule en bulles... Ajouté 18/08/2018 par Djamal

Moonrise Kingdom par Wes Anderson, réal.

Publication : Studio Canal . 1 DVD vidéo (1h34 min) 24

La sortie en salle du dernier film de Wes Anderson « L’île aux chiens », nous a donné envie de présenter un autre « petit bijou » du réalisateur sorti en 2012. Moorise Kingdom se déroule dans les années 60 sur une petite île au large de la Nouvelle-Angleterre et raconte la fugue de deux jeunes amoureux, Sam et Suzy. Leur disparition va semer la panique dans de la petite communauté, nous laissant découvrir une galerie de personnages tragi-comiques. Le réalisateur s’amuse à confronter deux mondes : celui de l’enfance à celui des adultes (bien plus immatures) La mise en scène soignée et nostalgique, notamment par sa bande-son, nous invite à découvrir le paradis perdu de l’Amérique des sixties. A découvrir absolument…. Ajouté 02/08/2018 par Laura

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Et si l'amour c'était aimer ? par Fabcaro

Publication : 6 pieds sous terre . 1 vol. 28 x 21 cm

Sandrine et Henri s’aiment passionnément, pour eux la vie de couple est un émerveillement quotidien mais tout bascule le jour où Sandrine rencontre un livreur de macédoine, le ténébreux Michel… Après le succès de Zai, Zai, Zai, Zai paru en 2015, où il se moquait de la société de consommation, Fabcaro s’en prend cette fois-ci à l’amour et au couple. En digne héritier de Gotlib, il nous livre une parodie de roman-photo complètement absurde et hilarante. Les phrases sont souvent en total décalage avec les images qui semblent sortir tout droit d’un épisode des « Feux de l’amour ». Si vous vous demandez «  La passion n'est-elle pas qu'une feuille morte emportée par une brise d'automne ?  » ou «  L'Arc-en-ciel des sentiments ne finit-il pas toujours par disparaître derrière le nuage de la réalité ? » et que vous aimez la macédoine, cette bande-dessinée est faites pour vous !

Ajouté 02/08/2018 par Laura

Le dernier voeu par Andrzej Sapkowski

Publication : Milady . 1 vol. (381 p.) 18 x 11 cm

Dans ce livre, plusieurs nouvelles enchâssées dans une trame globale intitulée "La voix de la raison", relatent diverses aventures du sorceleur. Individu hautement intéressant, loin des traditionnels héros, le sorceleur possède un statut ambigu de paria indispensable qui forme tout l'intérêt de l'univers créé par Andrzej Sapkowski. Les influences de contes populaires sont bien présentes .

Outre le personnage principal, l'univers, qui semble vaste et cohérent, est ici dépeint d'une manière qui incite à continuer la lecture dans les autres tomes : pas d'intrigues trop complexes, pas de situations incompréhensibles pour qui n'aurait pas déjà une sérieuse connaissance des arcanes, bref, une fluidité et une clarté appréciables, que les lecteurs occasionnels ou assidus sauront apprécier.

Cette série va être adaptée sur la chaine Netflix en 2019. Ajouté 01/08/2018 par Pierre

Sous les pavés la plage par [textes], Jean-François Bizot, Daniel Cohn-Bendit, Jean Daniel... [et al.]

Publication : la Sirène . 127 p. 29 cm

Mai 68 vu par Gilles Caron ( 1939-1970 ), commenté par 16 témoins privilégiés ( artistes, écrivains, intellectuels, journalistes , chacun son histoire pour une histoire polyphonique ), photographiant ( en noir et blanc ) la plus grande grève générale que la France ait connue. Depuis la fac de Nanterre pour s'étendre au monde étudiant puis toucher le monde ouvrier. Images de révoltes et de fête contre un pouvoir gaulliste qui chancellera pendant le mois, quand la jeunesse coincée contre les vieilles morales s'est révoltée contre l'ordre conservateur de la France paternelle, autoritaire, pompidolienne de la Vème République. Société corsetée, figée dans un machisme ordinaire ; elle bouillonnera d'envie de faire sauter les carcans.

Caron photographie et immortalise les formes de l'insurrection, la mise en danger de l'ordre républicain : barricades au Quartier Latin, lancés de pavés, charges de CRS, coups de matraques, ambiance de guérilla urbaine, manifs qui dégénèrent, saccage de l'espace public, batailles rangées avec les forces de l'ordre....restituant le bruit et la fureur dans une ville en état de siège. Amphithéâtres enfumés et occupés où la parole se libère pour débattre de tout. Euphorie de la grève générale paralysant l'activité économique avant la réaction conservatrice par l'immense contre manifestation gaulliste ( le 30 Mai ).... Visage de De Gaulle en icône fanée vieillissante, sur le départ ( '' 10 ans, ça suffit ! '' clament les étudiants ), dépassé par les évènements et doutant sur l'avenir. Meeting de Charlety ( le 27 ) où la gauche traditionnelle voit dans le désarroi du pouvoir l'opportunité ( ratée ) de le prendre. Elle a tenté en vain de récupérer le mouvement : Mitterrand annoncera sa candidature à l'élection présidentielle....

Crise étudiante, crise sociale, crise politique avant le retour à '' l'ordre '' quand triomphera la vague bleue gaulliste après les élections législatives de juin, choisie par la France '' silencieuse '' et conservatrice qui a eu peur du '' désordre ''. Après l'ivresse de la Marseillaise autour du soldat inconnu ( et la dissolution des groupuscules d'extrême gauche ), photo d'une piscine archi pleine, au lendemain des manifs, après les pénuries d'essence et la grève des éboueurs : les Français abasourdis ont exprimé leur malaise et leur ras-le-bol dans les urnes. Les pompes à essence réapprovisionnées, les voilà partir massivement pour le week-end de Pentecôte...changer d'air

Gilles Caron est la mémoire visuelle de cette époque, considéré comme la figure emblématique des photoreporters couvrant cette période ( voir même comme le photographe de Mai 68 ). Le célèbre photographe de guerre ( des Six jours, 67, Viet-Nam, Biafra 68, Irlande du Nord et Printemps de Prague 69 ), fige ici, la révolte et sa brutalité à travers un corpus d'images médiatiques les plus connues qui feront le tour du monde pour confiner au mythe. On retient souvent de Mai 68 ces photos dont certaines deviendront des icônes ( le sourire espiègle de Cohn Bendit face à un CRS; Caron en fera la figure de proue du mouvement, le lanceur de pavé anonyme - figure exprimant toutes les variations de la révolte - ou le slogan '' sous les pavés la plage '' ). C'est justement grâce à ( ou à cause de ) ses clichés que nous avons en mémoire...ses clichés ( de pavés et de barricades, d'évènements réduits à leur dimension étudiante, comme la concentration-invitation de quelques vedettes qui ont fait oublier la diversité des profils impliquées : qui connait le philosophe Robert Linhart et le mouvement des '' établis '', intellos de la gauche prolétarienne qui allaient trimer dans les usines pour préparer la révolte ? ). Images figées, récit solidifié à force d'avoir été raconté de la même manière avec ses lieux communs.... L'ouvrage rappelle néanmoins toute l'importance de l'image dans l'Histoire pour dire que si Mai 68 existe, il existe d'abord par l'image qui a façonné nos représentations de l'évènement.

Ajouté 07/07/2018

This is us par John Requa, Glenn Ficarra, Ken Olin, George Tillman Jr., Craig Zisk, Silas Howard, réal.

Publication : 20th Century Fox . 5 DVD vidéo (18 x 41 min) 24

"This is us" nous propose une fresque de personnages sur trois générations en forme d'album de famille. On y découvre en flashback, des années 80 à aujourd'hui, Jack et Rebecca Pearson, les parents, Kate, Randall et Kévin, les enfants, et tous ceux qui ont croisé leurs chemins. Cette série a pour ambition de nous narrer la vie des gens, simple et compliquée à la fois. L'amour, l'amitié, la fratrie, les secrets de famille, les joies et les chagrins en sont les ingrédients. Ceux-là même qui nous émeuvent. Du premier au dix-huitième épisode, les personnages sont attachants. Leur portrait est vrai, subtil et touchant. Un casting et un scénario impeccables! Ajouté 04/07/2018 par Marie

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Carnets d'Orient par Jacques Ferrandez

Publication : Casterman . 1 vol. (365 p.) 26 x 19 cm

La grande fresque de l'enchanteur Ferrandez sur l'Algérie coloniale ( 1836-1962 ) à travers le destin, l'itinéraire personnel de personnages anonymes. Au temps de l'Algérie française quand les Algériens n'étaient pas Français ! Premier cycle regroupant les tomes 1 à 5 ( sur 10 ), '' le Cimetiere des Princesses '' ( vol 5 ) s'achevant en 54 . Souci du détail, documentation remarquable, rebondissements historiques, récits haut en couleurs, réflexions populaires et lumière du Sud.... Intense et passionnant ! Chef-d'oeuvre incontournable pour une histoire qui puise aussi dans la mémoire familiale de l'auteur. Préface de Jean Daniel ( autre '' fils du Sud '' né en 1920 ) pour qui Delacroix plane sur ces carnets !...A savourer... Ajouté 04/07/2018 par Djamal

Star trip par Eric Senabre

Publication : Didier Jeunesse . 1 vol. (264 p.) 22 x 15 cm

Avec son héroïne vive et spontanée, l’auteur nous entraine dans un « road trip » sur les routes poussiéreuses de l’Amérique où l’on croise des personnages hauts en couleurs et de nombreuses références à la culture américaine et anglo-saxonne qui donnent à ce livre un ton à la fois drôle et réaliste.

Ajouté 04/07/2018 par Sacha

Les petites reines par Clémentine Beauvais

Publication : Ed. Sarbacane . 1 vol. (270 p.) 22 x 14 cm

Que faire quand on est élue « boudin », pour la troisième année consécutive ? Qui plus est par son ancien meilleur ami. Déprimer ? Pas question pour Mireille, adolescente à la langue bien pendue et à l’humour ravageur. Accompagnée de ses nouvelles amies, Astrid et Hakima, elle décide de se rendre au palais de l’Élysée... à vélo ! A travers ces trois personnages aux caractères bien trempés, l’auteur nous entraîne dans un périple haut en couleur, où les répliques fusent et les rencontres s’avèrent surprenantes ! Originales, fonceuses et attachantes, ces petites reines nous tiennent en haleine jusqu’au bout.. Ajouté 04/07/2018 par Sacha

Les Proies par Sofia Coppola, réal.

Publication : Universal . 1 DVD vidéo (1h 33 min) 24

Pour ce nouveau film, Sofia Coppola a décidé d’adapter le roman « Les Proies » de Thomas P. Cullinan, qui avait déjà été porté à l’écran en 1971 avec Clint Eastwood dans le rôle du caporal. Cependant la réalisatrice a choisi de donner plus d’importance aux femmes et de ne pas se contenter du point de vue masculin, ce qui apporte un nouveau regard sur la psychologie des personnages. Ajouté 04/07/2018 par Sacha

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L'affaire Furtif par Sylvain Prudhomme

Publication : Gallimard . 1 vol. (125 p.) 19 x 14 cm

Dans ce roman l’auteur, Sylvain Prudhomme nous raconte l’histoire d’un voilier en cavale. Une poignée d’hommes et de femmes originaux, débarque dans un archipel de l’Atlantique Sud, sans aucune autre présence humaine. Ce choix de partir vivre dans l’Antarctique, dans ce chapelet d’îles, a été fait pour y prendre un nouveau départ. Le rêve d’une nouvelle vie, d’une vraie vie. Une histoire très intense, délirante, burlesque et pleine de poésie. Sylvain Prudhomme fait une description très détaillée sur les algues qui entourent ces îles si mystérieuses. A travers ce roman, nous avons l’impression de participer à cette incroyable expédition. Un vrai suspens du début à la fin. Ajouté 03/07/2018 par Térésa

Le pouvoir par Naomi Alderman

Publication : Calmann-Lévy . 1 vol. (393 p.) 22 x 14 cm

Que se passerait-il si les femmes prenaient le pouvoir ? Naomi Alderman, dans cet intriguant roman de fiction spéculative, apporte une réponse. Car un jour, les femmes découvrent qu’elles peuvent envoyer des décharges électriques à volonté, et donc se défendre envers les violences qu’on leur fait subir… mais aussi attaquer. Désormais, ce sont elles qui ont le pouvoir, et elles sont bien décidées à l’utiliser afin de recréer le monde à leur façon. Feront-elles mieux que les hommes ? À travers le destin de quatre personnages, dont Mère Eve créatrice d’une nouvelle religion, l’auteure nous emmène dans un univers incroyablement riche où les rôles traditionnels sont inversés, et questionnés avec beaucoup de justesse. Ajouté 30/06/2018 par Lucile

De nos frères blessés par Joseph Andras

Publication : Actes Sud . 1 vol. (139 p.) 22 x 12 cm

En 57, la violence aveugle frappe les têtes et les ventres au hasard à Alger. Les premiers attentats revendiqués par le FLN mettent la ville à cran. Le fossé se creuse entre communautés...Fernand Iveton, militant communiste engagé dans les réseaux pro-FLN, a été arrêté après avoir posé une bombe dans son usine à gaz, à proximité toutefois, loin des ouvriers, dans un local vide, pour ne pas faire de victimes. Le geste est symbolique, du sabotage en somme : Fernand n'est pas un meurtrier mais un '' combattant '' qui condamne la violence aveugle et veut prouver par son action que tous les Européens d'Algérie ne sont pas anti-Arabes. Héros pour le FLN, traître pour l'opinion publique...La bombe n'a pas explosée, désamorcée...Arrestation, prison, torture, tribunal militaire : on s'apprête à juger un félon qui encourt la peine de mort...tandis que ses avocats tenteront d'obtenir la grâce auprès du président René Coty.

Mais qui se souvient de Fernand Iveton, Pied-Noir typique ( père français, mère espagnole ), né à Alger en 26, guillotiné pour l'exemple en 57 ? D'après les propos d'un ancien ministre ( Roland Dumas ), un certain François Mitterrand, alors ministre de la justice ( qui examinait les recours en grâce et procédait au vote ) avait tenu à abolir la peine de mort pour '' se racheter '' une fois arrivé au pouvoir en 81, de ses décisions prises pendant la Guerre, dont celle d'avoir participé à l'exécution d'Iveton...Et dans son récit documenté nourri de l'enquête du journaliste Jean-Luc-Einaudi, l'auteur précise que celui-ci n'aura rencontré au cours de ses recherches que le '' silence de l'Etat ''...

'' L'affaire Iveton '' est donc une histoire qui reste à écrire, Iveton qui, malgré son souci de ne pas faire de victimes, sera le seul Européen guillotiné ( pour l'exemple ) par l'Etat, durant la Guerre d'Algérie.

L'écriture devient pour l'auteur le moyen de rendre justice à l'homme quand la justice s'est montrée indigne face à l'arbitraire et la parodie, face à l'absence d'instruction préalable à l'affaire...condamné par le Tribunal militaire à la peine capitale au motif qu'il avait voulu faire sauter Alger ( histoire de mobiliser l'opinion '' Pieds-noir '' ). L'auteur raconte ainsi, sous une forme haletante et rythmée, la mise à mort rapide du militant et revient sur la vie et le parcours d'un homme simple, d'un idéaliste algérien ( comme il se définissait ) qui aima cette terre, la sienne, qu'il voulut pour tous. Le courage exceptionnel d'un héros modeste et clairvoyant ( mort à 30 ans ), imprégné d'un idéal communiste qui l'aura conduit à la lutte anticolonialiste et à l'adhésion du FLN. '' La vie d'un homme, la mienne, ne compte pas. Ce qui compte, c'est l'Algérie, son avenir...''. Paroles laissées comme un message aux générations qui vivront l'Algérie indépendante.

Prix Goncourt du 1er roman 2016, distinction déclinée par l'écrivain car pour lui '' la compétition, la concurrence et la rivalité sont des notions étrangères à l'écriture et la création ''...Mais ceci est une autre histoire...

'' Fernand n'aspire qu'à une seule chose, que l'Algérie finisse par reconnaître chacun de ses enfants d'où qu'ils viennent, qu'importe, arabe, berbère, juif, italien, espagnol, maltais, français, allemand...Des millions de gens sont nés sur cette terre et quelques possédants, quelques petits barons sans foi ni loi, régentent le pays avec l'aval, et même l'appui des gouvernements successifs : il faut en finir avec ce système, débarrasser l'Algérie de ces roitelets et fonder un nouveau régime sur une base populaire, celle des travailleurs arabes et européens, ensemble, les gens modestes, les petites et les modiques de toutes les races pour mettre à bas les voyous qui les rançonnent et les oppriment. Le grand-père se gausse : voilà qu'il reprend ses lubies de communiste, l'écoutez pas mademoiselle Hélène, l'écoutez pas, c'est la mer en crue quand il s'y met et toutes les digues s'effondrent...''

Ajouté 29/06/2018 par Djamal

Le Déserteur par Maurienne

Publication : Manya . 95 p. 21 x 13 cm

En 57, dans une caserne où les soldats évitent de parler politique, trois appelés sur le point de partir en Algérie prennent position en refusant de s'engager dans une guerre sans nom qui ne dit pas son nom. Un drame de conscience dans une guerre qui détruit moralement. Contre la torture, la '' corvée de bois '', les exécutions sommaires et le mépris de '' l'Arabe '', '' l'Arabe '' que l'armée parque dans des camps d'internement et de regroupement. Ces trois-là auraient voulu que leurs '' camarades '' les suivent, persuadés de la légitimité des revendications des combattants algériens. Ces trois-là ( Jean, le narrateur, communiste '' contestataire '' et fils de Résistant, Alain, chrétien progressiste et Bernard, vaguement anar ( histoire de montrer que la '' gauche '' dans son ensemble ne pouvait être que révoltée par la '' pacification '' menée par les '' socialistes '' au pouvoir ), choisiront, après mûre réflexion, la désertion '' engagée '' ( une action '' totale '' ) et la liberté ( plutôt que de pourrir en prison ou au bagne, dans le désert algérien ), en accord avec leur conscience.

Deux rencontres décisives ( un jeune algérien qui le sensibilisera lors d'un stage de théâtre à la tragédie de son peuple et un docteur pro-FLN ), finiront par convaincre Jean d' intégrer un réseau clandestin actif pro-FLN de soutien aux indépendantistes, en aidant les algériens sans papiers, traqués par la police, à franchir la frontière...

Publié en 60 aux Editions de Minuit, le Déserteur, récit autobiographique d'un itinéraire affectif et intellectuel d'un insoumis, fut aussitôt interdit et frappé de saisis ...et aussitôt lu et propagé sous le manteau par le milieu étudiant. Ouvrage emblématique pour avoir, le premier, expliquer et justifier la désertion pendant la Guerre d'Algérie et attirer l'attention sur le sort des 15000 insoumis et objecteurs de conscience ( sur les 1 200 000 appelés, d'après l'historien spécialiste de la question, Tramor Quémeneur ). On comptera ainsi 23 ouvrages de l'éditeur saisis entre 57 et 62, aux côtés de '' La Question '' d'Henri Alleg , '' Notre Guerre '' de Francis Jeanson, le '' Refus '' de Maschino ou '' Le désert à l'aube ( Noel Favrelière ), qui inspirera le film '' Avoir 20 ans dans les Aurès (1972 ).

Un Déserteur très instructif sur le désarroi de ces jeunes politiquement engagés ( à gauche ) mais désorientés par une gauche divisée ( à côté d'une extrême gauche naissante ) : entre un Parti Communiste jugé depuis la Guerre Froide infréquentable par les partis mais qui rêve de réintégrer le jeu politique, qui exclue '' ses déserteurs '' pour s'être coupés du peuple qui combat dans le djebel ( mais qui gémit dans les banlieues '' Paix en Algérie '' ) et la politique '' pro-guerre '' de '' pacification '' ( c'est-à-dire de répression ) menée depuis 56 par un gouvernement '' de gauche '' ( socialistes et radicaux ), qui avait été élu pour faire la paix ! Les Guy Mollet, Lacoste et Mitterrand ( alors ministre de l'intérieur ) avaient peur de passer pour de mauvais patriotes, pour des traîtres à l'Occident et sa sacro-sainte mission civilisatrice.

Désarroi enfin de l' opinion et de la classe ouvrière, lassés des guerres et des coûteuses expéditions coloniales ( Après l'Indochine en 54, le niveau de vie d'un ouvrier est inférieur à ce qu'il était en 38 ), désarroi de ces parents et jeunes ( r )appelés qui manifestaient dans les gares ou dans les camions et s'étaient rebellés en freinant le départ des trains pour Marseille.

En créant son réseau '' d'insoumission '' ( le '' mouvement Jeune Résistance '' ), l'auteur ( Jean-Louis Hurst, décédé en 2014 ) contribuera à l'éclosion, par cette forme d'opposition radicale, d'un mouvement apartidaire qu'on apellera '' le gauchisme '', et, en 60, parmi les étudiants sympathisants ( UNEF, jeunes du PSU...), parmi ceux qui assisteront au procès du réseau Jeanson ( les '' porteurs de valise '' pro- FLN ), procès rapidement transformé en tribune de l'opposition, ceux qui exprimeront leur dégoût de la guerre ( et qui auront croisé des intellectuels du Tiers-Monde ) seront aussi les mêmes qui animeront Mai 68...

Ajouté 23/06/2018 par Djamal

L'hôte par Jacques Ferrandez

Publication : Gallimard . 62 p. 32 x 24 cm

Adaptation d'une nouvelle de Camus ( extrait de l'Exil et le Royaume - 1957 ) par Ferrandez qui restitue comme à son habitude, la lumière, la couleur et l'éclat des paysages. Planches peu bavardes, quasi contemplatives qui laisse une large place aux paysages. Ensemble un peu court. Pour bien comprendre le propos, mieux vaut lire le recueil de nouvelles.

Dans une école de campagne plantée sur les hauts-plateaux algériens où sévit la sécheresse, l'instituteur Daru ( né sur cette terre ) est chargé par son ami gendarme d'escorter un prisonnier Arabe ( dont on ignore le nom, coupable, dit-on, d'avoir tué son cousin pour une histoire de grain ), jusqu'à la prison la plus proche. Daru ne comprend pas cette histoire et juge la tâche ingrate. Il le relâche, prend soin de lui, le loge, partage le repas, entame ( en arabe ) la conversation puis observe le lendemain, que '' le prisonnier '' est toujours là, dormant paisiblement...Ils prennent la route ensemble jusqu'au sommet d'une colline et après lui avoir donné de quoi subvenir à ses besoins, l'instit offre à l'homme la liberté de choisir ( son destin ), lui indiquant deux chemins: celui menant vers la prison ou, à l'opposé, la piste qui le conduira aux pâturages de nomades qui sauront l'accueillir et l'abriter selon la loi.....Puis lorsque Daru retrouve son école, c'est pour lire sur le tableau noir cette menace : '' Tu paieras pour avoir livrer notre frère ''...

Et voilà un '' héros '' impuissant face au jugement de l'autre, qui devient ( chez lui ), étranger, condamné à la solitude et à l'exil. L'hôte ( 1957 ), écrite dans le contexte de la guerre d'Algérie, évoque les déchirures de l'écrivain face à la tragédie qui se profile, dans un pays divisé, fracturé entre deux communautés qui ne se comprennent pas, très éloignée de l'Algérie rêvée par Camus : de fédérer deux peuples à la France, contre l'arbitraire et l'injustice plutôt qu'une indépendance '' reliée à un empire d'Islam qui ne réaliserait à l'intention des peuples arabes qu'une audition de misères et de souffrance et qui arracherait le peuple français d'Algérie à sa patrie naturelle '' . Deux peuples fédérés dans le respect de l'autre ( c'est l'amitié possible entre les deux personnages qui partagent le pain et se questionnent ). Camus s'apercevra rapidement, lorsque l'engrenage sera déclenché ( comme l'indique la menace sur le tableau annonciatrice de la violence généralisée ), que rien ne sera plus possible lorsque la haine répondra à la haine.

La nouvelle fait ainsi résonner le dilemme de l'auteur : fidèle aux valeurs qui sont les siennes, il ne peut renier son identité en se ralliant à l'indépendance comme il ne peut cautionner la violence aveugle déchirant le pays. Et comme son personnage, face à ce qui se joue, Camus se retrouve placer dans une situation inconfortable qui résume parfaitement '' l'hôte '', déchiré entre l'amour de cette terre qui est la sienne, qu'il connait bien et qui l'a vu naître mais de laquelle il se sent rejeté, avec ce sentiment d'être un exilé chez soi, face au contentieux communautaire.

Ajouté 16/06/2018 par Djamal

Girls par Lena Dunham, Richard Shepard, Jesse Peretz, Jody Lee Lipes, réal.

Publication : Warner / HBO . 2 DVD vidéo (10 x 26 min) 24

Les « Girls », ce sont Hannah et ses copines, toutes aussi déjantées les unes que les autres. Lena Dunham, créatrice de la série et interprète du personnage principal, nous fait suivre cette bande de copines new-yorkaises, pour qui le passage à l’âge adulte est synonyme de quête identitaire et d’expérimentations pour le moins hasardeuses… et ce, pour notre plus grand plaisir ! Décomplexée, caractérielle, tourmentée, capricieuse et surtout autocentrée, Hannah est un personnage atypique et attachant, loin des stéréotypes du genre, comme « Sex & the city ». Et nous on adore ! Ajouté 15/06/2018 par Sonia

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Captain Fantastic par Matt Ross, réal.

Publication : TF1 Vidéo . 1 DVD vidéo (1h 58 min) 24

Non, « Captain Fantastic » n’est pas un énième film de super-héros. Quoique… Ici, le charismatique Viggo Mortensen interprète le rôle d’un père de six enfants, pleinement convaincu qu’il existe une autre façon de vivre, loin de nos sociétés de consommation. Cette grande famille vit donc en autarcie, en pleine forêt au Nord des États-Unis. Chasse, menuiserie, couture mais aussi philosophie et littérature, ce père leur enseigne tout ce qui va leur permettre de devenir des êtres exceptionnels. Cette vie à contre-courant interroge le spectateur, mais aussi les personnages. Nous comprendrons au fil de l’histoire le rôle de leur mère, qui sera à la fois la force et la faiblesse de cette famille fantastique. Un film bouleversant, dont vous ne ressortirez pas indemne. Ajouté 15/06/2018 par Sonia

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Idéal standard par Aude Picault

Publication : Dargaud . 1 vol. (148 p.) 27 x 20 cm

L’arrivée de la trentaine soulève chez une femme un raz-de-marée de questions auxquelles il est difficile d’échapper. Le célibat, le couple, la maternité… L’émancipation d’une femme se limite-t-elle à cocher des cases ? C’est ce que pense Claire, infirmière en néonatalogie, dynamique et grande optimiste, qui multiplie les rencontres amoureuses. Jusqu’au jour où elle rencontre Franck. Ils s’aiment, s’installent. Elle tombe enceinte. Mais la vraie question est simple : est-elle heureuse ? Le sujet est courant, mais la réflexion est réaliste, voire anti-romantique. Le graphisme rond et lumineux d’Aude Picault est à l’image de Claire, qui rend cette lecture chaleureuse, tel un petit rayon de soleil ! Ajouté 15/06/2018 par Sonia

Manchester by the Sea par Kenneth Lonergan, réal.

Publication : Universal . 1 DVD vidéo (2h 18 min) 24

Lee, trentenaire solitaire, est plombier dans la banlieue de Boston. Un appel téléphonique lui annonce la mort de son frère aîné, Joe, victime d’un infarctus. Le voilà donc de retour dans le port de pêche Manchester-by-the-sea, sa ville natale, sur laquelle il semblait avoir tiré un trait. À la lecture du testament de Joe, Lee est désigné tuteur de son neveu de 16 ans, Patrick. Malgré la complicité qui le lie à son neveu, cette annonce le pétrifie. Le personnage de Lee, remarquablement interprété par Casey Affleck, mystérieux, sombre, aux émotions intériorisées, nous livre au compte-goutte sa tragédie. Loin des réalisations hollywoodiennes habituelles, souvent larmoyantes et moralistes, tout ici est subtilement joué et mis en scène. Un conte hivernal à la fois réaliste et poétique. Ajouté 15/06/2018 par Sonia

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Chère Ijeawele, ou Un manifeste pour une éducation féministe par Chimamanda Ngozi Adichie

Publication : Gallimard . 1 vol. (77 p.) 19 x 12 cm

Ijeawele, demande à son amie Chimamanda Ngozi Adichie, comment donner une éducation féministe à sa fille. Rapidement, cette lettre prend une dimension plus universelle. Avec beaucoup de simplicité, d’humanité et d’humour aussi, cette écrivaine nous livre un manifeste qui parlera avec justesse aux jeunes mamans, certes, mais pas seulement. Que l’on soit homme ou femme, parent ou non, l’écrivaine nous propose quinze suggestions concrètes, qui rappellent à quel point le féministe est avant tout une question de bon sens. Et que le sexisme se niche dans l’usage que l’on fait des mots. Cette éducation féministe ne s’oppose pas à la féminité, ne diabolise pas les hommes et s’applique aux petites filles, comme aux petits garçons. En peu de pages, ce texte nous insuffle une énergie lumineuse et positive, à nous tous. À lire, donc, dans l’intérêt général ! Ajouté 15/06/2018 par Sonia

Gérard par Mathieu Sapin

Publication : Dargaud . 1 vol. (150 p.) 29 x 21 cm

Inutile d'être un fan absolu du célèbre acteur pour se plonger avec légèreté dans cette bande-dessinée, mettant en lumière le quotidien de ce drôle de personnage. Le dessinateur Mathieu Sapin s'est glissé pendant cinq ans dans l'ombre imposante du très célèbre Gérard Depardieu. Au fil des rencontres et des voyages, les deux hommes tissent une amitié improbable. Le dessinateur-reporter, plutôt gringalet et pas très aventureux, face au baroudeur, robuste et grossier...mais à la personnalité bien plus profonde que l'image publique qu'il veut bien véhiculer dans les médias, et voilà tout l'intérêt de cette lecture. Mathieu Sapin nous croque leurs folles aventures, avec bienveillance, sans a priori, ni complaisance. Vous serez surpris par ce voyage à la découverte du Gérard national. Sonia Ajouté 15/06/2018 par Sonia

Bonjour tristesse par Françoise Sagan

Publication : Pocket . 1 vol. (153 p.) 18 x 11 cm

L'été qui s'annonce est l'occasion de lire, ou relire, ce classique de la littérature française. Côte d'Azur à l'aube des années 60, un père et sa fille de 17 ans, passent leur été dans une villa de vacance entourée de pins, les pieds dans l'eau… Beaucoup de femmes dans la vie de ce veuf épicurien et volage, jusqu'à celle qui marquera la fin de l'été, la fin de l’insouciance. La jeune Cécile voit la vie de son père, et la sienne, prendre un chemin qui la rassure et l'effraie à la fois. Elle se questionne sur la vie, son avenir, sur cette femme qu'elle admire et qu'elle craint. Et puis il y a le beau et doux Cyril, étudiant et amoureux, un peu trop parfois pour elle. De la complexité des sentiments à la description des personnages, tout dans ce roman sonne juste. Pour les curieux, l'adaptation en bande-dessinée est sortie en avril dernier et disponible dans vos bibliothèques. Ajouté 15/06/2018 par Sonia

Dans l'ombre de Charonne par Désirée et Alain Frappier

Publication : Editions du Mauconduit . 1 vol. (136 p.) 26 x 19 cm

La tragédie de Charonne ( février 62 ) évoqué par une jeune lycéenne de 17 ans, Maryse Douek, partie manifester avec ses camarades, à la veille de l'indépendance de l'Algérie, un drame un temps oublié parce que sa mémoire fut essentiellement porté par les communistes dont le déclin du parti eut des conséquences sur sa visibilité dans le paysage mémoriel français.

Le 8 février 62, à Paris, une manifestation anti OAS ( les jusqu'au -boutistes de l' Algérie française) organisée par les syndicats, pour la paix en Algérie, violemment réprimée par les forces de l'ordre sous la férule du préfet Maurice Papon, tourne au massacre dans et autour de la station de métro '' Charonne ''. 50 ans plus tard, Maryse Douek-Tripier, devenue sociologue, témoin de ce '' massacre d' Etat '', raconte son histoire, depuis le lycée de Billancourt ( des enfants de milieux intellectuels et artistiques acquis aux idées humanistes et progressistes ), au traumatisme de Charonne, lorsque la police chargea la foule dense, engouffrée puis piégée dans la bouche de métro. Panique et bousculade, Maryse parmi d'autres, trébuche, piétinée...des couches de blessés enchevêtrés, on retirera neuf cadavres...

Elle raconte une jeunesse qui refuse une guerre cruelle qui la suit depuis l'école primaire, le contexte historique, politique et sociologique, le climat d'alors extrêmement tendu avec la montée en puissance de l'OAS au moment où la guerre touche à sa fin, et les morts algériens de la manifestation du 17 Octobre 61 ( contre le couvre feu, pour l'indépendance ), restés dans sa mémoire, qui n'ont jamais été reconnus par l' Etat.

Si les responsabilités concernant Charonne n'ont toujours pas été établies ( qui ordonna la charge ? De Gaulle, son premier ministre Michel Debré ou le préfet Papon ? ), si la tragédie de Charonne s'est perdue un temps ( avec l'indépendance ) pour oublier les traumatismes de la guerre ( oubli organisé par l'Etat afin de dissimuler les crimes ), à l'ombre de Charonne est arrivé dans un moment ( les années 2000 ) de retour de mémoire autour de la guerre d'Algérie ( une histoire encore traumatique ) et reste un excellent témoignage pour toucher un public jeune ignorant cette période.

'' Pendant de nombreuses années, la confusion était grande entre les massacres d'Algériens à Paris, le 17 octobre 1961 et Charonne. Puis, par le combat inlassable mené par les enfants de l'immigration algérienne, la date du 17 octobre a enfin acquis une visibilité. Il faut maintenant que ces deux dates, 17 octobre et 8 février 62, soient définitivement liées comme signe de fraternité entre l'immigration ouvrière algérienne et les militants en France qui ont refusé la guerre livrée en Algérie. Dans l'ombre de Charonne est une contribution essentielle à cette entreprise nécessaire ''. ( Benjamin Stora, extrait de sa préface ).

Ajouté 15/06/2018 par Djamal

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Une ville en temps de guerre par Abdelkader Djemaï

Publication : Seuil . 1 vol. (154 p.) 19 x 13 cm

Un récit d'inspiration autobiographique ( les faits sont réels, les personnages fictifs ), centré sur les dernières années de la guerre d'indépendance ( 1961-1962 ), à Oran. Temps de l'insouciance dans sa ville bien-aimée qu'il remet en mémoire, où l'enfant se sent encore exclu de cette vieille querelle venant de loin, constante, souterraine et violente, entre adultes, depuis l'arrivée des Français et des Européens en 1830. Abdelkader DjémaÏ recrée un monde perdu où les populations ne se mélangent pas ( avec ses lieux familiers, ses paysages, ses odeurs, ses cinémas, les matchs de foot, ceux qu'il aiment... ) avant le drame, avant que les barbelés n'écorchent à vif la chair de la ville, lors qu' Oran surnommée '' la Radieuse, sur les affrontements sanglants entre l'OAS et le FLN, finira découpée au couteau, comme une pastèque.

Si l'histoire est individuelle, elle est aussi collective et fait tout l'intérêt du récit . Parce que l'auteur raconte le terrorisme du désespoir de l'OAS ( malgré le cessez-le-feu en mars 62 ), parce qu'il raconte les affrontements sanglants entre l'armée française, le FLN et l'OAS ( les bouclages des quartiers, attentats, assassinats, arrestations ), et les infiltrations FLN/OAS au sein des populations civiles, il montre comment la terrorisation devait séparer et dresser les communautés entre elles, jusqu'au massacre de '' Pieds-noirs '' du 5 Juillet ( jour de la proclamation de l'Indépendance, malgré les promesses de protection de l'armée française garantie par les accords d'Evian ), qui accéléra définitivement leur départ. Une tragédie dont, 50 ans après, personne n'est sorti indemne.

Ajouté 13/06/2018 par Djamal

Le premier homme par Jacques Ferrandez

Publication : Gallimard . 1 vol. (181 p.) 28 x 21 cm

Après l'Hôte et l'Etranger, l'auteur des Carnets d'Orient, né en Algérie en 1955 dans le quartier où à grandi Camus, adapte son dernier récit inachevé après la mort accidentelle de l'écrivain en 1960. Le roman aurait brossé le tableau de la présence française en Algérie depuis la génération de son père et illustré, en contre point, à travers la vie de Jacques Cormery ( double de l'auteur ), le drame français et algérien. Camus revient sur son passé, ressuscitant une enfance pauvre mais heureuse parmi les '' petits-blancs d'Alger '' : origines, famille, école libératrice, omniprésence des femmes, dans un pays tendu d'où s'effacent les rêves de paix.

S'il exprime aussi bien son attachement à la terre de sa naissance qu' à la culture française découverte à l'école publique, sa compréhension aussi du drame algérien qu'il vécut dans sa chair, le Premier Homme, une fois achevé, aurait été la transmutation des '' valeurs françaises '' ( l'héritage de la France issue de la culture européenne ) dans la conscience d'un Algérien, cet Algérien, son personnage ( et donc lui-même ) comme modèle du '' Premier Homme '' : un Algérien qui entamerait un nouveau monde.

Camus évoque enfin la tragédie d'un peuple, le sien, que l'on refusa de considérer comme tel, accusé de tous les maux, passé historiquement à la trappe et condamné au silence. Jacques Ferrandez redonne vie à l'oeuvre, de belles couleurs pastels, la lumière blanche de la Méditerranée et l'ocre de la nostalgie. Une belle entrée dans l'oeuvre du philosophe.

Ajouté 09/06/2018 par Djamal

Colère du présent par Jean-Bernard Pouy

Publication : Baleine . 1 vol. 18 x 11 cm

Depuis la fin du Moyen-Age, une expression populaire mâtinée de critique sociale, le festival Colère du Présent à Arras rassemble chaque 1er Mai autour d'ateliers d'écritures, de débats, de rencontres et d'échanges, avec son théâtre de rue et ses concerts de rap et de rock, pour faire vivre aussi la littérature d'expression populaire et de critique sociale, artistes, écrivains, intellos, '' fâchés '' et '' énervés '', formant le temps d'une journée, une petite société apaisée, comme une brèche dans l'espace-temps, avant de réintégrer, le lendemain, l'horreur du monde...Festif et bon enfant.

A l'exception toutefois de cette année où une révolte semble couver , à fort goût de Révolution. Un ensemble de gauchistes, anars, trotskistes, alter, militants écolo, bio ou pas, antinucléaires, économistes fumeux et passionnés de décroissance, écrivains maudits, poètes, bref, grosso modo, hostiles au pouvoir ou au tout pouvoir, ont décidé de prolonger la fiesta en érigeant dans un coin de la ville, une immense barricade revendiquant l'établissement d'une commune libre et indépendante, avec la ferme intention de couper les couilles à l'Etat et au Capital ! Nihilistes ? Peut-être. Masochistes ? Probablement car leur bataille semble perdu d'avance...

En face, Sa Majesté Le Roi et sa Noblesse d'Etat, Mr le Président et Mr le Premier Ministre commencent à s'énerver grave d'autant que les Services de Renseignement annoncent une déferlante de groupes très mobiles venant de toute l'Europe ... Il ne faudrait pas qu' Arras devienne un symbole et un exemple pour l'humanité ! Face aux centaines de rebelles, très organisés et bien déterminés, conduits par un crypto-marxiste plutôt libertaire et farouchement hostile à la négociation, le Général De La Villardeuse et ses blindés, dispose de trois jours pour ramener à l'ordre cette bande de petits merdeux et aéropage de cinglés. Mais pourra-t-il s'entendre avec tous ces '' tordus '' et protéger l'Etat Bourgeois, machiniste et Monstre Froid, fondé de pouvoir du Capital ? Mystère et boule de gomme ...

Le '' pape '' anar du polar n'a pas l'air de se prendre vraiment au sérieux ? Le nouvelliste prolifique auteur du culte '' Spinoza enc...Hegel '', préfère se marrer sur son texte militant et déconnant. De l'humour, avec la veine anarchiste qui le caractérise. Aucune violence dans les paroles. Les '' communards '' semblent se moquer et se marrer, avec un peu de gnôle et une bonne blanquette de veau à l'ancienne...

Amila au Général : '' Vraiment. Sincèrement. Est-ce que ça gêne quelqu'un que l'on soit tranquille, ici, dans cette petite ville. Ceux qui seront expropriés seront dédommagés, le mieux possible. Beaucoup resteront avec nous, nous le savons. Ils n'en peuvent plus de leurs vies d'avant, le chômage, les impôts, les taxes, tout ça. ". " Et vous ferez comment pour leur assurer l'essentiel ? ''. '' C'est notre problème, pas le vôtre, et en plus, notre essentiel ne ressemble pas au vôtre...''. Le Général pressent au même moment, que cet essai de dialogue est une mascarade, que tout ça est bien gentil, mais pas vraiment professionnel. Que l'on perd du temps. Que tout cela se terminera mal, forcément mal ...

Ajouté 09/06/2018 par Djamal

Les passeurs de livres de Daraya par Delphine Minoui

Publication : Seuil . 1 vol. (157 p.) 21 x 14 cm

Entre 2012 et 2016, dans la cité rebelle de Daraya ( proche de Damas ), régulièrement bombardé-assiégée par les soldats de Bachar El Assad, une poignée de jeunes activistes a eu l'idée saugrenue, en récupérant tous les ouvrages possibles sous les décombres ( 15 000 ), d'édifier une bibliothèque clandestine planquée dans un sous-sol, la première à Daraya. Delphine Minoui ( Prix Albert Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak ), la découvre en Octobre 2015 sur une page Facebook. Ces rebelles ( ex-étudiants ) n'ont connu que la dictature du parti Baas en place depuis les années 60 où les ouvrages imposés à l'université frôlaient la caricature à la gloire des Assad. A travers ce geste de désobéissance civile, le livre devient une arme émancipatrice '' d'instruction massive '' ( il ne domine pas, il donne, il ne castre pas, il épanouit ), la '' fronde de papier '', un engagement civique incarnant une possible troisième voie contre l'oppression de Damas et l'extrémisme de Daesh. C'est cet acte politique de résistance contre l'ordre établi, l'odyssée d'insoumis dans leur apprentissage de la liberté que Delphine Minoui a restitué via la correspondance qu'elle a menée par Skype avec ses révoltés pour dire '' qu'il n'existe pas de prison qui puisse enfermer la parole libre. Il n'existe pas de blocus assez solide pour empêcher l'information de circuler '' ( Mazen Darwich, dissident syrien, 23 avril 2016 ).

L'un des protagonistes, Ahmad, garde espoir après l'évacuation de Daraya par l'armée syrienne, convaincu qu'une renaissance succédera à la tragédie et dans l'attente de lendemains qui chantent, il vient d'inaugurer à Idlib ( Nord syrien ) une bibliothèque ambulante pour femmes et enfants en repensant parfois à l'expérience unique de Daraya. Ajouté 02/06/2018 par Djamal

Ma ZAD par Jean-Bernard Pouy

Publication : Gallimard . 1 vol. (208 p.) 23 x 16 cm

Camille Destroit, quadra discret un peu en marge bossant dans une supérette du Nord s'en va secouer le cocotier patronal en lutte avec ses potes activistes de la Zad de Zavenghem contre des industriels du BTP. Son interpellation par les flics lors de l'évacuation du site puis la découverte du hangar détruit où il stockait du matériel pour ses camarades deviennent le point de départ d'une déflagration intérieure. Licencié par le sous-directeur, largué par sa copine, lynché par des '' fachos '', Camille se radicalise et entame à corps perdu une petite vengeance personnelle.... Et voilà, entre critique sociale et humour ( noir ), avec du style, jeux de mots et calembours, 200 pages de résistance rigolarde contre les méchants capitalistes tueurs de salamandres, par le '' pape '' anar et déconnant du polar. Intrigue secondaire, histoire désabusée, Zad radiographiée et du Pouy poing levé mais qui se garde bien du '' Grand Soir '' : sa Zad ( inspirée de Sivens ) résiste mais ne dit surtout pas que l'avenir sera rouge et radieux...

'' Cela faisait un an que ma vie avait pris un tournant à 75° avec le projet de plateforme multi-modale prévu à cinq bornes à peine de ma fermette. C'était quoi ce genre de délire ? Alors qu'il y en avait déjà deux avant celle-là, à trente kilomètres de là, à Isbergues. Mais la nouvelle serait trois fois plus vaste. Trente kilomètres carrés de béton, au bord du canal, où aboutiraient voies ferrées et autoroutes, pour '' dispatcher '', c'était le terme officiel, la masse incommensurable de conteneurs venant du port de Dunkerque, et arrivés jusque là en péniche XXL. Cela voulait dire qu'il y aurait, juste après, l'implantation d'usines de toutes sortes aux environs du site, on n'en connaissait pas encore la marque. Tout le monde évoquait un truc genre Toyota, déjà installé plus loin à Valenciennes, pas loin de l'Escaut. Et tout le monde savait que ça voulait dire la mort bétonnée d'autant de zones humides avec leurs milliers de salamandres, de crapauds et de mignonnes petites fleurs des champs. Sans parler de destruction de fermes et de familles de fermiers installés depuis trois siècles sur le site. Trois raisons de boire Contrex. Sans parler des milliards de camions qui me passeraient sous le nez, rasant les murs de ma fermette et bousillant l'asphalte de ma petite route qui sent la noisette, le musc et le benjoin. Alors, je me suis engagé peu à peu. Peut-être que j'étais déjà sensibilisé, par mon boulot, en fréquentant tous les producteurs bio ( ou presque ) et ceux qui tentaient autre chose. Sans oublier toutes les assos qui faisaient déjà de la récupération et de la formation durable. Et tous mes contacts avec les chevaliers de la décharge, ceux qui bossaient dans les déchetteries et les ressourceries, ces IKEA de la zone. Et c'est comme ça, que lentement mais sûrement, je me suis rangé du côté des zadistes... ''. Ajouté 02/06/2018 par Djamal

Pan par Knut Hamsun

Publication : Calmann-Lévy . 261 p. 21 x 14 cm

ce dvd est vraiment a recommander

Ajouté 31/05/2018 par Neissa

Papi rebelle par David Walliams

Publication : Albin Michel-Jeunesse . 1 vol. (530 p.) 21 x 14 cm

Papi Rebelle David Williams Illustré par Tony Ross Albin Michel Jeunesse A partir de 8 ans

C’est une histoire très touchante d’un papi qui vivait son passé au présent . Il revit sa jeunesse en tant que pilote dans la Royal air Force ( la RAF) pendant la seconde guerre mondiale. Ce qui était le plus important dans sa vie, c’est l’époque où les pilotes les plus courageux comme lui combattaient pour défendre leur pays lors de la bataille d’Angleterre. On y trouve son petit fils Jack qui a compris que son grand-père perdait la tête, il tombe vite dans son jeu et ils vont vivre beaucoup d’aventure tous les deux. J’ai bien aimé ce roman historique qui est parfois sombre mais raconté avec simplicité et beaucoup d’humour comme souvent chez cet auteur. Une belle histoire de complicité entre un petit-fils et son grand-père. Je vous laisse découvrir, vous allez en prendre plein dans les yeux. Rouzouna votre bibliothécaire du Medi@club Ajouté 26/05/2018 par Rouzouna

Entrez dans la danse par Jean Teulé

Publication : Julliard . 1 vol. (158 p.) 21 x 14 cm

Strasbourg, été 1518. Inondation, sécheresse, épidémie...La cité crève de faim tandis que l'on craint une invasion turque. Une femme jette son nourrisson dans la rivière puis, pendant qu'un couple achève de manger le sien, bizarrement, entame une danse sans fin, jusqu'à l'épuisement, suivie d'une autre puis des hommes par centaines. L'étrange farandole, '' rave party '' avant l'heure, se propage et à mesure que les gigoteurs s'épuisent d'abcès, de pustules et de purulences, vaguement angoissés, médecins, religieux et politiques, s'interrogent de l'étrange fantaisie macabre. Diablerie ? La science n'y entend rien et les luthériens s'engouffrent dans la brèche. Et si la danse n'était qu'un exutoire au malheur ?...Fable aussi pêchue qu'instructive qui reprend le thème de la folie contagieuse : Jean le Diabolique par sa gouaille familière fait swinguer l'Histoire sur un rythme effréné et sa captivante '' manie dansante '' qui ne fut pas la seule en Europe mais la plus documentée se veut aussi une jolie et sulfureuse charge contre l'Eglise. Et bien dansez maintenant et entrez dans la transe... Ajouté 26/05/2018 par Djamal

Le jour d'avant par Sorj Chalandon

Publication : Grasset . 1 vol. (331 p.) 21 x 14 cm

Jamais remis de la mort de son frère victime d'un coup de grisou à la mine de Liévin le 27 Décembre 1974 ( 42 gueules noires envoyés à la morgue par les Charbonnages de France, la fosse ne fut pas nettoyée, les Charbonnages déclarés responsables puis blanchis ), Michel Flavent ( alors âgé de 16 ans ) s'est exilé à Paris et pendant 40 ans a vécu avec la colère et le souvenir, persuadé qu'un homme, le porion, le petit chef, le contremaître Lucien Draveil est responsable du drame. Après le décès de sa femme, pour se libérer de cette catastrophe et obéir à l'injonction de son père suicidé '' Venge-nous de la mine ! '', Michel revient sur les lieux du crime régler ses comptes...Mais méfiez-vous des histoires trop belles, des choses trop simples, de cette histoire à fleur de peau, hommage à un monde disparu, avec ses fraternités et ses corons. Ce n'est pas un livre sur la vengeance que vous tenez entre les mains mais un beau roman sur la culpabilité et le déni. Dans la noirceur des mines, Michel Flavent, gueule noire dans l'âme ou âme noire ? Ajouté 25/05/2018 par Djamal

Crime et châtiment par Dostoïevski

Publication : Flammarion . 1 vol. (IX-718 p.) 18 x 11 cm

L'étudiant Raskolnikov, bien que fauché, voudrait venir en aide à sa mère et sa soeur Dounia qui, elle même, voudrait le soutenir par un mariage avec un rustre fortuné. Il semble comme torturé par deux idées obsédantes et conflictuelles : un idéal d'humanité et de justice ( le bien que l'on pourrait faire avec l'argent caché par une vieille usurière dans un immeuble de Saint-Petersbourg, volé aux malheureux qui la sollicitent ), et sa trouble idéologie, sa '' théorie des élus '' ( la faculté appartenant à des '' esprits supérieurs '' distincts des hommes ordinaires, affranchis de toute morale conventionnelle de s'emparer de l'argent par tous les moyens pour des causes plus nobles ). Alors, en sacrifiant les '' nuisibles '' à des fins plus élevées, '' ces grands hommes sont par leur nature même et nécessairement des criminels ''. Raskolnikov résout la contradiction par le crime, à la hache, et les épisodes qui le suivront s'attacheront à la complexité des motifs qui l'auront provoqués. Si les auteurs de polar procèdent souvent par digression, DostoÏevski s'attache à sonder l'âme d'un criminel dont l'acte devient comme un moyen de dissection, à tirer l'essence de chacun des parcours d'un assassin : réflexions d'avant le meurtre, tourments de la culpabilité, tentation de la rédemption. Ses personnages sont entiers, excessifs et tourmentés. Entre le débat philosophique, l'intrigue ( comme un polar ) et la profondeur psychologique, Dostoïevski nous interpelle, nous interroge sur les questions du bien et du mal, de la liberté, de la faute, de la rédemption qu'il creuse alors comme aucun auteur jusque là, ce qui rend son '' Crime et châtiment '', son roman de la misère, aussi puissant que moderne. Ajouté 24/05/2018 par Djamal

Les Temps modernes par Charles Chaplin, réal. et scénario

Publication : mk2 . 2 DVD vidéo (1h 23 min) DVD vidéo

Jolie démonstration de la folie du Capital sous les projecteurs de la comédie et réquisitoire en règle, dans un contexte de crise, contre l'aliénation du travail à la chaîne et l'exploitation des classes laborieuses. Charlot au '' bagne '' trimant à l'usine, resserant les boulons, le corps prisonnier du système capitaliste, du fordisme, du taylorisme et de la production de masse, qu'un travail routinier finit par rendre fou...filme la survie de l'être humain dans les conditions économiques et sociales du XXèm siècle, la tragédie de la productivité au détriment de l'humain. Souffrance au travail, cadences infernales, chômage, précariat, grève et profit sonnent aujourd'hui toujours aussi justes et profonds. Face à l'horreur, le pantomime rebelle met son petit grain de folie de mouton noir dans les rouages de la machine pour s'en extraire et lui préférer, en redonnant sa dignité à l'homme, la liberté et l'amour, aidé par sa rencontre avec une jeune orpheline, bientôt solidaires pour affronter les rigueurs de la vie contre ce nouveau monde déshumanisant d'automates. Magistral classique parmi les classiques ! Ajouté 24/05/2018 par Djamal

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La bataille du rail par René Clément, réal., scénario

Publication : [Sony music France [éd.]] | [Sony music France [distrib.]] . 1 DVD vidéo zone 2 (1 h 30 min) 24

Ce grand classique du cinéma d'Après-Guerre, mi fiction mi documentaire, part son manichéisme peut faire sourire au jour'd'hui. Il rend hommage à l'engagement des cheminots contre l'occupant nazi, informateurs particulièrement recherché des Alliés qui furent sollicités par les réseaux de résistance pour cartographier le trafic des allemands et diffuser la presse clandestine. Leur action s'intensifia après le Débarquement Allié en soutenant les maquisards et les sabotages, action incarnée dans le film par les figures héroÏques d'Athos et de Camargue, respectivement chef de gare de triage et adjoint, qui ralentiront l'avancée des renforts allemands vers la Normandie. Petit budget en partie financée par la SNCF ( qui collabora à la Déportation ) et première fiction militante sur la résistance ferroviaire ( une oeuvre de propagande, l'image ici d'un consensus moral corporatiste ) que le cinéaste sublime, à leur gloire méritée, au moment d'une France tout juste libérée. Ajouté 24/05/2018 par Djamal

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Le voleur de bicyclette par Vittorio De Sica, réal., scénario

Publication : FSF 2 [éd., distrib.] . 1 DVD vidéo zone 2 (1h25 min) 24

Classique parmi les classiques, le monument néo-réaliste à l'aspect semi-documentaire ( tourné dans la rue avec des acteurs non-professionnels ) sur le calvaire d'un ouvrier de 40 ans au chômage, Antonio Ricci, contraint, après avoir décrocher un boulot de colleur d'affiches, de quadriller sa ville de Rome à la recherche de sa bicyclette volée, outil indispensable pour honorer son travail. Vittorio de Sica filme l'odyssée et le chemin de croix d'un homme poursuivi par le destin s'enfonçant inexorablement dans un cauchemar sans fin, mais toujours digne devant son fils... Ce film a la puissance émotionnelle intacte, sans misérabilisme, résiste au temps qui passe ( c'est un document implacable sur l'Italie exsangue d'Après-Guerre ), comme aux chroniques sociales des quatre coins du monde ( des Ken Loach, Dardenne, Mendoza Brillante...) qui le prennent pour modèle depuis 60 ans, le drame de victimes écrasées par des règles du jeu qui leur échappent, condamnés à la solitude et l'échec. Scène finale inoubliable. Ajouté 19/05/2018 par Djamal

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Winter road par scénario et dessin de Jeff Lemire

Publication : Futuropolis . 1 vol. (270 p.) 28 x 20 cm

Ancien hockeyeur professionnel réduit à une loque alcoolique depuis son expulsion de la ligue pour excès de violence, Derek ( figure de colosse bourru d'un genre très tendu ) se morfond entre gnôle et castagne, dans son bled perdu de l'Ontario, bossant dans son snack pour quelques dollars, jusqu'au jour où son éclopée de petite soeur, junky-SDF, refait surface après une longue absence. Se disant que c'est l'occasion, peut-être, d'une seconde chance, il la prend en charge, s'isolant dans les bois pour la sevrer avant d'apprendre qu'un homme, l'amant qu'elle a fuie, est à ses trousses... Avec ses personnages attachants de '' damnés de la terre '', sorte de '' White Trash '' du Grand Nord, son atmosphère lourde et sa violence sourde plantées dans les paysages enneigés, son trait personnel ( aquarelle et tons pastels ), sec et rude comme ses personnages, Jeff Lémire dessine un très bel album, intimiste et dramatique, qui mériterait une adaptation ciné... Ajouté 16/05/2018 par Djamal